L'Affaire des Poisons

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 Rien n'est trop beau pour elle [PV Mme d'Aquin]

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Antoine d'Aquin
Rapia... et fier de l'être !
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MessageSujet: Rien n'est trop beau pour elle [PV Mme d'Aquin]   Jeu 26 Mar - 18:06

*Quatorze ans. Cela faisait maintenant quatorze belles années qu'ils étaient mariés. Ensemble depuis leur seize et trente-six ans respectifs... depuis elle était devenue femme et lui un peu plus vieux. Antoine avait fêté cette année ses cinquante ans résolus, les cheveux grisonnants et les traits plus marqués, comme burinés par le temps. Marguerite, elle, ne changeait pas. Elle s'affirmait juste un peu...

Alors lorsqu'il lui avait demandé de le rejoindre dans leurs appartements ce jour à dix heures, il espérait bien qu'elle accepterait cette invitation. Ces derniers temps, ils n'avaient fait que se croiser, oubliant malheureusement ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Il ne pouvait plus laisser ceci de côté et il fallait bien qu'il lui montre à quel point elle avait d'importance à ses yeux.
Antoine, nouant son foulard de soie autour de sa gorge face à son miroir, se mordit subitement la lèvre. Il venait de tomber sur un vieux et douloureux souvenir...*.

Elle était assise à la fenêtre, un livre sur les genoux et le coude posé au rebord de cette dernière. Elle contemplait le dehors du tout Paris le menton dans la main et le regard ailleurs, fuyant, perdu vers quelque pays lointain, volant au-dessus des maisons en compagnie des oiseaux. Ici, la seule vue qu'elle pouvait avoir de l'infini était les méandres des rues en contrebas, chariant son lot de populace, de badots et brailleurs revenant d'un marché où chacun avait pu faire son beurre. La matinée avait été ensoleillée et idéale.
A ce même instant, la porte de leur chambre s'ouvrit et une silhouette apparut au travers d'un rai de lumière. D'Aquin, son époux, s'avança vers elle, encore toute jeune fille, et posa délicatement ses mains sur ses épaules.


"Il fait un temps superbe, lui glissa-t-il à l'oreille, pouquoi ne sortez-vous pas en ma compagnie ?".

Il sentait cependant que le moment était mal choisi. Lui était allé dehors toute la matinée afin de battre le pavé pour trouver ce qui était nécessaire à ses préparations médicinales. Marguerite était restée seule chez eux, un ouvrage pour toute distraction. Antoine se redressa, gardant une main sur son épaule. Lui aussi regardait l'horizon.

"Lorsque j'étais enfant, ma mère m'emmenait souvent en Espagne dans la maison de ses parents. C'était une grande demeure à l'aplomb des rochers et donnant sur une mer d'un bleu aussi pur qu'un saphir.
Un jour l'on s'est décidé à tous sortir afin de faire une grande promenade en bord de mer. Je devais avoir, peut-être, quatre ou cinq ans et mes parents ainsi que les domestiques avaient oublié à quel point je pouvais être turbulent".


Il lui sourit.

"Non seulement je suis revenu les pieds écorchés d'avoir courru sur les rochers escarpés mais en plus j'ai reçu l'une des plus belles corrections de ma vie".

Et il s'accroupit à sa hauteur, serrant alors sa main dans les siennes, les yeux tendus vers elle.

"Mais jamais je n'aurai vu pays si beau, ma chère. Et je m'y promets de vous y emmener dès que le temps nous le permettra".

Il lui avait embrassé la paume puis était resté encore un peu avec elle, parlant de ses souvenirs d'enfants, de ses jeux dans la mer, de ses bêtises en compagnie de ses frères et soeurs et d'à quel point ils étaient tous bien et insouciants là-bas.
Il ne l'y mena jamais...


*La porte s'ouvrit à l'instant et le docteur se retourna brusquement. L'un de ses valets, Jean, venait de paraître et commença à introduire en petit vendeur du nom de Monsieur Menard, grand camétiste de Paris. Antoine lui adressa un léger signe de tête juste avant de se présenter lui-même la main tendue. Il annonça tout de go :

"Ma femme ne devrait point tarder, Monsieur Menard. Si vous vouliez bien prendre place".

*L'homme l'en remercia puis fit signe à deux de ses aides qui entrèrent à leur tour, de grands panneaux de bois en guise de présentoirs chargeant leurs bras.
A présent, Antoine n'attendait plus que sa tendre épouse afin de lui permettre de faire le choix de son cadeau. Il aurait pu la couvrir d'or qu'il l'aurait déjà fait. D'ailleurs, c'est ce à quoi il s'employait dès qu'il avait une minute de libre.

Lors de leurs premières années de vie commune, l'ambiance avait été un peu tendue. L'écart de leurs âges rendaient les discussions difficiles et les centres d'intérêt pouvaient encore se compter sur les doigts de la main. Ils avaient mis du temps avant de trouver un terrain d'entente et que sa femme puisse enfin trouver sa place au sein de leur couple. Mais c'ets à force de patience qu'ils étaient enfin parvenus à s'écouter l'un l'autre.

Antoine n'était pas bête. C'était lui qui détenait la fortune. Lui qui pouvait tout offrir. Et que ne désirait une femme du Monde sinon se faire entretenir ? Le langage fut alors très facile à saisir : je fais de toi une Reine que l'on envie et, de l'autre, tu fais de moi un époux comblé sur tous les plans. C'était un peu comme s'ils faisaient affaire ensemble. D'ailleurs, n'était-ce pas à la base un mariage d'intérêt ? Au fil du temps, ils avaient appris à se connaître même à s'apprécier, à s'aimer... Enfin, c'était l'impression qu'il en avait.
Ne plus passer pour un affreux mâle reproducteur à ses yeux était déjà un sacré pas en avant.

Ainsi, au moment où la Dame fit irruption, d'Aquin lui offrit son sourire le plus doux et le plus agréable, allant vers elle afin de l'accueillir bras ouvert, maître des lieux, et mine emprunte de bonhommie*.

"Vous voila enfin, m'amie. Quelle joie que de vous voir ! Je vous attendais avec grande impatience !".

*Et il se précipita vers elle en grande pompe sans oublier de lui faire le baise-main*.

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MessageSujet: Re: Rien n'est trop beau pour elle [PV Mme d'Aquin]   Sam 28 Mar - 22:36

"Je suis bien aise de vous voir ici, m'amie. En effet, j'ai bien cru que mon message ne vous parviendrait pas à temps. Ainsi c'est un réel soulagement pour moi !".

*Il arqua son bras et ouvrit l'autre afin de l'inviter à s'avancer vers les confortables fauteuils de son auguste intérieur. Du tissu d'Italie, oui, oui, comme il se doit ! Combien ? Une fortune ! Oui ! Il la précédait*.

"Vous allez pouvoir savourer le présent que je vous dédiais, fit-il tout sourire ; puis à l'un des valets, poussez-vous de la vous !... je ne sais si cela sera assez beau pour vous...".

"Assez beau pour elle ? Ahh cela, Monsieur...".

"On vous a sonné, vous ?".

*Et de lancer un regard suffisant allant de haut en bas au petit vendeur, certainement plus proche du rat que du marchand. Il poussa un bref soupir puis disposa un peu mieux le siège afin que sa belle puisse choisir tout à son aise. Il fit signe aux deux autres hommes d'avancer et de placer le chevalet... ce qu'ils firent, ouvrant les deux pans de bois renfermant les bijoux montés en présentoir. De véritables merveilles d'orfèvreries ! Des colliers couverts de pierreries, travaillés d'arabesques et autres moulures exquises. De rangées de perles en rivières de diamant, il n'y avait que l'embarras du choix. Le petit marchand un peu rondelet se dandina d'un pied sur l'autre et vint immédiatement présenter sa marchandise :*.

"Ici même vous avez les pierres précieuses. Au milieu, ce sont les perles... de culture, bien sûr, de culture ! Et là, oui juste là, le métal précieux agrémenté ou nom de pierreries ! Les camés sont à côté, comme vous pouvez le voir. Je vous laisse faire votre choix, Madame. Bien que tous vous conviendraient à merveille...".

*Il lui tendit un large sourire enjoleur, se frottant doucement les mains. Son mari, quant à lui, se racla la gorge, plus raide encore*.

"Oui, certes. Nous verrons".

*L'homme lui adressa un bref regard puis se détourna de côté pour mieux grimacer en douce. Il reprit un air tout en jovialité, se penchant un peu plus sur Marguerite*.

"Alors ? Qu'est-ce qui vous ferait plaisir, Madame ? -il se tourna vers son présentoir- Voyez ? Je suis persuadé qu'afin de réhausser votre teint d'opaline un collier de jade, d'émeraude et de corail serait le bienvenu ?".

*Il en sortit alors un magnifique collier pendant sur trois niveaux, travaillé d'or fin, de jade, d'émeraude et de corail. Il le tendit ouvert et le porta d'autorité à la gorge de la jeune femme, plissant les yeux afin de mieux observer l'effet...*.

"Je ne suis guère convaincu, fit-il en grattant le haut de sa perruque trop enfarinée, Monsieur, s'il vous plait ?".

*Et Antoine d'un air stupéfait, hésitant à comprendre que l'on s'adressait à lui et de la sorte en plus*.

"Voulez-vous tenir le collier de Madame afin que j'ai plus de recul pour mieux me rendre compte ?...".

*Il y eut un instant d'hésitation, puis...*.

"Volontiers".

*Le médecin lui feint un sourire poli tandis que le petit homme tout engoncé dans son beau costume bleu ciel et fait de dentelles se reculait pour mieux apprécier la vue... Une ride scindant son front, ses doigts caressant son menton, il était plongé dans une réflexion tout propre aux hommes de sa fonction : alors ? A combien je le leur fais celui-là ? Ils ont une tête de pigeon ou... ?*.

"Notez à quel point la situation pourrait être cocasse, glissa d'Aquin à son épouse du coin de la bouche, il me suffirait de serrer davantage le collier à votre gorge pour vous étrangler...
Je me demande alors si le teint de ce pauvre petit camétiste virerait à un blanc aussi pâle que sa perruque !".


*Il étouffa un bref gloussement et considéra sa pauvre victime grassouillette les larmes montées aux yeux sur un plus franc sourire, cachant cette écartade*.

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MessageSujet: Re: Rien n'est trop beau pour elle [PV Mme d'Aquin]   Sam 11 Avr - 20:44

"J'espère bien que ce n'est pas de m'étrangler que vous mourrez d'envie, mon cher époux!!".

*A ces mots, d'Aquin s'affaissa de rire, lâchant le bijoux par la même occasion qui retomba sur les genoux de sa femme. Il tue rapidement son rire d'un geste, regardant ailleurs d'un air de ne pas y avoir touché puis il se reprit de manière nettement moins confuse*.

"En m'excusant platement, Monsieur...".

*Le camétiste -qui certes devait en avoir vu d'autres- acquiesça d'un léger signe de tête aimable sur un sourire tout en bonhomie. Il lui passait cette écartade bien sûr, cela allait de soi ! Et de reprendre :*.

"Cette parrure vous sied-t-elle, Monsieur ? Je suis forcé d'admettre qu'elle habillait Madame à merveille".

*Et Antoine de ne parvenir à se contenir... il ne savait trop pourquoi d'ailleurs ? Qu'est-ce qui avait bien pu déclencher ce fou rire ? La remarque de Marguerite ? Le sourire non moins charmant du marchand ? L'idée que la farce aurait pu être cocasse ? Il imaginait déjà ce pauvre petit homme se jeter au secours d'une Marguerite étouffante sous ses doigts, et lui de répliquer en tout bien tout honneur : "laissez, laissez ! Je suis médecin !". Hahaha, belle plaisanterie que celle-là !

Ledit médecin battit des paupières, suffoquant, faisant éventail de sa main tandis qu'il peinait réellement à reprendre son sérieux. De leur côté, le camétiste et ses valets demeuraient cois. Et Antoine d'ajouter entre deux rires :*.

"Nous prenons celui-là ! Il est parfait... parfait...".

*Notez qu'il n'avait pas demandé son avis à Marguerite ! Mais il fallait l'excuser... l'idée d'enfin se retrouver seul avec elle pour célébrer ce jour glorieux le tiraillait trop et il fallait en finir.
Le marchand accrocha la parrure au cou de l'heureuse bénéficiaire et annonça, dans un tout grand sourire, le prix à son acheteur :*.

"780 écus, Monsieur le Comte".

*Et là... tonnerre ! Liquéfaction immédiate du visage jovial et heureux dudit Marquis qui, mince !, ne s'attendait pas à celle-là. Il ravala son sourire ainsi que sa surprise et reprit sur un ton des plus polis :*.

"Combien ?".

*L'homme fit mine d'effectuer un bref calcul... et de se répendre en vastes explications vaseuses comme quoi, oui, la main d'oeuvre coûtait cher, oui... que, par un malheureux hasard, le cours du métal précieux avait influé cette année, oui... qu'il n'était plus possible de trouver des pierres de qualités hormis dans nos colonies, si, si... que c'était vraiment un monde, désormais, d'avoir à autant payer ces fraix de déplac...*.

"Ca va, j'ai compris".

*Et de terminer sur un divin sourire :*.

"L'agent des comptes, Monsieur Saugnat, vous remettra ce que je dois. Vous n'aurez guère de mal à le trouver, son bureau est non loin de celui de Monsieur le Ministre Colbert. Il se fera un plaisir de vous servir...".

*Ou l'art de faire passer dépense personnel sur compte professionnel au frais de la princesse... enfun du Roi.
Le petit homme s'effaça en une gracieuse -mais ridicule !- courbette tandis que ses gens remballaient ce qu'ils avaient déployé*.

"Et tout le plaisir fut, bien sûr, pour moi, Messieurs Dames. J'aurais grande joie à faire affaire avec vous à nouveau".

"Certes".

*L'homme se courba à nouveau, tout sourire, puis finit par se saisir de la porte et par disparaître... cette dernière se claqua légèrement, les laissant seuls à présent.
Et Antoine de se rendre compte que dans tout ce tintamarre il n'avait accordé que très peu d'importance à son épouse*.

"Vous êtes ravissante, assura-t-il en la contemplant, avec ce bijou...".

*Et de reprendre après une pause gênée*.

"Même sans aucune toilette vous l'êtes aussi, ne craignez rien !".

*Il haussa les épaules et vint s'agenouiller tout près d'elle, saisissant ses mains fines et longues pour les serrer dans les siennes avec admiration. Il les baisa, moment de bien être ultime et d'amour qu'il espérait partagé...*.

"Vous ici, mon aimée, avec moi. Enfin...
Joyeux anniversaire, mon ange".


*Et il déposa doucement sa tête sur ses genoux, attendant qui sait?, une petite caresse...*.

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