L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 Quittons l'uniforme un moment [qui veut]

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Alban Delalande
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MessageSujet: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Dim 13 Déc - 19:51

*Depuis combien de temps Alban n'avait-il pas pris un peu de temps pour lui ? Trop longtemps sans doute, vu qu'il ne s'en rappelait plus. Mais il en avait bien besoin. Cela faisait des nuits qu'il ne dormait pas, qu'il relisait ses notes à s'en user les yeux, qu'il réfléchissait à chaque indice qu'il avait pu récolter... La femme chez qui il logeait l'avait trouvé allongé par terre, pâle comme jamais. Un banal malaise dû au stress, avait dit le médecin dépêché auprès de lui une heure après. Cela n'avait pas arrangé son état. Lui, victime d'un malaise ? Il ne manquait plus que cela. Il avait du travail après tout, et on comptait sur lui. Il aurait recommencé si La Reynie ne lui avait pas donné l'ordre, oui car ça en avait été un, de prendre quelques jours de congés.
Mais rester enfermé chez lui, ça non, il le refusait. Même si le médecin aurait préféré, les yeux d'Alban avait fini de le persuader. Il sourit légèrement en repensant à ce pauvre docteur qui n'avait rien demandé. Au moins, on ne l'avait pas empoisonné... Il fallait qu'il profite de cette pause pour se remettre les idées au clair.
Une balade au marché... oui cela lui changerait les idées. Au moins il ne penserait plus aux complots. Il fallait qu'il cesse d'y penser... il fallait qu'il redevienne juste Alban pour un moment.
Il flânait entre les étals, dépensa quelques pièces pour acheter une pomme qu'il dégusta en continuant sa marche. Tout semblait bien aller. Peut-être trop... Non, il ne devait pas y penser. Il devait prendre du temps pour lui, en profiter pour faire des rencontres, pourquoi pas... Mais ne plus penser au travail.*
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Abbé Guibourg
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Mer 20 Jan - 23:11

En sortant de son cours de musique, Magdeleine Chanfrain ne voulut pas rentrer chez elle tout de suite. D'autant que son père ne rentrait plus dormir à Paris et que sa mère se montrerait indulgente. Depuis l'incident avec la mouche, l'atmosphère y était tendue. Elle avait surpris ce soir-là une conversation entre ses parents, dans laquelle il était question de l'envoyer dans un couvent.

* Jamais ! , pensait-elle. Jamais on ne m'enverra dans un couvent ! Plutôt mourir ! Entourée de ces femmes habillées comme des spectres, qui ont Dieu pour seul époux et passent le plus clair de leur temps à prier... Et on dit qu'elles sont détestables avec les jeunes filles, dont elles jalousent la beauté et l'espoir d'avoir un jour un vrai mari ! *

Elle décida, suivant ses pas, d'aller se promener au marché. Elle aimait flâner parmi les étals et regarder toutes ces marchandises venues de tout le royaume, et même d'au-delà. Même si elle n'avait pas un liard en poche et qu'elle ne pouvait rien acheter, le plaisir des yeux lui suffisait. Magdeleine se dirigea donc d'un pas léger vers le marché, affichant un grand sourire, celui de l'insouciance d'une jeune fille libre.

Elle ne pouvait se douter que l'abbé son père était tapi à quelques dizaines de mètres du logement de son maître de musique. Guibourg voulait en avoir le coeur net, et s'assurer que le maître en question ne présentait aucun danger pour le joyau de sa vie. Il entra dans la maison, et gratta à la porte qu'on lui avait indiquée.

Pendant ce temps, Magdeleine était parvenue sur la place et commençait à observer les étals, le joyeux brouhaha des marchands vantant leurs produits, des saltimbanques sur leurs tréteaux jouant un spectacle burlesque raillant les grands à demi-mot... Ici, une campagnarde venue vendre le maigre fruit de sa récolte et des herbes ramassées dans les prés ; un visage beau et fier vieilli prématurément, mais avec cette rude noblesse des gens de la terre. Là, une dame accompagnée de sa servante choisissait les fruits qui seraient servis le soir même à sa table ; elle devait habiter une belle demeure, avoir un mari raffiné qui ne lui criait pas dessus...

Un mari... Magdeleine ignorait encore si on voudrait l'épouser, en raison de ses origines obscures. Son père prétendait depuis toujours qu'il lui ferait faire un bon mariage. Et la petite fille s'était prise à rêver à ce bel inconnu qui un jour viendrait demander sa main, lui sussurerait des mots tendres et la traiterait comme le sont les princesses de France... La jeune fille avait appris que les hommes n'étaient pas toujours ce qu'en imaginaient les petites filles. Mais qu'importe, elle continuait à rêver.

Elle souriait en pensant qu'il fallait laisser faire le destin. Et que si le destin ne lui convenait pas, qu'elle le changerait à sa guise. Elle serait comme ces dames qui tiennent salon dans leurs beaux hôtels et arrachent à ces messieurs des morceaux de ces privilèges qu'ils prétendent avoir sur les femmes depuis des siècles de par la volonté de Dieu. Elle ne serait ni soumise, ni obéissante. Elle aurait cet esprit qui défie les hommes dans leurs certitudes...

* Grand Dieu ! , pensa-t-elle soudain en réprimant un cri de surprise, comme si elle venait d'apercevoir quelque revenant. Est-ce Dieu possible ?! Lui ? *

Elle venait de remarquer parmi la foule un visage qu'elle ne pouvait oublier, sur lequel elle avait versé des larmes de compassion. Le visage du jeune homme rencontré le soir du drame. La mouche de monsieur de La Reynie !

* Père ne l'a donc pas tué ? Alexandre... Vous êtes en vie, le ciel soit béni ! Je ne devrais pas, mais j'ai souhaité que vous ne soyez point mort... *

Elle se mêla à la foule de crainte d'être reconnue. Il semblait se promener lui aussi et mangeait distraitement une pomme. Elle le regardait prudemment, s'efforçant de ne pas se faire remarquer. Peut-être valait-il mieux écourter à contrecoeurl'escapade en ces lieux ?
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Alban Delalande
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Mer 20 Jan - 23:51

*Quelle joie de se promener comme n'importe qui ! Quel bonheur de flâner sans réfléchir à comment ne pas se faire repérer, à comment retrouver des indices... Alban se sentait enfin homme. Un homme libre, sans obligation. Il savait qu'à la longue, il trouverait cela ennuyeux, et qu'il ne demanderait qu'à reprendre ses enquêtes. Mais pour le moment, il voulait profiter de cette liberté.

Tout en transformant sa pomme en trognon, il s'interrogeait tout de même. Il ne s'expliquait toujours pas comment il avait pu se retrouver inconscient aux portes du Châtelet l'autre jour. Et cela l'embarrassait tout de même. Il avait dû faire son rapport à La Reynie, et avait dû avouer qu'il était rentré bredouille. Rien de suspect dont il ne se souvienne, à part la disparition de sa bourse. Son chef n'avait pas été convaincu... encore moins quand leur informateur avait été retrouvé mort quelques temps plus tard. Il soupira en y repensant. Pourquoi avait-il l'impression qu'il avait manqué quelque chose de grave ? Il avait l'impression que le lieutenant général lui avait donné ces congés pour ne pas l'avoir dans les pattes plutôt qu'autre chose. Peut-être qu'il se sentait trop responsable, trop impliqué... Sentiments et enquêtes ne faisaient pas bon ménage.

Il jeta le trognon de pomme dans un coin et continua sa promenade... avec l'impression d'être observée. Une sensation étrange. Rien à voir avec l'impression d'être en danger. Non, il était juste épié, comme cela... Un regard qu'il avait l'impression de connaître. Il sourit de sa bêtise. Sa subite maladie le rendait paranoïaque. Il voyait des choses étranges ces temps-ci, qui inquiétaient sa logeuse quand il se réveillant en criant au milieu de la nuit en disant avoir vu les yeux du diable. Pourtant, il sentait que cela était réel.
Pour se rassurer une bonne fois pour toutes, il se retourna. Il balaya la foule du regard et sourit. Quelle idiotie ! Personne ne semblait le fixer... Pourtant, il avait comme une impression de déjà vu. Une jeune fille qui semblait un peu trop discrète. Pourquoi il lui semblait la reconnaître ? Il ne la lâchait pas des yeux. Il retrouverait où il l'avait vu...*
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Abbé Guibourg
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Jeu 21 Jan - 8:51

L'abbé Guibourg avait déboulé chez le maître de musique sans crier gare et le tenait fermement par le rabat de son col. C'était un Italien d'une trentaine d'années, fort maniéré et poudré comme une élégante, plus digne de figurer parmi les compagnons de Monsieur que de compter au nombre des corrupteurs de jeunes filles. Mais qu'importait ! Guibourg ne savait que trop combien les apparences peuvent être trompeuses.

- Scélérat ! Fils de chienne ! , hurlait-il. Tu vas t'expliquer de ce qui se dit des péchés dans lesquels tu entraînes tes élèves ! S'il le faut, j'en appellerai à monseigneur l'Archevêque ! N'as-tu pas honte d'abuser de la faiblesse d'autrui ?!

- Ma, monsignore l'abbé, bredouillait l'autre, trop effrayé pour nier. J'en appelle à votrre clémence ! Lé garrçon et moi sommes sincèrrément amourreux, d'un amourr chaste, jé vous le jurre. Son père lé veut marrier, mais loui dit qu'il né rrénoncera pas à notre amourr... J'ai bien essayé dé lé rraisonner, jé vous assurre...

* "Le garçon ?!" Fichtre ! , pensa l'abbé. L'homme est aussi bougre que son apparence le laisse supposer... Rien à craindre, donc, pour ma chère fille, parbleu ! Mais faisons-lui peur quand même, que je ne sois pas venu pour rien... *

L'abbé le projeta au sol et prononça quelques phrases latines, le menaçant de tout révéler aux autorités ecclésiastiques s'il ne cessait sur le champ cette relation coupable. Lui rappelant qu'il risquait le bûcher pour un péché aussi odieux. Le musicien était à présent à genoux et implorait qu'il n'en fasse rien. Et Guibourg joua les magnanimes en lui promettant de ne rien dire pour le moment, à condition qu'il réforme sa conduite et fasse pénitence. Puis il sortit aussi précipitamment qu'il était entré, allant jusqu'à se signer d'horreur comme un véritable pourfendeur de péchés.

Durant ce temps, Magdeleine était toujours au marché. Elle ne parvenait pas à se décider à partir, ce qui eût été plus raisonnable. Elle faisait mine de s'arrêter aux étals, mais n'avait d'yeux que pour celui qu'elle connaissait sous le nom d'Alexandre. Ce n'était pas le gentilhomme dont elle avait rêvé, ou que son père lui avait promis, mais il y avait en lui quelque chose qui la troublait, qui lui faisait monter le rouge aux joues, accélérait le rythme de son coeur. Toutes ces sensations étaient nouvelles, elles l'envahissaient et lui faisaient tourner la tête. Elle tentait de se dissimuler au mieux parmi la foule, mais sans perdre de vue l'inconnu.


- Hé, la d'moiselle ! , lança tout à coup l'un des acteurs qui, le spectacle fini, recueillait quelques piécettes parmi les badauds. Oui, vous ! Belle comme le jour qui se lève, et si étourdie... Un liard ou deux pour un pauvre comédien ? Ou l'aumône d'un baiser ?

Magdeleine sursauta et réalisa bientôt que l'attention de tous se portait sur elle. L'acteur, s'amusant de sa surprise, esquissa une révérence, puis se livra à quelques pitreries qui firent fuser les rires parmi l'assistance. Elle demeurait là, pétrifiée, certaine tout à coup d'avoir fait une énorme erreur et d'avoir à en répondre sous peu devant son père. Si Alexandre la reconnaissait, elle était perdue.

- Hé bien, notre belle demoiselle n'a point de langue ? Elle ne chasse pas le saltimbanque qui ose ainsi s'en prendre à sa personne ? , lança-t-il en contrefaisant l'allure hautaine des gens de condition. Oh, voilà qu'elle se met à pleurer, la pauvre enfant ! Mais ne pleurez point, mad'moiselle, ce n'est là qu'un jeu bien innocent...

Les larmes coulaient en effet sur les joues de Magdeleine. Mais c'étaient des larmes de terreur en pensant à ce qui l'attendait. Cette fois c'était certain, elle irait au couvent, peut-être même un lointain couvent de province. Et si sa mère ne parvenait pas à tempérer la colère de son père, elle y finirait peut-être aussi ses jours. Elle ne voyait plus Alexandre, tout tournoyait autour d'elle. Elle s'évanouit brusquement.
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Alban Delalande
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Jeu 21 Jan - 18:03

*L'impression de déjà-vu était de plus en plus gênante. Pour lui comme pour elle. Et si jamais il se trompait ? Alban se considérait comme un garçon bien élevé et il ne voulait apporter aucun soucis à aucune jeune femme, surtout aussi charmante que celle qu'il regardait aussi discrètement que possible.
Au bout d'un moment, il vint à penser qu'il agissait comme un idiot. Comment l'aurait-il rencontré, lui qui ne vouait sa vie qu'à la résolution de ses enquêtes ? A tous les coups, il l'avait déjà croisé au marché, et il s'en souvenait car elle était plutôt mignonne, voilà tout. Il s'apprêtait à reprendre son chemin quand il entendit un peu d'agitation. En passant, il avait croisé des saltimbanques et leur spectacle itinérant. Il avait toujours un certain succès sur le marché d'ailleurs.

Il se décida à aller jeter un petit coup d'oeil pour se détendre une bonne fois pour toute, quand il assista à la scène où la pauvre Magdeleine tenait un des rôles principaux. Bien évidement, il put ainsi l'observer à son aise. Elle n'avait pas l'air d'aller bien. Elle semblait totalement perdue et paniquée, et le comédien continait de l'émoustiller. Cela ne le faisait pas vraiment rire... et puis elle vacilla. Il anticipa sa chute et se précipita pour l'empêcher de tomber au sol. Plus personne ne riait du coup. Il chercha d'une main dans sa bourse et lança une pièce au responsable de cet incident.*


- Voilà pour ta peine. Va faire ton commerce ailleurs, je crois que ça vaut mieux.

*Il regarda Magdeleine, toujours interrogatif à son sujet, et s'efforça de lui faire retrouver ses esprits.*


- Mademoiselle ? Reprenez-vous... Il agita sa main pour lui faire un peu d'air. Mademoiselle, vous m'entendez ? Ecartez-vous, vous autres ! Vous l'empêchez de respirer.

*Il était si sérieux qu'il n'eut aucun mal à se faire obéir. Il commençait à se demander s'il ne ferait mieux pas de la ramener chez sa logeuse pour lui donner un peu d'eau. Même inconsciente, son visage laissait paraître une grande peine, et même de la peur.*
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Abbé Guibourg
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Jeu 21 Jan - 19:45

(HJ : ma fille chez votre logeuse ?! Mais vous tenez à être retrouvé plus mort que vif en rivière de Seine, mon ami ! Laughing )

Magdeleine reprenait ses esprits, mais quand elle ouvrit les yeux, ce fut pour voir le visage de celui qu'elle épiait près du sien. Elle était dans ses bras et il s'efforçait de la ranimer. Elle s'évanouit à nouveau, mais cette fois pour tenter de trouver une issue à cette situation embarrassante. Elle ne simulait cependant pas les frissons qui l'agitaient, car elle était fort troublée de ce contact. Jamais un homme n'avait été si près d'elle, son père ne l'aurait pas permis... Elle découvrait de nouvelles sensations qui lui confirmaient combien elle n'était point faite pour le couvent.

- Al... Alexandre ? , bredouilla-t-elle en ouvrant à nouveau les yeux. Que se passe-t-il ? La tête me tourne...

Elle ne savait au juste que faire. A présent qu'elle se trouvait si proche de celui dont elle aurait dû se tenir éloignée, elle ne pouvait qu'avoir la certitude que les choses se termineraient mal, à moins d'un miracle. Et avec le père qui était le sien, elle savait à quoi s'en tenir en matière de miracles... Elle tenta de se souvenir de ce qu'il advenait en pareil cas dans ses lectures. Peut-être y trouverait-elle une issue ?

En sortant de chez le maître de musique, l'abbé Guibourg avait le choix entre plusieurs chemins. Il décida de couper par le marché, bien qu'il ait une répulsion pour la foule, afin de se rendre chez Godin de Ste-Croix. Il vit un attroupement, et tenta de l'éviter, tout en lorgnant car il était curieux de nature. Il vit un homme penché soutenant le corps inanimé d'une jeune fille. Il ne pouvait voir le visage de celle-ci, mais il distingua parfaitement les traits de l'homme en question.


* Par les cornes de Belzébuth ! La mouche ! Filons, il ne s'agit point de prendre des risques inutiles. Je suis certain des effets de ma potion, mais un visage peut encore réveiller des souvenirs... Sans doute encore une affaire de meurtre. En plein marché, ces gens sont devenus fous ! J'en saurai plus par la rumeur... Inutile de s'attarder ! *

Sans qu'aucun des protagonistes ne puisse s'en douter, on était ainsi passé à deux doigts du drame. L'abbé disparut sans demander son reste, n'imaginant pas une seconde que c'était sa propre fille qui se trouvait dans les bras du policier. Magdeleine ne feignait pas la faiblesse. Elle aurait été bien incapable de se tenir sur ses jambes sans vaciller aussitôt. La foule des badauds murmurait, et chacun y allait de son commentaire. Le comédien, lui, ne s'était pas fait prier pour s'éloigner ; d'ailleurs la troupe démontait à la hâte le décor : ils ne savaient que trop combien les choses pouvaient rapidement mal tourner.

- Ce s'rait-y pas la fille Chanfrain ? , lança une commère. V'là donc que cett' fille de péch'resse nous joue les grandes dames à s'évanouir !

- Tais-toi donc ! , rétorqua une autre. Tu n' sais point d'quoi tu causes ! J'la connais, moi, la fille Chanfrain : c'est tout l'portrait d'sa mère, et sa mère est d'mon village !

- La pauvre enfant ! , s'écriait une dame dévote. Peut-être est-ce la faim qui lui cause cette émotion... Tenez, monsieur, ajouta-t-elle en tendant une pièce au sauveteur, pour lui acheter de quoi la restaurer.

- C'est ça, fais l'aumône, Madame ! , hurla un homme aviné. Et pendant qu'tu f'ras tes dévotions, n'oublie pas les miséreux dans tes prières !

Et la dame disparut sous les moqueries des autres. Magdeleine savait bien que ce n'était pas raisonnable, mais elle aurait voulu prolonger ce moment jusqu'à en oublier les conséquences possibles. Il y aurait bien dans cette foule anonyme une âme charitable pour aller raconter l'incident à ses parents. Et alors viendraient les questions, et les remontrances. Si c'étaient là ses derniers instants de liberté, elle entendait en goûter chaque seconde.

- Quel soulagement que de trouver un visage ami, soupira-t-elle. Car vous êtes un ami, n'est-ce pas ? Cet homme qui se gaussait de moi... Ces gens qui riaient... Ma tête, mon Dieu, ma tête... Alexandre, je vous en supplie, ne me laissez point...

Et elle ne trouva d'autre subterfuge pour l'heure que de tomber à nouveau inanimée - exercice auquel elle était accoutumée, car avec ses amies elles contrefaisaient par jeu les évanouissements et pâmoisons des grandes dames.
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Alban Delalande
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Jeu 21 Jan - 20:24

HJ : Je sais nager Razz

*Cet incident n'avait pas créé le calme, bien au contraire. Même s'il avait obtenu un peu d'espace pour permettre à la jeune victime de respirer, les commérages allaient bon train. Il avait l'impression de se retrouver dans un poulailler, ce qui n'était pas l'idéal pour se concentrer. Il fut néanmoins surpris. Alexandre... Pourquoi cette femme l'appelait-il ainsi ? Il n'était pas... Il fronça les sourcils. Ce nom, il l'utilisait pour ses filatures et ses infiltrations... Dans quelles conditions l'avait-il vu ? Il eut comme un flash. Une maison dans une petite rue de Paris... à la nuit tombée... un sourire timide... et des yeux effrayants. Il essayait de se concentrer même si cet exercice devenait un véritable tour de force. A croire que son propre esprit essayait de lui cacher des choses. Quelle désagréable sensation. Un nom résonna... cela semblait incroyable et pourtant...*


- Calmez-vous Magdeleine... L'incident est clos. L'émotion vous a sans doute joué un mauvais tour. Ce n'est pas prudent pour une jeune fille de se promener ainsi seule en plein marché. Il n'y a pas que des hommes de bonnes intentions.

*Elle semblait encore dans tous ses états. Cela n'était pas une bonne idée de la laisser seule dans un tel endroit et dans un tel instant. Il essayait de faire abstraction de tous ces badauds qui se régalaient de la situation. Il priait pour que personne ne dise à haute voix qui il était vraiment. Car si jamais elle apprenait quelle était sa véritable identité et qu'elle était mêlée à quelque affaire sordide, il serait aisé de remonter jusqu'à lui. Mais pour l'heure, il n'avait pas le choix. Il se décida à la mener chez lui... Au moins, ils seraient au calme, et peut-être qu'il tirerait cette histoire au clair.
Croyant qu'elle s'était encore évanouie, il la prit dans ses bras et se releva en essayant de la secouer le moins possible. Inutile de lui donner d'autres frayeurs. Il marcha doucement jusque chez sa logeuse, qui fut surpris de voir ce qu'il ramenait.*


- Monsieur Del...

- Delorme, c'est cela, se précipita-t-il de corriger. Désolé Marie... Je l'amène au salon, apportez de l'eau.


*Marie était habituée aux frasques de son locataire. Veuve depuis quelques années déjà, elle n'avait pas hésité à offrir un toit au nouveau policier venu de sa province poitevine. Elle ne disait rien, mais Alban avait l'impression qu'elle le considérait comme le fils qu'elle n'avait jamais eu. Il n'aimait pas la mêler à ses histoires. Mais la jeune fille avait besoin de soins.
Il emmena Magdeleine au salon et l'allongea sur un canapé. Il tapota doucement sa joue tandis que Marie ramenait un verre d'eau. Il espérait que les choses ne prendraient pas une mauvaise tournure.*
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Abbé Guibourg
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Lun 25 Jan - 15:29

(HJ : vous tenez à nager, mon fils ? Cela ne devrait tarder puisque vous avez jugé bon d'emmener mademoiselle ma fille chez votre logeuse... Evil or Very Mad Désolé pour le délai de réponse, cher ami. Wink )

Magdeleine se sentit soulevée et portée avec délicatesse. Cette vigueur teintée de retenue éveillait en elle des sensations inconnues, elle aurait voulu que cela ne cesse jamais. Elle en oubliait la peur de son père et de ses remontrances... Par contre, elle s'inquiétait de savoir où Alexandre l'emmenait ; pourvu qu'il ne la ramène point chez sa mère ! Ce serait terrible, et le beau moment prendrait une fâcheuse tournure. Aussi entrouvrait-elle un oeil de temps à autre, discrètement sous le couvert de ses cheveux défaits, pour tenter d'identifier des points de repère. Il ne se dirigeait pas vers le quartier du Louvre... Mais alors où l'emmenait-il ? Et si ses intentions n'étaient point aussi pures qu'elle le supposait ? Si ses rêves encouragés par les lectures l'avaient rendue naïve au point de s'exposer à un danger touchant à son honneur ? Après tout, elle ne savait que fort peu de choses des hommes, en réalité. Sinon, à travers l'exemple de sa mère, qu'ils pouvaient parfois précipiter le destin des femmes...

* Non, pas Alexandre ! , pensa-t-elle dans une sorte d'exaltation adolescente. Il n'est point gentilhomme, mais il est droit, j'en ai la certitude ! Et si mon père lui a voulu faire du mal, ce ne peut être que parce que son âme est plus pure que celle des gens qu'habituellement l'abbé fréquente... Je vous fais confiance, Alexandre, même si ce devait être une folie ! *

Elle entendit une voix de femme, vit qu'ils entraient dans une maison, puis se sentit déposée sur un canapé. La chaleur rassurante de ce corps, dont déjà le contact et l'odeur étaient imprimés en elle, s'éloignait. Elle rouvrit les yeux et but un peu de l'eau que la femme avait amenée. Elle était partagée entre la crainte de l'inconnu et le délice d'une aventure qui rompait avec la monotonie de son existence, même si elle était heureuse.

- Où sommes-nous ? , s'écria-t-elle en se redressant tant bien que mal. Dites-moi, monsieur, que vous n'allez point abuser de ma faiblesse... Madame, de grâce ne nous laissez point seuls !

Magdeleine, partagée entre toutes les émotions contradictoires qui agitaient son esprit, pressentait cependant que sa vie prenait en cet instant un tournant. Elle avait le choix entre une fuite qui la ramènerait vers les desseins de son père, et la folie de remettre son destin entre les mains d'un homme qu'elle connaissait à peine pour avoir partagé un repas avec lui.

- Monsieur, trancha-t-elle finalement en baissant les yeux, je sais que je vais sans doute vous importuner avec des choses qui ne vous concernent pas... Veuillez me pardonner, mais je ne vois que vous à qui m'en ouvrir, même si... même si nous ne nous connaissons que fort peu. Mon père a résolu de m'enfermer dans un couvent, afin dit-il de me préserver jusqu'à ce qu'il me trouve un mari... Mais je m'y refuse, je refuse de me laisser enterrer vive !

Le hasard étant prompt à se jouer de chacun, il se trouvait que les pas de l'abbé Guibourg l'avaient conduit dans les mêmes parages. La maison dans laquelle il retrouvait Godin de Ste-Croix se trouvait en effet à peu de distance de celle où logeait Delalande. S'il se doutait de ce qui se passait si près, il ne serait pas resté à deviser avec son ami sur leurs nouvelles découvertes respectives tout en buvant un verre de vin. Mais fort heureusement, l'abbé n'était devin que pour ceux qui voulaient bien y croire.

Magdeleine, de son côté, se trouvait quelque peu honteuse de s'être laissée aller à la confidence. Elle n'osait regarder "Alexandre", de crainte de ce qu'elle pourrait lire dans ses yeux. Lui revenaient en tête les propos entendus derrière la porte de la chambre de ses parents ; elle n'avait pu tout en saisir, mais ce qu'elle avait clairement entendu la troublait. Savait-elle vraiment qui était son père ? Et pourquoi avait-il cherché à tuer Alexandre, en réalité ? Simple dispute d'hommes avinés ? Soudain, elle voulut s'enfuir...


- Pardonnez-moi, monsieur, de vous embarrasser ainsi avec mes affaires de famille ! , dit-elle en se levant brusquement. Je ferais mieux de partir, je n'ai déjà que trop abusé de votre amabilité...

Mais ses jambes ne parvenaient pas à la soutenir, cette fois-ci pour de bon. Elle tremblait de tout son être, et ne vit d'autre issue que de laisser couler les larmes qui lui montaient aux yeux.
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Alban Delalande
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Lun 25 Jan - 18:24

[HJ : Mais il n'y a point de mal, mon cher... Va falloir que je devienne champion de sprint]

*Alban fut soulager de voir que Magdeleine revenait à elle. Il ne se doutait pas un seul instant qu'elle ait pu simuler son malaise. Seules les femmes qui voulaient se rendre intéressantes à Versailles jouaient cette comédie pour qu'on les remarque et qu'on les plaigne. Mais une jeune fille comme Magdeleine, non. En attendant qu'elle se réveille, il avait chuchoté à Marie ce qui s'était passé sur le marché, et qu'elle devait jouer son jeu : ne pas prononcer d'autre nom qu'Alexandre Delorme pour l'appeler. Cette jeune fille le connaissait comme tel, inutile d'embrouiller ses esprits. Habituée à ce genre de manège auquel se prêtait son locataire, la vieille femme se contenta d'incliner la tête. Brave femme que cette Marie qui savait comment faire pour qu'Alban se repose de temps en temps de ses affaires criminelles. Elle soupira juste légèrement, se rappelant les mots que le docteur avait prononcé la veille au policier : du repos. Il ne semblait pas en être affecté, mais elle s'occupait de se faire du mauvais sang pour lui.
Alban regarda sa nouvelle "invitée" et lui sourit avec bienveillance. Il comprenait qu'elle puisse être affolée de se retrouver dans un lieu inconnu. Mais elle n'avait pas à s'en faire.*


- Calmez-vous Mademoiselle... vous êtes chez une vieille tante, à quelques pas du marché. Quant à moi, ne vous inquiétez pas. Je veux juste m'assurer que vous repreniez totalement vos esprits.

- Ah ça, vous pouvez le croire. J'exige qu'ici on ait un comportement irréprochable Mademoiselle. Gare à ce chenapan si jamais il esquisse le moindre geste déplacé.

*Ces paroles devaient suffire à calmer Magdeleine. Le tout pour Alban était maintenant de comprendre pourquoi il avait la sensation de l'avoir déjà vu avant qu'il ne perde la mémoire.
Il ne comprenait pas pourquoi elle lui avouait de but en blanc ce qui lui arrivait. Sans doute pour expliquer la source de son malaise ? Certaines idées et sensations pouvaient remonter en surface après des heures, des jours, même des mois.
Voyant qu'elle voulait se relever, Alban prit les devant et l'aida à se redresser. Sans doute son corps avait un peu de mal à se remettre du choc. Il demanda à Marie de lui amener de quoi manger un peu, puis il s'assit sur une chaise en face de la jeune fille.*


- Mademoiselle... Je suis désolée pour vous. Je suis de ceux qui pensent que la vie entre quatre murs n'est pas une vie... Surtout restreindre une personne comme vous qui semble vouloir découvrir ce que Paris a à offrir. Même si les temps sont peu sûrs.

*Il passa sa main sur sa nuque, cherchant comment aborder ses questions. Il ne voulait pas créer de nouveau malaise, mais il avait tant de questions...*

- Vous me trouverez peut-être inconvenant... mais... nous nous sommes déjà vus, non ?...
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Abbé Guibourg
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Mar 26 Jan - 23:06

(HJ : courez, courez, comme si vous aviez le Diable à vos trousses ! Laughing Wink )

Magdeleine, rassurée par les propos d'Alexandre et la présence bienviellante de sa tante, reprit un peu de courage. Mais on n'entendait pas la laisser partir ; cela valait peut-être mieux dans l'état de confusion dans lequel elle se trouvait... Elle se laissa soutenir et accepta la collation.

- Merci pour votre bonté, madame ! , dit-elle d'une voix un peu tremblante. Et grand merci à vous, Alexandre, pour votre indulgence ! Ce n'est point tant que je veuille découvrir Paris, mais je tiens à demeurer vivante... Que deviendrais-je en compagnie de ces femmes austères qui n'ont pour tout univers que les murs étroits de leur cloître ? Et je ne suis après tout point si bien née qu'on veuille m'imposer les usages de ceux qui jouissent d'un rang ou de charges lucratives... Les temps que nos parents ont vécu étaient moins sûrs encore, vous savez...

Malgré les pensées négatives, elle se sentait bien en sa présence. Il avait ce je ne sais quoi de rassurant qui aurait le pouvoir de chasser les sombres perspectives. Elle ignorait tout encore, ou presque, de la façon dont le destin pouvait lier hommes et femmes. Mais elle se prenait à rêver que le sien pourrait avoir un visage tel que celui d'Alexandre... Elle en était à ces pensées lorsqu'il prononça des mots qui ouvrirent une plaie au plus profond de son coeur, tout en la rappelant à la réalité de leur première rencontre.

* Il ne se souvient donc point de moi ? , dut-elle constater avec surprise et amertume. Suis-je si insignifiante qu'il m'ait déjà oubliée ? Etait-il à ce point ivre ? Que je suis sotte de m'enflammer ainsi pour un inconnu, si aimable soit-il ! A moins que ce ne soit... Que père lui a-t-il donc fait ? Je dois m'en aller, fuir au plus vite ! Il y a bien une raison à tout cela ! Oh, mais cette pauvre femme qui a aimablement préparé une collation ; je ne puis être aussi grossière... *

- Alexandre, voyons ! , s'écria-t-elle en s'efforçant de prendre la chose à la légère. Vous moquez sans doute ! Ce n'est point très aimable à l'égard de profiter ainsi de ma faiblesse... Vous savez bien que nous nous sommes déjà vus, nous avons d....

Magdeleine pressentait qu'il fallait se garder d'en dire trop. Ce pouvait être une façon de lui faire dire des choses qu'elle voulait taire et qui pouvaient se révéler lourdes de conséquences. Comment s'en tirer cette fois ? Elle ne maîtrisait pas les usages du monde, l'art subtil du mensonge.

- ... nous avons devisé longuement ensemble déjà ! , reprit-elle en feignant un regard de reproche. Est-il tant dans vos habitudes de servir de belles paroles aux jeunes filles que je ne sois qu'une parmi d'autres dont vous oubliez le visage ?! Seriez-vous donc en réalité si peu fréquentable ? Il vous souvient pourtant bien de mon prénom, ce me semble ?!
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Mer 27 Jan - 19:55

*Alban observait Magdeleine sans l'interrompre dans son discours. Elle semblait vraiment soucieuse de ce qui pouvait lui arriver. Mais pour le couvent, il ne pouvait pas faire grand chose. Elle n'était pas sa fille, ils ne se connaissaient pas assez pour qu'il puisse intercéder en sa faveur... et quelque chose lui disait qu'il valait mieux qu'il évite de rencontrer lesdits parents.
Il remercia Marie qui venait de rentrer avec un plateau contenant quelques fruits et des gâteaux pour la jeune fille. Elle ne semblait pas être victime de malnutrition, mais cela ne pouvait pas lui faire de mal. Il ne croyait pas Magdeleine quand elle disait qu'ils avaient longuement devisé ensemble. Dans son souvenir, elle n'était apparue que brièvement... Un petit signe de tête, un sourire... et puis le noir et un grand cri. Mais il s'était passé quelque chose d'autre... quelque chose que Magdeleine ne semblait pas vouloir lui rappeler.*


- Je n'oublie pas facilement un visage... quant à votre prénom, le hasard m'a aidé. Je suis sérieux... Ce n'est pas mon genre de palabrer pour séduire ou autre chose. Non, vous ne me dites pas tout...


*Il ne voulait pas l'effrayer, mais il devait savoir. Il avait l'impression d'avoir échappé à quelque chose de terrible, et voulait avoir une explication.*

- Pourquoi est-ce que je ne me souviens plus de ce qui s'est passé l'autre soir ? Que m'a-t-on fait ? Je suis sûr que vous le savez.

*Il ignorait complétement Marie qui fronçait les sourcils de voir son locataire si rude avec une jeune fille qui venait de faire un malaise. Il finit par soupirer et se releva pour se servir un peu d'eau. Il ferma les yeux pour essayer de se rappeler. Une table... et puis... et puis ces yeux effrayants et cette voix à glacer le sang. Sa voix ne fut qu'un murmure.*

- Que m'a-t-il fait ?
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Dim 31 Jan - 13:24

Magdeleine remercia l'hôtesse et prit l'un des fruits appétissants qui garnissaient le plateau. Elle était à vrai dire quelque peu vexée de ne pas être reconnue ; elle-même n'aurait pu oublier le visage d'Alexandre, même si elle ne l'avait vu qu'une fois. Sans doute était-elle une jeune fille trop naïve, imprégnée de lectures donnant une fausse image de la vie... Peut-être ferait-elle mieux, comme on le lui avait conseillé discrètement, de découvrir l'un de ces ouvrages interdits de la littérature libertine. L'une de ses amies prétendait que l'on y découvrait les hommes sous leur vrai jour, et non à travers le masque déformant de quelque héros à l'antique... Son côté enfant gâtée la poussait à faire la moue. L'abbé Guibourg l'avait toujours privilégiée parmi ses frères et soeurs ; il lui avait promis un avenir brillant et lui trouvait toutes les qualités. Même si elle était encore ignorante de la vie, elle ne pouvait se départir du sentiment que l'on avait semé en elle depuis son plus jeune âge et qui la haussait bien au-delà de ce qu'elle était en réalité. Pour la première fois de sa vie, elle se heurtait à de véritables contrariétés : son père qui voulait la faire entrer au couvent, et à présent Alexandre qui prétendait ne pas la reconnaître... Les paroles qu'il ajouta furent un coup supplémentaire porté à sa fierté.

- Le hasard ?! , s'écria-t-elle sincèrement indignée. Vous vous moquez assurément, Alexandre ! Moi qui vous trouvais tant de qualités, je vous découvre bien méchant homme ! Qu'aurais-je moi-même à vous cacher ? Je m'ouvre sincèrement à vous, je vous fais confiance... Me voilà bien récompensée !

A présent une lueur de reproche envahissait son regard. Elle éprouvait des sentiments jusqu'à présent ignorés, sans doute transmis par l'étrange hérédité qui présidait à son destin. Elle se sentait blessée dans son orgueil, jusqu'à en oublier l'idée même de la prudence dont elle devait faire preuve afin de ne pas s'engager sur une voie qui lui vaudrait les foudres de son père. Mais bientôt les questions d'Alexandre la ramenaient à la terrible soirée de leur rencontre. Les mystères faits par son père n'avaient rien pour elle de surprenant, elle ne se mêlait en rien de ses affaires. Mais pourquoi l'avoir invité à partager leur repas ? Nul ne restait jamais chez eux bien longtemps, et l'abbé voyait toujours ses amis à l'extérieur... Et cette scène odieuse durant laquelle elle avait surpris son père sur le point de tuer Alexandre ! Elle avait beau chercher, elle n'y trouvait aucune explication...

* Je ne dois rien dire de tout cela, songeait-elle en écoutant. Ce sont affaire d'hommes auxquelles je n'entends rien et ne veux rien entendre ! S'il est un ami de mon père, ou une connaissance, il cherche peut-être à savoir ce que je sais, ou ce que j'ai compris de la situation, pour s'en aller ensuite faire son rapport à l'abbé... Je dois partir au plus vite ! Tant pis pour la politesse et les lois de l'hospitalité ! *

- Pourquoi ?! , lança-t-elle avec une violence dont elle-même ne se savait pas capable. C'est à vous de me le dire, mon cher ! On ne vous a rien fait : vous aviez trop bu, voilà la vérité ! Le goût des hommes pour le vin les entraîne dans de bien sombres situations ! Je gagerais que vous vous êtes réveillé ivre mort dans quelque ruelle... Je vous pensais différent des autres, mais force m'est de constater que vous ne valez mieux que les autres vauriens de ce quartier ! Je ferais mieux de partir tout incontinent, avant que notre conversation ne prenne un tour plus fâcheux !

Elle se leva et fit comprendre qu'elle souhaitait partir. A présent, elle maudissait Alexandre, elle lui en voulait terriblement. Mais évitait de le regarder dans les yeux, de peur de se laisser encore séduire et ramener à d'autres sentiments.

- "Il" ?! , tempêta-t-elle en se redressant fièrement. Il ne me souvient point que nous ayons été accompagnés ce jour-là ! Sans doute êtes-vous allés, après que nous nous soyons quittés, boire plus que de raison dans quelque taverne en compagnie de ce mystérieux "il" ! Pardonnez-moi, madame, pour le dérangement et de m'en aller ainsi au mépris de votre hospitalité. Mais ce garçon est un rustre, voici une leçon que je ne suis point prête d'oublier ! Je ne suis peut-être qu'une pauvre bâtarde fille de pécheresse, mais je n'ai nul besoin ni de votre pitié, ni de tant de mépris, Alexandre !

Elle se mit à courir vers la porte, des larmes plein les yeux. C'était vrai : elle venait de subir son premier vrai chagrin à cause d'un homme. Et tout à coup le couvent ne lui semblait plus aussi sinistre, si prompt qu'est l'esprit des jeunes filles à amplifier les choses quand elles sont encore peu aguerries aux réalités de la vie.
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Dim 31 Jan - 14:59

*Alban ne pensait pas que Magdeleine réagirait de la sorte. Mais c'était une réaction assez normale pour quelqu'un qui a quelque chose à se reprocher. Il n'avait donc pas fait fausse route. Il aurait mis sa main à couper que la jeune femme avait quelque chose à voir avec ce qui s'était passé l'autre soir. Mais ce n'est pas en se faisant passer pour Alexandre Delorme qu'il en tirerait quelque chose. Au diable sa couverture ! Il se précipita pour empêcher Magdeleine de sortir, sous le regard abasourdi de sa logeuse qui se demandait si elle devait encore jouer la comédie, et saisit le bras de la jeune femme sans trop de violence. Il voulait juste la retenir et avoir une explication.*

- Alexandre n'a jamais existé, Mademoiselle. Sachez que je n'ai pas bu plus que de raison. Je ne sentais pas le vin ! De la même manière, je n'ai jamais pris de coup sur la tête, il n'y a aucune marque... Peut-être avez-vous raison : je suis un rustre, avec toutes les manières qui vont avec. Mais ce que je veux, ce sont des réponses à mes questions.


*Il se serait sans doute effrayer lui-même. Mais le comportement de la demoiselle ne lui donnait pas le choix. Il la fixa, sans méchanceté cependant, mais il était insistant. Il le sentait, la solution était là, juste devant ses yeux.*

- Je ne me rappelle que de quelques petites choses. Je suis allé chez vous... Je vous ai vu, avec vos frères, votre mère... et un homme dont la fonction ne va pas de pair avec le rôle de patriarche... Il m'a fait quelque chose, je suis sûr que vous le savez. Il m'avait découvert, c'est forcément cela. Mais ce ne sont que des détails ! Après, tout est flou. Que s'est-il passé ?


- Monsieur... Vous allez lui faire mal...

*Alban soupira et relâcha un peu la pression. Il ne pouvait pas l'obliger à rester sans passer pour un criminel. Et il n'avait aucune preuve pour l'inculper de quoi que ce soit. Il n'était même pas en service. Tout dépendait de cette jeune fille maintenant.*


- Votre nom... Je l'ai juste entendu avant de sombrer. C'était un cri de surprise... ça ne pouvait pas être l'autre femme. Ce ne pouvait être que vous.
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Ven 5 Fév - 1:22

Magdeleine fut stoppée net dans sa tentative de fuir et sentit la main d'Alexandre se refermer sur son bras. Elle était interloquée, et honteuse de lui laisser voir les larmes qui voilaient son regard. Elle fut bien forcée de l'écouter, et se montra à la fois stupéfaite et effrayée des paroles terribles qu'il prononça...

- Alexandre n'a jamais existé ?! , s'écria-t-elle au comble de l'effroi. Et qui diable êtes-vous donc, dans ce cas ? Vous aurez beau vous en défendre, je ne connais nul homme qui n'abuse de la boisson. Mais vous m'allez peut-être dire que vous n'êtes point non plus un homme ?! Et que vient faire cette histoire de coup sur la tête ? Assurément, vous êtes un rustre de la pire espèce, moi qui vous tenais en haute estime... Comment pourrais-je répondre à des questions auxquelles je n'entends rien ?

La peur éveillait en elle une part de son être, transmise par son père, qui jusqu'à présent n'avait trouvé occasion de se révéler... Elle sentait monter en elle une colère confinant à la rage, une force destructrice dont elle ne soupçonnait pas encore les effets. Et en même temps, elle restait une jeune fille un peu à l'écart du monde, qui soudain devait ouvrir les yeux sur des réalités dont elle n'avait que vaguement entendu parler par des amies...

Alexandre la regardait fixement et semblait lui aussi en colère. Ses yeux exprimaient une détermination qui contrastait effectivement avec ce qu'elle avait connu jusqu'à présent du jeune homme. Il était un autre, pour sûr...

- Chez moi ?! , rétorqua-t-elle avec mépris. Mais pour qui me prenez-vous ? L'une de ces catins qui reçoivent chez elles des hommes qu'elles connaissent à peine ? Ma mère a connu bien trop de malheurs pour le tolérer, voyez-vous ! Et moi-même je ne suis point de ces filles-là, je sais trop ce qu'il leur en coûte ! Vous cherchez à savoir où j'habite, pour venir m'importuner !

Elle reprit sa respiration. Elle ne réfléchissait plus, les mots coulaient d'eux-mêmes, comme si devant cette menace un étrange instinct la poussait au mensonge. Elle qui n'avait jamais su mentir que pour des broutilles, et encore fort mal...

- Mon père ?! Si vous le connaissez, vous en savez plus que moi-même : je suis une bâtarde, et nul ne sait qui est mon père. Ma mère elle-même s'est toujours refusée à me le dire. Vous êtes bien cruel d'en jouer, et de vous moquer ainsi d'une fille du péché ! Je n'entends rien à ce que vous dites ! Je vais hurler, je vous conseille d'éviter un scandale ! Et madame a raison, vous me faites mal !

Profitant de ce qu'il relâchait un peu la pression de sa main, elle parvint à se dégager, ouvrit la porte d'entrée et se précipita sur le palier. Mais l'homme la suivait, elle pouvait l'entendre et le sentir derrière elle. Comment allait-elle pouvoir se tirer de ce mauvais pas ?

A ce moment précis, elle aperçut sa mère, Jeanne Chanfrain, dans l'escalier. Ce que tous ignoraient, c'est que l'abbé Guibourg, sortant de chez Godin de Ste-Croix, passait précisément dans cette rue quand il entendit des éclats de voix. Et parmi ceux-ci, il avait reconnu la voix de sa fille. Suivant l'indice sonore, il était entré dans la maison et avait plaqué son oreille contre la porte.

* La sotte ! La petite inconsciente ! , songea-t-il aussitôt. Elle s'est jetée tout droit dans la gueule du loup et retrouvé la mouche de l'autre soir ! La peste soit des femmes et de leur faiblesse ! Il faut agir au plus vite, mais je ne puis intervenir moi-même... *

Il était redescendu dans la rue et avait attrappé au vol un gamin de sa connaissance - un petit chapardeur qui lui servait à l'occasion de coursier. Il lui avait demandé d'aller chercher Jeanne au plus vite. Et quand sa maîtresse fut enfin là, Guibourg lui expliqua la situation, et son plan pour en sortir. Jeanne se glissa dans la maison et montait les escaliers quand elle vit sa fille sortir comme une furie sur le palier. L'abbé lui-même se tenait à deux pas.

- Magdeleine ! Petite traînée ! Voilà donc où tu étais passée ! Je me suis fait un sang d'encre, voilà bientôt une heure que je te cherche... Et vous, scélérat, laissez ma fille, ou il vous en cuira !


Dernière édition par Abbé Guibourg le Lun 8 Fév - 12:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Lun 8 Fév - 0:37

*Alban l'avait écouté sans l'interrompre. Elle était paniquée, pas besoin d'être enquêteur pour s'en rendre compte. Mais cette panique laissait paraître un soupçon de culpabilité. Il était sûr qu'elle savait des choses, même si elle n'en saisissait pas l'importance. Elle devait se douter de quelque chose, et tenter de le lui cacher. Mais que pouvait-il faire ? On lui avait toujours appris à respecter les femmes. Il venait peut-être d'un milieu modeste, mais on lui avait appris les bonnes manières et le savoir-vivre. Il soupira en voyant que déjà elle repartait. Il aurait fait de même à sa place. Il fit signe à sa logeuse de retourner à ses occupations et se décida à suivre la jeune femme.*

- Mais enfin Monsieur Delalande...

- Marie, je vous en prie, faites ce que je vous demande. Tout ira très bien. Vous ai-je déjà menti ?


*Plusieurs fois en réalité, mais c'était surtout pour ne pas la mettre en danger. Il soupira et reprit sa course. Mais il fut arrêté net dans sa course par une femme qui avait rattrapé Magdeleine juste devant sa porte. Il regarda cette femme, qui lui semblait terriblement familière. Il grimaça en sentant le début d'une migraine et essaya de ne pas détourner le regard. Il l'avait déjà vue... La nuit où tout s'était passé. Il s'efforça de rester poli.*

- Madame... Votre fille a fait un malaise et je l'ai reconduite chez une amie pour qu'elle se remette de mes émotions. Je ne lui ai rien fait, mais j'aurai des questions à lui poser... et à vous par la même occasion.
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Lun 8 Fév - 12:58

Jeanne fut surprise du ton et des paroles du jeune homme. Et il lui sembla qu'il la regardait non comme quelqu'un qui voit une personne pour la première fois, mais plutôt comme quelqu'un qui cherche à se souvenir. Pourvu que la drogue de l'abbé ait fait l'effet escompté ! Surtout qu'elle avait tardé à faire leur déménagement vers l'autre étage. Elle décida de jouer son rôle de mère inquiète et outrée, poussant assez brutalement derrière elle Magdeleine, qui pleurait à présent à chaudes larmes.

- Un malaise ? Mais cette petite traînée est en parfaite santé ! Sans doute un tour qu'elle vous a joué pour attirer votre attention, j'en suis désolée... Mais si j'apprends que vous avez abusé de la situation, vous en répondrez devant ces messieurs de la police et j'exigerai réparation !

Son ton était ferme, mais en réalité elle n'était pas à l'aise du tout. Décidément, l'abbé l'entraînait dans des situations de plus en plus périlleuses. Une fois celle-ci résolue, elle lui en toucherait deux mots : passe encore qu'il la conduise elle à sa perte, elle était déjà perdue de toute façon, Dieu la punirait pour sa vie de péchés. Mais elle ne supporterait pas que ses enfants soient mis en danger, ils étaient tout ce qu'elle avait au monde, sa seule raison de ne pas mettre fin à ses jours en un dernier acte contraire aux lois divines, comme elle y avait déjà songé...

- Des questions ? , rétorqua-t-elle en feignant de n'avoir pas saisi. Quelles questions, monsieur ? Et en quel honneur, de quel droit ? Je n'ai point l'heur de vous connaître, que je sache !

Caché non loin de là, l'abbé était satisfait de la comédie de sa maîtresse, et réservait, malgré tout l'amour qu'il lui portait, une sévère correction à sa fille. Les paroles de la mouche l'inquiétaient toutefois. Pourquoi voulait-il poser des questions ? Tout cela ne présageait rien de bon. Pourtant, le breuvage qu'il lui avait administré ne devait en principe laisser aucune trace de la soirée ! A moins que ce ne soit pas une simple mouche, mais un policier de La Reynie... Ceux-là étaient plus coriaces et mieux entraînés ! Il aurait dû le tuer quand il le tenait. Maintenant il allait devoir trouver un moyen de le mettre hors d'état de nuire...
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Lun 8 Fév - 18:43

*Alban n'aimait pas attirer l'attention sur lui. Hélas, avec cette scène, plusieurs passants s'étaient arrêtés pour essayer de comprendre ce qui se passait. Le policier soupira : il faudrait faire avec, hélas. Il regarda Jeanne et esquissa un sourire quand elle parlait de la police.*

- Sachez Madame que je suis un homme honnête, et que jamais je n'ai profité de la faiblesse d'une femme. Mon amie peut vous l'assurer.

*C'était maintenant qu'il fallait agir... et prudemment. Fallait-il qu'il s'annonce comme faisant partie des hommes de la Reynie, ou bien se rétracter et essayer d'obtenir des informations par un autre moyen ? Tant d'ouvertures possibles, mais une seule le conduirait vers la solution. Les autres ne feraient que le mettre encore plus en danger.*

- Je vous ai déjà vu, j'en suis certain. Vous nierez sans doute comme l'a fait votre fille, mais je ne suis pas du genre à oublier un visage. Je trouverai des preuves... Je connais des gens dans la police...

*Rien de bien formel... Il ne savait pas trop comment s'en sortir. Il ne pouvait rien faire ni rien ordonner. Il était en congés, ce serait un vice de procédure. Il ne pouvait pas se permettre de laisser filer un gros poisson... Autant les laisser partir. Il demanderait à un gamin de les suivre discrètement. Et une fois qu'il reprendrait du service...*

- Bon, oublions ça. Aucun mal n'a été fait à personne. Laissons là l'affaire et retournons à nos obligations. Mais ne soyez pas trop dure avec votre fille. La jeunesse, c'est savoir prendre des risques...
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Ven 12 Fév - 6:21

Jeanne espérait en finir au plus vite, tant elle avait peur de se trahir et de devoir essuyer ensuite la colère de l'abbé. Elle n'avait aucun doute sur le fait que le garçon n'aie pas cherché à abuser de la situation ; mais ce qui l'inquiétait davantage, c'est ce que Magdeleine avait bien pu raconter dans sa naïveté et l'ignorance qu'elle était des activités occultes de son père...

- Déjà vue ?! , s'écria-t-elle en essayant de ne rien laisser paraître de son trouble. Voilà qui est fort étrange, car moi-même je ne vous connais point ! Peut-être m'avez-vous simplement déjà croisée dans le quartier... Comme tout un chacun, je viens souvent au marché... Des preuves ? Mais des preuves de quoi à la fin ?! Figurez-vous que moi aussi je connais des gens fort bien placés, et vous pourriez avoir de gros ennuis si vous continuez ce manège ridicule !

Guibourg lui avait toujours dit que la meilleure défense était l'attaque, et qu'à une menace il fallait toujours répondre par une menace tapant plus haut. Ce n'était guère dans sa nature, mais là elle n'avait pas le choix. Elle le toisa, et pour faire diversion autant que par véritable reproche de l'avoir mise dans une telle situation, toisa ensuite sa fille. Visiblement, il semblait disposé à laisser tomber pour le moment, c'était tout ce qu'elle demandait ; la suite, ce serait l'affaire de Guibourg, après tout...

- Voilà que vous redevenez raisonnable, l'ami ! Vous l'avez dit, laissons cela puisqu'il n'y a rien qui se puisse reprocher de part et d'autre... Je suis bien navrée si ma fille vous a causé quelque tracas, et je vous prie de croire que cela ne se reproduira plus. Elle va se fiancer sous peu, et se préparer à assumer l'état d'épouse : voilà qui devrait lui mettre du plomb dans la cervelle. La jeunesse n'excuse point tout, et peut conduire sur les chemins de la perdition ! Je crois qu'il est temps à présent pour nous de nous retirer, cette jeune fille nous a assez fait perdre de temps à vous comme à moi ! Présente tes excuses, Magdeleine, et nous partons !

- Je vous prie de me pardonner les désagréments que je vous ai causés, monsieur, dit Magdeleine en sanglotant, les yeux baissés.

Elle savait qu'à cet instant son sort était scellé. Ce serait le prix à payer pour son imprudence. Tandis que la conversation s'achevait, elle regarda une dernière fois celui qui restait pour elle "Alexandre", même si elle savait à présent que ce n'était pas là son véritable nom. Elle lui en voulait autant qu'elle s'en voulait à elle-même... Mais au fond de son coeur, un esprit de vengeance commençait à éclore...
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MessageSujet: Re: Quittons l'uniforme un moment [qui veut]   Lun 22 Fév - 2:42

*Alban n'était nullement impressionné, mais il lui fallait jouer le jeu. Il sentait que quelque chose ne tournait pas rond, même s'il lui était difficile de dire quoi très exactement. Quoi qu'il advienne, il ferait tout pour démêler le noeud qui s'était formé dans son esprit cette fameuse nuit. En tout cas, cette femme ne se laissait pas démonter, il devait le reconnaître. S'il n'avait pas été persuadé de sa culpabilité, il se serait sans doute laissé prendre... mais il était tenace et ne voulait pas laisser passer ce petit bout de piste, aussi infime soit-il. Il avait déjà perdu trop de temps avec cette "maladie" qui l'avait empêché de continuer à mener ses enquêtes convenablement.
Déjà elle annonçait leur départ. Il faudrait être rapide... mais il connaissait déjà un gamin du voisinage qui serait ravi de lui communiquer l'adresse des deux femmes en échanges de quelques pièces et d'un morceau de gâteau. C'était une manière comme une autre de s'informer, et surtout une des plus efficaces. Qui se méfierait d'un jeune garçon qui joue à chat dans les rues ?
Il regarda Jeanne puis Magdeleine. Il avait été rude, peut-être un peu trop... la jeune fille ne semblait pas être habituée à tant d'émotions. Il avait quelques remords, mais il ne pouvait pas faire autrement pour essayer de reconstituer le puzzle.*


- C'est à moi de m'excuser si j'ai été rude. Je crois que le manque de sommeil me met de mauvaise humeur. Vous ne m'avez donné aucun tracas... et je vous félicite pour vos fiançailles.


*Que de banalités et que de mensonges. Cette petite lui faisait de la peine, mais il la considérait tout de même comme suspecte dans cette affaire. Et jusqu'à ce que le voile soit levé, il la considérerait en tant que telle.
Il inclina légèrement la tête et se retourna, comme s'il rentrait chez lui. Il attendait juste que les deux femmes fassent de même pour appeler le petit. Il voulait en avoir le coeur net. Peut-être qu'en retournant à cet endroit, d'autres choses lui reviendraient... comme l'identité de cet homme dont le regard noir lui glaçait encore le sang en y repensant.*
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Quittons l'uniforme un moment [qui veut]
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