L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 Dans l'ombre des rues de Paris [ouvert à tous]

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Lauzun
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MessageSujet: Dans l'ombre des rues de Paris [ouvert à tous]   Ven 8 Jan - 9:05

(HJ : nous sommes juste avant le départ de Lauzun pour St-Germain, l'une des raisons pour lesquelles il est arrivé en retard au bal donné par Sa Majesté... Libre à vous d'intervenir à votre guise et de ménager l'effet de surprise, ou de me contacter par Missive Privée pour mettre au point un scénario... )

- Tâche de faire mieux la prochaine fois ! Et pas un mot à qui que ce soit, ou tu goûteras de ma canne, ou pire de mon épée, je puis t'en assurer...

En ce milieu d'après-midi, Lauzun se glissa discrètement hors d'une obscure ruelle, son chapeau incliné de façon à dissimuler en partie son visage et le corps drapé dans une large cape de couleur neutre. Non pas qu'il craignait les quartiers populaires de Paris, qu'il avait eu l'occasion d'arpenter dans sa jeunesse, alors qu'il était cadet de Gascogne, pour s'encanailler en compagnie de camarades d'alors. Simplement, il ne souhaitait pas être reconnu. Dans le même temps, une ombre tout aussi discrète filait par l'autre extrémité de la ruelle.

* Grand Dieu ! J'avais oublié combien l'odeur est en ces lieux épouvantable ! Je ferais bien de me hâter, l'on va finir par s'apercevoir de mon absence à St-Germain. Et je ne doute pas que quelque âme charitable ne se charge bientôt de le souligner. J'espère au moins que mes gens y sont déjà, cela donnera provisoirement le change...*

Tandis qu'il pressait le pas pour rejoindre la chaise qui l'attendait à quelques rues de là, il repensait aux événements qui avaient agité la Cour et par la même occasion contrarié ses projets. Son cousin le comte de Guiche, qui se trouvait exilé depuis plusieurs années pour quelques intrigues avec Madame, venait tout juste de rentrer en Cour. Il aurait eu tout lieu de s'en réjouir, car au fond il conservait à Armand une profonde amitié et n'oubliait pas que c'était lui qui l'avait introduit chez Mme de Soissons. Oubliées à présent ses rancoeurs d'avoir vu l'un des siens incapable de conserver les faveurs de Monsieur, puis celles de Madame, pour se voir finalement disgracier et contraint à l'exil. Mais il y avait bien plus grave. Au mois de juin 1670, Madame était morte brusquement et l'on ne cessait depuis de murmurer qu'il y avait là quelque affaire de poisons. Or, Armand de Caumont était rentré en France l'année précédente et pouvait fort bien passer pour l'un des suspects, même si pour l'heure la rumeur évoquait plutôt les noms du chevalier de Lorraine, le nouveau favori de Monsieur, ou de Mme de Soissons... Assurément, Lauzun se trouvait fort embarrassé dans ses ambitions et son souci de plaire. Son amitié fidèle pour son cousin de Guiche et pour Mme de Soissons pouvaient à tout instant se muer en un piège redoutable. D'autant que lui-même avait deux ans plus tôt mécontenté à la fois Sa Majesté et Mme de Montespan, et qu'il lui avait fallu jouer de ses relations et de son habileté. Si le Roy semblait avoir volontiers oublié l'incident, Lauzun savait que c'en était fait de ses espoirs de s'attirer la totale confiance de la marquise ; même si rien n'en paraissait en public, elle ne lui pardonnerait sans doute jamais les insultes auxquelles il s'était imprudemment laissé aller...

Et puis il y avait l'affaire de la Grande Mademoiselle. Certes, la princesse lui conservait toute son affection et cédait à tous ses caprices, fermait les yeux sur toutes ses incartades, lui promettait et mettait à sa disposition des richesses lui assurant un train et un rang confortables. Aucun souci à ce sujet. Par contre, l'espoir d'un mariage des plus glorieux, qui eût marqué le sommet de sa carrière de courtisan, semblait à jamais compromis. Tandis que Lauzun sortait de la Bastille avec la charge de Capitaine des Gardes, Mademoiselle avait pressé son royal cousin de consentir à cette union ; et cela fut à deux doigts de réussir. Le Roy finit d'abord par y consentir, avant de rapidement se rétracter. Lauzun se montrait près à renoncer, mais la Grande Mademoiselle ne voulait pas en démordre. Ménager tout à la fois l'attachement d'une maîtresse prestigieuse mais fantasque, et la sympathie de son souverain exigeait une attention de tous les instants.

En bref, sans jamais cesser de paraître léger et frivole, Lauzun réalisait fort bien combien cette position qu'il avait si savamment conquise se révélait fragile. En courtisan rompu aux intrigues de toutes sortes, des plus insignifiantes aux plus sérieuses, il savait qu'il convenait de se montrer plus que jamais prudent et avisé. Sans compter que, prenant fort peu la peine de se tapir dans l'ombre, des ennemis déclarés tels que Louvois demeuraient déterminés à sa ruine.


* Lauzun, vous qui n'êtes pas dévot, loin s'en faut, peut-être serait-il à propos de faire quelque prière... Parbleu ! Mais j'y songe : à quoi sert-il donc d'avoir deux soeurs abbesses si ce n'est pour y pourvoir à ma place ? Un courrier fera l'affaire, et me dispensera de cet exercice auquel je suis étranger ! *

Chemin faisant, il fut soudain tiré de ces pensées par le brouhaha d'un carrosse qui tentait de se frayer un passage parmi la foule dense. Un carrosse sans armoiries, à la fenêtre duquel il aperçut une dame masquée flanquée d'une ombre. A n'en pas douter quelque dame de la Cour, son instinct le trompait rarement ; peut-être en galante compagnie, mais l'heure n'était pas à la recherche d'informations croustillantes. Il fit son possible pour se dissimuler parmi les passants ; fort judicieusement, il avait pour cette sortie délaissé sa perruque blondasse, que tous connaissaient, pour une perruque brune. Et il se hâta plus encore de rejoindre la rue où l'attendait sa chaise, baissant la tête et allongeant le pas.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des rues de Paris [ouvert à tous]   Sam 23 Jan - 21:35

(HJ : Veuillez me pardonner, chère Marquise, de vous avoir fait attendre ; on ne fait point attendre une charmante personne. Très heureux et honoré de partager ce RP avec vous. Wink )

Ledit carrosse provoquait un sérieux remue-ménage, qui faisait s'agglutiner les passants le long des façades et fuser quelques marques de mécontentement. La progression de Lauzun s'en trouvait entravée, et intérieurement il pestait. Soucieux avant toute chose de ne pas être reconnu, il n'avait pas vu venir l'inconnue avec laquelle il était soudain entré en collision. La jeune personne était ravissante, ce fut la première chose qu'il nota à son sujet.

- C'est moi, mademoiselle, qui vous prie de bien vouloir me pardonner, répondit-il en ôtant machinalement son chapeau pour la saluer - Lauzun avait beau être habile intriguant, il 'en était pas moins fort étourdi, de surcroit en présence d'une dame ravissante. J'espère ne point vous avoir fait mal, ma chère...

Il réalisa tout à coup qu'il venait de se découvrir, et ainsi de prendre un risque concernant l'anonymat dont il souhaitait entourer cette escapade parisienne. D'autant que la demoiselle avait laissé entendre qu'elle avait fort bien noté ce détail. Il remit donc prestement son chapeau, l'inclinant légèrement de côté pour ne point être vu des personnes se trouvant dans le carrosse, mais en même temps ne pas manquer de respect à la jeune femme en lui cachant son visage. Il lui sembla que ce joli minois ne lui était pas totalement inconnu... Mais bien entendu ! Qu'il était impardonnable de n'avoir pas aussitôt reconnu la fort troublante Melle Du Parc, dont les spectacles ne laissaient nul homme indifférent ! La demoiselle ayant assez de finesse d'esprit, au moins aussi audacieuse et extravagante que lui-même, il ne jugea pas bon de se dissimuler plus longtemps à son encontre. Et l'occasion était trop belle de l'approcher. Au pire, si on le reconnaissait par ailleurs, dirait-on qu'il s'était rendu à Paris pour rencontrer en secret la comédienne ; une rumeur dont il ne pourrait qu'être fier, et dont il s'amuserait à loisir auprès des persiffleuses de Cour...

- Antonin Nompar de Caumont, comte de Lauzun, pour vous servir, Melle Du Parc ! , ajouta-t-il en s'inclinant à nouveau autant que la cohue le lui permettait. Vous avez parfaitement entendu, avec ce talent qui est le vôtre, que je suis en ces lieux incognito... Je ne doute point de votre discrétion. Quel heureux hasard que celui qui nous fait rencontrer ! J'ai pour vous tant d'admiration. Permettez, ma chère, que je vous offre mon bras et vous aide à vous extirper de cette foule.

Il joignit le geste à la parole, et en oublia qu'il devait regagner au plus tôt la chaise qui l'attendait pour le ramener à l'hôtel de La Force, chez ses cousins Caumont. Lui venaient à l'esprit les images troublantes de ces jambes superbes qu'elle seule avait l'audace de découvrir sans être jamais vulgaire... Et ce tempérament qui forçait l'admiration d'un adepte du non-conformisme tel que lui ! Il savait avoir peu de chances de réussir là où le Roy lui-même avait échoué, mais pour le moins voulait-il savourer cette exquise présence dont le ciel lui faisait soudain la grâce.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des rues de Paris [ouvert à tous]   Mer 27 Jan - 2:53

Quel merveilleux sourire que celui de la jeune femme qui marchait au bras de Lauzun pour s'extraire de la cohue. Voyant qu'elle manquait défaillir, le comte pressa le pas et se servit de sa canne pour leur frayer un chemin ; les Caumont ne s'embarrassaient pas de manières avec les gens du commun, encore moins celui qui se flattait d'être l'amant de la propre cousine du Roy. Mademoiselle ! Elle serait furieuse si jamais elle apprenait qu'on avait vu son Lauzun au bras d'une femme au passé si sulfureux. Mais une dispute ne lui faisait nullement peur. Après chacune de leurs disputes, il arrachait à Mademoiselle de nouvelles largesses...

Lorsque la dame s'appuya contre lui de façon si troublante, une fois sortis de la foule, il en eut tous les sens bouleversés. Il avait beau savoir combien une femme habile sait user de son regard et de ses " moments de faiblesse ", il n'en était pas moins homme, prompt à se laisser berner par un joli visage et un tel contact.


- Mademoiselle, dit-il en la soutenant de façon cependant fort convenable, votre succès n'est dû qu'à votre talent, lequel n'a d'égal que l'éclat sublime de vos yeux. Je suis, ma chère, votre dévoué serviteur. Le moins que je puisse faire était de vous venir en aide. Je ne suis point digne de ces héros dont vous êtes familière, mais m'efforce en toute occasion de me montrer gentilhomme. Que seraient les gentilhommes sans quelque dame à servir ?

Il se permit de lui saisir délicatement la main, mais sans oser toutefois la baiser. Et il plongea un instant son regard dans le sien, s'y perdit un instant avant que le moment magique ne prenne fin.

- J'ai une chaise qui m'attend à deux pas de là. Vous me semblez bien faible. Je serais heureux de la mettre à votre disposition. Je me dois rendre chez mon cousin La Force, non loin d'ici. Si vous le voulez, nous pouvons nous y rendre ensemble, et là monsieur de La Force pourra vous procurer une voiture pour vous rendre où vous le souhaiterez... Nous pourrons deviser en route, ce serait plus qu'un plaisir : un honneur !

Le duc de La Force n'y verrait aucune objection, bien au contraire. Comme tous les Caumont, il était grand amateur de jolies femmes et cela donnerait quelque distraction au vieil homme. Tout au plaisir de cette rencontre inopinée, Lauzun en oubliait l'objet de sa mission du jour.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des rues de Paris [ouvert à tous]   Mar 2 Fév - 8:46

Le comte de Lauzun était rompu aux jeux d'attitudes et de regards qu'affectionnaient les libertins, et il prenait plaisir à se trouver en compagnie d'une véritable libertine : le temps était aux précieuses, et déjà s'annonçait celui du retour en grâce des dévotes. Lauzun, quant à lui, était plutôt nostalgique de l'époque de sa jeunesse où le libertinage mondain et lettré faisait la gloire des salons parisiens. Aussi cette demoiselle Duparc lui semblait-elle d'autant plus délicieuse qu'elle perpétuait un art que peu maîtrisaient encore avec autant de talent.

- Vous me voyez ravi, mademoiselle, à la perspective de prolonger ce bonheur qui nous a fait nous rencontrer en ces lieux. Par ici, je vous prie. Je vous promets que vous n'aurez que peu à marcher.

Il l'entraîna vers l'endroit où se tenait ladite chaise, un large sourire aux lèvres et fier comme Artaban. Il fut quelque peu surpris de l'audace de la demoiselle que de trousser aussi haut ses jupes. Mais de forts troublants souvenirs lui revinrent à la vue de la soie qui enveloppait ces chevilles admirables. Par contre, il n'appréciait guère les regards trop insistants de certains manants, ni leurs commentaires... Son sang gascon bouillonnait, et il devait faire un grand effort pour ne point distribuer quelques coups de canne. Le comte était provocateur à la Cour, la demoiselle Duparc était provocatrice à la ville : le parallèle l'amusa.

- Adorables ?! , s'écria-t-il lorsque le jeune homme se permit envers elle un geste déplacé. N'eussiez-vous précisé que vous preniez ainsi la chose que je me serais fait un devoir de rosser ce jeune scélérat ! Une personne de votre envergure mérite des manières plus respectueuses...

La grande différence entre eux était qu'elle connaissait le peuple et semblait lui porter une certaine affection bienveillante ; alors que lui-même n'en savait rien, pour n'avoir jamais connu que les milieux aristocratiques, et vouait au commun un mépris non dissimulé lié à son éducation autant qu'à l'orgueil de son rang. Ceci, il ne pouvait en avoir conscience, enfermé qu'il se trouvait dans sa cage dorée...

Il observa sans broncher la scène avec la petite fille, s'efforçant, pour ne point déplaire à sa compagne, de ne rien montrer de la gêne que cela lui inspirait. Dans son milieu, les enfants n'avaient d'importance que pour ce qu'ils deviendraient un jour, pour la perpétuation de la lignée. Mais en eux-mêmes, ils ne présentaient aucun intérêt et n'éveillaient aucune émotion, pas même chez leur mère.

* Grand Dieu, une marguerite ! , songea-t-il, quand une telle personne mériterait d'être couverte des roses les plus délicates ! *

Ils étaient parvenus près de la chaise, ce qui tombait fort à propos et lui permettrait de faire diversion sur ses sentiments véritables. Il ouvrit lui-même la portière et aida la demoiselle à prendre place.

- Les enfants ? Charmants petits êtres, en effet, ma chère ! , se contenta-t-il de dire tandis que les porteurs soulevaient déjà le véhicule et que lui-même se préparait à refermer la portière. Je marcherai à vos côtés et, si vous voulez bien laisser la vitre baissée, nous pourrons deviser en route... A l'hôtel de La Force ! , dit-il à l'adresse des porteurs. Et évitons je vous prie les rues les plus encombrées : mademoiselle et moi-même avons eu notre lot de bousculade pour ce jourd'hui !

Ils se mirent donc en route, et le comte s'efforça de distraire la demoiselle de Gorle en évoquant les frasques de son cousin La Force. L'on marchait à bonne allure, et déjà l'on entrait dans le quartier des hôtels de la vieille aristocratie, dont les façades rivalisaient de splendeur et d'élégance.

- Vous verrez, monsieur de La Force sera ravi de vous rencontrer. Mais peut-être le connaissez-vous déjà ? Vous êtes bien jeune encore, mais il fut jusqu'il y a peu grand amateur de théâtre. * Et surtout de comédiennes, pensa-t-il riant en son for intérieur. * A présent, son grand âge ne lui permet plus de sortir aussi souvent qu'il le désirerait. Mais c'est un homme exquis, je puis vous le garantir. Comme tous les Caumont...
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre des rues de Paris [ouvert à tous]   Sam 13 Fév - 18:08

Lauzun se trouvait ragaillardi par cette heureuse rencontre. La demoiselle était délicieuse et le moment fort agréable. Pour un peu, il aurait fait signe aux porteurs de faire des détours. Mais on n'était plus qu'à peu de distance de l'hôtel de La Force et le vieux duc allait s'impatienter.

- Ma chère, prenez garde aux propositions que vous ferez à monsieur mon cousin, dit Lauzun en riant. L'âge n'a rien entamé de ses appétits... Imaginez donc, si vous lui faites la proposition que vous me dites, il en sera aux anges ! Mais vous-mêmes vous aurez à affronter un vieux démon : le duc est libertin comme on l'était sous le règne du feu Roy...

La chaise passait à présent le porche de l'hôtel de La Force et traversait la cour pour venir se placer devant l'entrée du corps de logis. Un domestique en livrée vint ouvrir la portière à la demoiselle, à laquelle le comte offrit son bras. Il était ici comme chez lui et la conduisit donc tout naturellement à l'intérieur, demandant au valet où se trouvait monsieur de La Force. Il se trouvait qu'il prenait l'air dans le jardin situé à l'arrière, c'est là qu'ils le retrouvèrent assis dans un fauteuil près d'une fontaine, grattant le sol avec sa canne, ce qui signifiait qu'il était impatient. Son visage s'illumina lorsqu'il vit paraître son parent, mais surtout la demoiselle qui l'accompagnait.

- Quelle charmante personne vous accompagne, mon cher Lauzun ! , s'écria-t-il en se levant pour saluer la jeune personne. Mademoiselle, je suis fort aise que mon jardin se voit honoré de l'arrivée d'un nouvel ornement si exquis !

- Permettez, mon cousin, que je vous présente cette charmante personne : Melle de Gorle, artiste de grand talent. Notre malheureuse amie se trouvait prisonnière des encombrements des rues de Paris. C'est pourquoi je l'ai priée de me suivre jusqu'ici.

- Et vous avez fort bien fait ! Mon plaisir est immense, mademoiselle, répliqua le duc en demandant qu'on amène d'autres sièges et des rafraîchissements.

Le vieil homme dévorait Marquise des yeux. Comme l'avait dit Lauzun, il n'avait rien perdu de son goût immodéré pour les jolies femmes et restait un séducteur impénitent. Il en oubliait la colère qu'il ruminait depuis un certain temps au sujet du retard de Lauzun.
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