L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 Sombres perquisitions [PV Alban Delalande]

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Gabriel de la Reynie
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MessageSujet: Sombres perquisitions [PV Alban Delalande]   Dim 29 Mar - 12:07

*Elle criait, gesticulait, se débattait, maudissait à qui mieux mieux, échappant aux bras de la police aussi bien qu'à ceux de la Justice, se ruant sur les autres, tâchant de se jeter dans la foule, s'égosillant, tombant à genoux afin d'implorer une aide de Dieu, s'écrasait au sol pour mieux se relever -comme une furie agitée de démons.

A un moment, elle s'accrocha à son manteau, l'attirant à elle de ses bras maigres et décharnés, ouvrant sur lui des yeux pâles comme la mort et transcendés de démence. Elle bavait, pleurait, implorait mouillant les pans austères et noirs de son habit de fonction.
La Reynie leva un peu plus le menton puis fit signe à deux de ses aides d'approcher. Ces derniers s'emparèrent de la malheureuse et la trainèrent jusqu'à une cariole dressée de barreaux de fer. Ils durent se mettre à quatre avant de pouvoir vraiment l'enfermer. Gabriel plissa le nez de dégoût, fronçant les sourcils. A présent, la vieille cabane de cette folle à lier leur était toute offerte*.

"Monsieur Delaunay, ajouta-t-il, veuillez éloigner la foule, s'il vous plait. Il n'y a plus rien à voir...".

*Il fit quelques pas vers l'entrée de la bicoque -petite porte donnant sur un gouffre béant d'immondice d'où certains agents de police ressortaient un doigt sous le nez et une main sur le coeur. Il en arrêta un sur le point de vomir, le secouant avec tenacité*.

"Pas devant les badots, Maunier. Pas devant eux !!".

*Et il le relâcha, certains de lui en avoir coupé l'envie. Derrière lui, les femmes criaient, tendaient leurs mains, retenues de justesse par le corps de police fraîchement arrivé pour leur porter secours. Gabriel, quant à lui, faisait la sourde oreille -la tête engoncée dans le col remonté de son manteau. Le froid était si mordant. Il ferma les yeux...*.

"Nos enfants !!! Hurlait la foule martyrisée, rendez-nous nos enfants !!! Où sont-ils ?? Où sont-ils ???! Rendez-les nous !!! Rendez-les nous !!!".

*D'autres s'étaient évanouis sur la voie publique tandis que des hommes de bonnes volontés transportaientcelles ayant définitivement perdus conscience. Les familles se massaient pour faire corps à la douleur, frémissante et silencieuse pour certaines, hurlantes et désespérées pour d'autres. La Reynie rouvrit les yeux. Un vent du Nord souleva le gris de ses cheveux. Il ajouta à l'un de ses hommes :*.

"Delalande !".

Et, tout en attendant que ce dernier se retourne...

"Veuillez me suivre, je vous prie".

*Il s'avança vers la bâtisse, soulevant derrière lui un tonnerre de cris et de larmes...
Il ne se retourna pas...*.

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Alban Delalande
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MessageSujet: Re: Sombres perquisitions [PV Alban Delalande]   Dim 29 Mar - 15:05

*Le spectacle qui s'offrait sous ses yeux était vraiment pitoyable, et tout à la fois effrayant. Alban se rappelait, quand il était encore dans sn Poitou natal, tout le bien que l'on disait de la grande ville de Paris. Opulence, animation, santé, vie convenable. Si tout ce qu'il voyait à présent n'était pas sur le point de lui retourner le coeur, il en aurait volontiers rit. Hélas, trois fois hélas, la situation n'était pas à la comédie.

C'était une affaire de la plus haute importance. Alban s'agaçait de voir tant de gens ainsi rassemblés. On aurait presque dit une foire. Pourtant, c'était à se demander si ce lieu voyait le soleil. Il aurait préféré de loin un peu de calme, mais les cris de la folle qui s'agrippait aux barreaux de la cariole avait rameuté un monde considérable. Comment une femme comme ça pouvait-elle avoir autant de voix? Il voyait des choses incroyables depuis qu'il avait intégré les "troupes" du lieutenant général. Et si jamais le luxe existait autour de ce lieu, c'était que les gens avaient dû trouver comment fermer les yeux devant tant de peine et de souffrance. Lui n'y arriverait peut-être jamais.

Il parla avec quelques uns des policiers, les remerciant pour leur aide ou en leur désignant quelle tâche ils devaient accomplir. Il en voyait qui tentaient désespérément de ramener un peu de calme dans ce lieu puant la mort. Comment avait-il fait pour ne pas encore vomir ? Un vrai miracle ! En voyant ceux qui sortaient de la batisse aussi pâles que des fantômes, il sentait que ce qu'il allait découvrir allait lui couper l'appétit pour quelques temps.
Il entendit alors la voix de son supérieur qui lui demandait de le suivre. Il inspira un bon coup avant de le rejoindre aussi vite que possible.*

"Oui Monsieur."

*Il essayait de ne pas faire attention au bruit des personnes restées dehors. Il devait garder la tête froide, ne pas paniquer. Et essayer d'avancer dans ces histoires aussi sombres que la pièce où ils pénétrèrent.*
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Gabriel de la Reynie
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MessageSujet: Re: Sombres perquisitions [PV Alban Delalande]   Mer 1 Avr - 10:18

*La Reynie fut le premier à pénétrer les lieux. Pour ce qui était de la politesse il s'en passait en ces heures si sombres. De toute façon, ces nerfs étaient déjà mis à rudes épreuves sans qu'il n'en rajoute avec des préceptes aussi ridicules qu'inappropriés. Au même instant, tandis qu'il faisait irruption dans la pièce noire, à peine éclairée par les rayons du dehors filtrant au travers des draps sales qu'on avait posés aux fenêtres, Gabriel porta son index à son nez -tâchant avec décence de ne pas trop afficher son dégoût. Il progressa à travers la pièce, buta de nombreuses fois contre des objets auquel il ne voulait même pas accorder attention pour l'instant. C'était droit devant eux que l'odeur se faisait du forte. Et plus ils progressaient plus y plongeaient dans le noir. La Reynie pesta et se dirigea droit vers l'une des fenêtres, tirant l'étoffe moisie qui faisait office de rideau. La lumière explosa dans la pièce, éclairant tout sur son passage tandis qu'une poussière dansante et virevoltante s'élevait dans les airs jusqu'à les faire tousser. Le lieutenant porta une main à sa bouche tandis que ses yeux balayaient la salle. Son regard gris s'agrandit de frayeur...

Cette pièce ne ressemblait guère à la demeure d'un humain mais plutôt à l'antre d'une bête ! Ca et là, éparpillés sur le sol, des restes d'animaux pourrissaient -certains dans un état de décomposition plus avancé que d'autre. Les murs étaient couverts d'étagères remplies de bocaux non-identifiables et dont les solutions, pour la plupart, moisissaient à vue d'oeil. Au centre de la pièce, une grande table ronde trônait sur laquelle avait été disposée vieux grimoires aux signes cabalistiques, bougies dont la cire rouge et gluante tapissait le sol, crânes humains et restes de rats ou de lapins... La Reynie porta un mouchoir à son nez et plissa les yeux, se dirigeant vers ladite table. Il comprit que ce qui avait fait prendre cette teinte écarlate aux cierges n'étaient pas un colorant mais bien du sang séché dont l'odeur devenait à cette hauteur insupportable. Ses pupilles limpides s'arrêtèrent sur Alban. Il dit :*

"Dès que nous aurons terminé, vous irez me chercher un apothicaire, Delalande...".

*Il se détourna de cet autel maléfiques pour mieux se retrouver face à la porte du fond, rassemblant davantage à celle d'un cagibi qu'à autre chose. Sa main, quant à elle, tremblait légèrement au moment où il fallu se saisir de la poignée. Un dernier regard vers son collègue et il tira d'un coup sec.
Un cri de stupeur s'ensuivit, créant son petit émoi au dehors dans la foule. Le cadavre décomposé d'un jeune garçon venait de tomber sur ses pieds, rachitique et mort sans doute depuis plus d'un mois. Il était bleu en surface, les commissures de ses lèvres, les orbites de ses yeux et les trous de ses oreilles foncés d'un violet mortuaire. Du sang noir et séché coulait de sa bouche...

Gabriel lança un regard figé de terreur à Alban -un reflet de larmes nimbant ses iris glaciales. Il jeta un coup d'oeil par-delà la porte et y tourna vite le dos. Son coeur battait à tout rompre de la vision qu'il venait juste d'avoir*.

"Il y en a tout un amoncellement dans cette pièce-ci", tâcha-t-il d'articuler d'une voix sobre. Puis, essayant de se remettre doucement de ses émotions...

"Après vous, Delalande".

*Il lui fit signe d'avancer*.

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MessageSujet: Re: Sombres perquisitions [PV Alban Delalande]   Jeu 2 Avr - 0:07

*Alban pénétra prudemment dans la pièce juste derrière son supérieur. Il avait pris une grande bouffée d'air à peu près frais avant d'entrer, mais se disait que cette précaution deviendrait bien vite inutile. Quand il vint à respirer, il vint naturellement placer sa main devant sa bouche et son nez. Il commençait à comprendre l'expression de terreur de ceux qui étaient ressortis un peu plus tôt, et se demandait s'il n'allait pas tarder à vomir à son tour. L'air était tout bonnement irrespirable. A se demander si ce n'était pas cela qui avait rendu la pauvre femme complètement folle.

Il avança à tâtons, plus soucieux que le lieutenant général de ce qui risquait de lui casser une jambe. Lorsque la lumière vint enfin de la la fenêtre - fallait-il remercier La Reynie pour cette délicate attention ? - son regard se remplit d'horreur. Il n'y avait pas que l'odeur qui pouvait mettre mal à l'aise. C'était l'antre du diable, comme certains le murmuraient déjà. Alban n'en pensait pas moins. Il toussa légèrement, ses yeux piqués par la poussière qui s'élevait à présent. Il fit quelques pas en regardant de plus près les flacons. Il s'horrifia en en voyant un dans lequel flottaient ce qui pouvait ressembler à des yeux. Depuis combien de temps étaient-ils dans cet abominable liquide qui devait pourir depuis un bon moment ?
Il se retourna vivement en entendant son nom et regarda son supérieur. Il prit une inspiration pour répondre.*

- Oui Monsieur... Dès que nous sortirons.

*Le plus vite possible, espérait-il. Il le vit s'approcher de cette porte étrange. Il avait un mauvais pressentiment. Et cela fut vérifié quand il vit le corps s'abattre sur La Reynie. Son coeur fit un bon et menaça de remonter dans sa gorge. Il étouffa un cri et porta une fois encore sa main à sa bouche. L'odeur était encore plus insupportable. Et ce corps... La première question qui se posait, c'était comment il avait fait pour en arriver là ? Etait-ce l'oeuvre de cette femme qu'ils entendaient d'ici ? Une chose était sûre. Procès ou pas, elle finirait sur le bûcher.

Il serra le poing pour ne pas trembler et détourna le regard pour essayer de retrouver son calme. Il avait croisé le regard de son supérieur, et savait qu'il en était tout aussi choqué. Il le regarda de nouveau, et se contenta cette fois d'hocher la tête pour répondre, avant de s'avancer. Il avait plus d'une question à présent. Pourquoi ce garçon ? De quelle manière ? Est-ce que des gens de sa famille étaient là, dehors, à attendre une réponse sur ce qu'il était advenu de lui ?*

- C'est folie...
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MessageSujet: Re: Sombres perquisitions [PV Alban Delalande]   Mer 15 Avr - 9:36

"Ohh... je vous trouve... vraiment... mauvaise langue, Delalande", ajouta La Reynie sur un fielleux sourire qui n'était qu'à demi dissimulé par son mouchoir.

*Il fixa à nouveau le jeune homme et fronça immédiatement les sourcils avant de reprendre d'un ton acerbe :*.

"Et n'ayez pas peur de fouiller au coeur de ce sordide endroit".

*Que pourrait-il y découvrir ? Sûrement rien que son imagination ne puisse imaginer. L'horreur se trahissait d'elle-même par l'odeur de mort qu'elle répendait. Au même instant, quelqu'un fit irruption dans la pièce. Gabriel se retourna brusquement et se retrouve nez-à-nez avec Maunier et Saintclerc, tous deux paniqués. Leur visage huileux et leurs yeux hagards s'arrêtèrent sur leur supérieur un instant avant de parcourir la pièce abasourdis et tétanisés par ce qu'ils venaient d'y découvrir. Maunier laissa échapper un léger cri de stupeur, juste avant de se signer et de passer une main déconcertée sur sa bouche entrouverte. La Reynie donna du laton contre le sol afin de rappeler à l'ordre. Ce fut Saintclerc qui se désigna afin de porter la nouvelle... à moins qu'elle ne lui parvienne avant aux oreilles*.

"LAISSEZ-MOI ENTRER, BANDE DE SAGOUINS !!! Hurlait un homme au dehors, JE VEUX ENTRER VOIR DE QUOI IL EN RETOURNE !!!!".

*La Reynie, stupéfait, voulut ouvrir la bouche pour demander ce qui se tramait... mais il fut devancer par le petit policier :*.

"Un homme, le propriétaire des lieux, demande à entrer pour constater des dégâts, de telles accusations et d'un tel rassemblement".

*Peinant à chasser convenablement sa surprise, le lieutenant cligna des yeux puis, remis :*.

"Qu... qu'attendez-vous pour le chasser d'ici à coup de pieds aux fesses ?".

*Silence. Les deux hommes demeurèrent contrits, mal à l'aise*.

"Le déluge peut-être ?".

*Aucune réponse...*.

"Ah ! Mon déluge ?".

*Il s'était désigné du doigt sur un sourire halluciné, littéralement soufflé par tant d'audace*.

"En... en quelque sorte, oui. Reprit Maunier, il demande à vous parler...".

*Il resta silencieux un instant... et considéra le jeune Delalande qui s'était déjà courageusement aventuré dans la fange de ce lugubre endroit. Bon garçon ! Un sourire se traça sur ses lèvres. Il répartit :*.

"Soit. Si ce Monsieur veut me rencontrer, je vois mal comment je pourrais lui dissimuler davantage la vérité, n'est-ce pas ?".

*Les autres s'échangèrent un regard. Et La Reynie de jeter par-dessus son épaule, en direction de son aide si précieux :*.

"Sergent Delalande ! Je vais dehors... pour m'oxygéner...
Fouinez ! Et ne ressortez qu'une fois muni d'incides prombants.
Allons-y, Messieurs !".


*Il joignit ses pas aux leurs, sortant ainsi de la bâtisse. Bientôt le jeune Alban pourrait entendre les échos de la crise de rage engendré par le propriétaire de la maison ainsi que les interjections lancées par d'autres policiers en charge de surveiller le périmètres... La voix de La Reynie revenait en échos aux insultes et protestations dudit personnage. Mais elles n'étaient pas assez fortes pour être seulement audibles...*.

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MessageSujet: Re: Sombres perquisitions [PV Alban Delalande]   Mer 15 Avr - 12:28

*Alban s'efforça de sourire à la remarque de son supérieur. Mauvaise langue ? Lui ? Il ne le cachait pas. Il n'empêchait que cet endroit dégageait odeurs et impressions qu'il n'aurait même pas imaginé dans le pire de ses cauchemars - et Dieu savait qu'avec tout ce qu'il trouvait, il en faisait plus d'un par nuit. Il savait que La Reynie essayait de le rassurer à sa manière et devina son sourire malgré le mouchoir qu'il tenait devant sa bouche et son nez. Son froncement de sourcil le rappela à l'ordre, et il se redressa un peu.*

"A vos ordres Monsieur."

*Pas la peine de discuter, il le savait. Et puis les autres avaient dû entendre par la magie du "téléphone arabe" ce qui se trouvait dans cet endroit. Aucun ne serait assez fou pour se porter volontaire.
Il allait commencer à farfouiller quand le cri venant du dehors le redressa comme une marionnette sur laquelle on aurait tiré le fil retenant sa tête. Il ne saisit que quelques bribes de la conversation entre La Reynie et es deux collègues. Il retint un rire à la mention du déluge. Il savait que son supérieur avait toutes les qualités pour remettre les gens à leur place. L'image du déluge n'était donc en aucun point exagéré. Il se reprit et s'approcha du corps tout en plaquant un mouchoir sur son nez. Il était tout de même curieux de savoir ce qui avait abouti à un tel résultat. Il inclina juste la tête quand le lieutenant général l'interpella et remontait avec Maunier et Saintclerc, et reprit son enquête.

Il allait être difficile de trouver quelque chose avec ce cadavre. Il pourrissait depuis un moment et les traces s'étaient sans doute effacées. Il regarda son crâne, souleva quelques mèches de cheveux... Il avait été brisé, on devinait la dislocation du bout des doigts. Il se doutait que la mort n'avait pas dû être immédiate. Il avait dû souffrir un moment avant de rendre son âme à Dieu. Alban inspira et le retourna pour le mettre sur le dos, et voir si quelque chose manquait. Plusieurs dents, mais il était impossible de dire pour lui si cela datait d'avant ou d'après sa mort. Il écarta sa chemise tachée d'un sang poisseux et noirci par le temps. Ca, il n'avait pas saigné qu'un peu. Il en découvrit la raison en voyant l'insision sur son torse. Inutile de chercher. La vieille folle lui avait arraché le coeur. Quand il était en train d'agoniser ? Il espérait qu'il était mort avant ça. Alban tourna la tête et alla vérifier les bocaux. Beaucoup étaient poussiéreux, on n'y avait donc pas touché depuis longtemps. Et dans les plus récents, rien du tout. Il relâcha son mouchoir, prit son carnet et son crayon de charbon et commença à noter quelques détails.
Des indices probants... La pièce était remplie de ce genre de choses, mais ce qui devait être intéressant serait le "réseau" qui s'organisait autour de cela. A quoi avait servi le coeur de ce garçon ? Pas de Messe Noire. Ce n'était pas l'endroit, et on sacrifiait plus des nouveaux nés qu'autre chose. Filtre ? Sans doute, mais quel genre ? Amour ? Poison ? Dans tous les cas, il ne fallait rien laisser au hasard.
Il avisa une autre porte et l'ouvrit prudemment, pour ne pas répéter la mésaventure de la Reynie. L'air de la pièce était moins nauséabond, mais il faisait toujours aussi sombre. Il alla tirer les rideaux et regarda autour. La chambre de la folle sans doute. Elle semblait tout aussi en désordre que l'autre pièce, mais celle-ci semblait plus servir de bureau qu'autre chose. Quoique... il remarqua plusieurs traces de sang, qui conduisaient toutes à la pièce maudite. Il refit l'histoire dans sa tête. Elle amenait ses victimes ici, donc il devait exister une autre entrée par laquelle les pauvres gens arrivaient, les tuaient ici, comme le montraient les traces de sang, puis elle traînait les corps dans l'autre pièce pour... il ne préférait pas y penser. Et elle accrochait sa victime dans un "placard" en attendant de se resservir sur lui avant de trouver quelqu'un d'autre, peut-être. Mais les corps, comment s'en débarasser ? Il retourna dans la pièce sans faire attention aux autres et posa sa main sur une autre poignée... la porte était fermée. Et inutile de chercher la clé. A tous les coups, la vieille folle l'avait sur elle et il ne tenait pas à essayer de l'approcher maintenant. Il soupira et essaya d'enfoncer la porte d'un coup d'épaule, avant de se dire que c'était une mauvaise idée. Il regarda un autre homme.*


"Trouvez-moi de quoi ouvrir ça.*

*Il fallait se débarasser de la serrure, mais cela n'était pas sa spécialité. Il laissa son collègue faire, lui conseilla de reculer, puis ouvrit. L'odeur était plus forte encore. Devant lui se présentait un petit escalier, tout de même assez large pour permettre à deux personnes de passer l'une derrière l'autre... Ou à l'une de tirer l'autre vers le bas, ce qui semblait plus probable. Il fit signe à deux hommes de venir avec lui, puis descendit prudemment, marche après marche. Il finit par buter sur quelque chose... Quand il se pencha pour ramasser ledit objet, il n'eut aucun mal à en deviner la provenance. Un os... Il sentit un des hommes se signer, avant de reprendre cette descente aux enfers. Ils tombèrent sur une petite cour, aux murs assez hauts pour éviter aux baudauts de se demander ce qui se passait derrière, avec une autre porte. Elle devait logiquement donner sur la rue. Il vit ce qui semblait ressembler à des cuves et s'en approcha prudemment, avec les deux autres hommes. Ils eurent le même réflexes de recul. Des corps frais dont elle n'avait plus besoin, elle les mettait à pourir dans l'eau. Elle pouvait ainsi facilement récupérer les os pour en faire autre chose. La porte servait à faire disparaître les restes. Une charette qui devait abandonner ce qui restait dans la forêt, histoire que l'odeur n'envahisse pas tout le quartier.*

"On aura au moins retrouvé quelques corps... On remonte maintenant."

*Il inscrivit ses notes puis remonta dans la chambre. Il entreprit alors de tout fouiller. L'armoire, la commode, tout y passait. Il vérifia un coffre et y trouva un double fond. Il en sortit précautionneusement une petite bourse et du papier. Cela ressemblait à une commande, seulement le nom du destinataire était illisible. Mais cela montrait tout de même qu'elle avait des complices. Elle ne faisait pas tout elle-même. Il continua ses recherches, vida un tiroir et trouva autre chose. Une liste de noms cette fois. Et quels noms ! Des gens importants à en croire les rallonges. Des femmes surtout... Mais l'écriture état brouillone et il était difficile d'être sûr de tout ce qui était inscrit. Cela plairait sans doute à son chef.

Il rangea son carnet, replia les feuilles puis remonta pour prévenir son supérieur. L'agitation dehors ne semblait pas être calmée. Et avec ce qu'il avait trouvé, ceux qui étaient ici dans l'espoir de retrouver un parent disparu n'allaient pas arranger les choses.*
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