L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 Promenade galante des amants terribles (PV Grande Mademoiselle)

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Lauzun
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MessageSujet: Promenade galante des amants terribles (PV Grande Mademoiselle)   Mar 12 Jan - 19:49

Lauzun se dirigeait d'un pas décidé à travers les allées des jardins vers le lieu de rendez-vous convenu avec Mademoiselle. S'il ne faisait aucun doute qu'elle lui conservait toute son affection malgré les récents déboires, il se devait d'entretenir leur relation en lui concédant quelques moments d'intimité, ne serait-ce que pour se faire pardonner ses écarts. Qui plus est, il fallait apaiser le caractère impétueux de sa glorieuse maîtresse, laquelle, tout comme lui du reste, était fort prompte à s'emporter ; c'était là leur principale faiblesse à tous deux. Actuellement, la Grande Mademoiselle boudait Sa Majesté pour avoir refusé de se plier à ses demandes, mais reprochait aussi à Lauzun son assiduité auprès de Mme de Monaco. Il allait falloir la convaincre, et ce ne serait pas aisé car la dame avait un fort caractère même s'il y avait peu de choses qu'elle refusait à Lauzun. Leurs fréquentes disputes autant que leur liaison inaltérable alimentaient régulièrement les rumeurs de la Cour.

* Comment vais-je m'y prendre ? Si je flatte, elle sera furieuse... Si je me fais trop doux, elle me reprochera de chercher à me faire pardonner... Et par quoi commencer ? Dois-je la laisser prendre l'initiative de la tournure de la conversation ? Ou bien au contraire me lancer le premier ? Evoquer d'abord la question du Roy en espérant éviter ainsi celle de Mme de Monaco ? Nous verrons bien de quelle humeur sera la duchesse... Et si elle me fait quelque reproche, eh bien j'attaquerai, c'est une tactique qui en principe fonctionne... *

Il s'assit sur le banc convenu, au détour de l'une des allées, et attendit donc. La journée était clémente, un soleil généreux mais point trop ardent rayonnait dans un ciel sans nuage. En plus du reste, il lui faudrait suggérer à Mademoiselle de lui accorder quelques subsides en prévision du déplacement de la Cour pour St-Germain ; le rituel quotidien y était moins formel, mais les divertissements plus coûteux. Il avait d'ailleurs déjà commandé à son tailleur quelques tenues de circonstance. Il était tout à ses calculs, quand lui vint une idée.

* Rien ne ravit tant Mademoiselle que les escapades durant lesquelles elle peut échapper à la Cour. Je vais donc lui proposer tout simplement de nous retirer quelques jours à la campagne... Cela me privera provisoirement de veiller à l'avancée de mes affaires, mais le Roy semble à nouveau assez bien disposé à mon égard pour que je me permette de m'absenter furtivement... *

Heureux de son stratagème, le comte arborait un grand sourire, assis sur son banc.
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Lauzun
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MessageSujet: Re: Promenade galante des amants terribles (PV Grande Mademoiselle)   Jeu 14 Jan - 20:18

Mademoiselle ne tarda pas à arriver, juste avec ce qu'il convenait de retard à une princesse de sang royal. Lauzun se leva, s'inclina respectueusement et baisa tendrement la main qu'elle lui tendit ; poussant jusqu'à ce que ses lèvres effleurent la peau délicate, entorse aux règles strictes de la bienséance mais usage discret en public de ceux qui sont amants. Ils se connaissaient bien, et il ne lui échappait pas malgré les apparences que sa glorieuse maîtresse était contrariée.

- M'amie, c'est moi qui suis fort aise de pouvoir enfin goûter à quelque moment qui n'appartienne qu'à nous. S'il ne tenait qu'à moi, je vous accorderais chaque seconde de ma vie, vous le savez bien. Hélas ! Votre cousin nous tient chaque jour un peu plus en cage, et cela devient même souvent la fosse aux lions ! Peu d'instants de répit, et sans cesse des intrigues ou rumeurs à contrecarrer, je ne vous apprends rien en disant cela. Depuis notre fâcheuse affaire, je me dois d'être assidu à la moindre de mes obligations... L'on m'épie, l'on guette le premier faux pas... Car je suis convaincu que, malgré l'assurance de votre affection et la sympathie dont me fait la grâce votre cousin, l'on cherche par divers moyens à m'abattre pour de bon...

Les intrigues de Cour étaient un sujet sensible. Mademoiselle, aussi fantasque que lui mais ayant l'avantage d'être mieux née, s'en accommodait fort mal. Le sachant, il comptait sur cet aspect de la vie à Versailles pour se tirer par une pirouette d'une situation embarrassante. Il lui offrit son bras.

- Souhaitez-vous, ma très chère, ajouta-t-il avant de la laisser répondre aux paroles qu'il venait de prononcer, que nous prenions place sur ce banc ou préférez-vous que nous marchions un peu tout en conversant ?

Lauzun avait rarement de scrupules sitôt qu'il s'agissait d'asseoir ou d'améliorer sa position, de caresser son penchant pour les honneurs. Mais quelquefois, dans de furtives occasions privées, le masque se fêlait. Ce matin, il était ainsi ému par la Grande Mademoiselle, sa grande solitude de princesse de haut lignage dont il tirait parti... Ils se ressemblaient à bien des égard : l'une était une dame des plus nobles et des plus fortunées, et cependant contrainte de plier ses aspirations aux obligations écrasantes de son rang ; l'autre, parti de presque rien, devait en permanence jouer le rôle qu'il s'était créé, au risque de perdre le fruit de tous ces efforts. Mais lui jouissait au moins du privilège d'avoir fait de ses extravagances la base de son essor. En fin de compte, si leurs destins étaient liés, ce n'était pas un hasard, et pourtant quelle tristesse que celui de Mademoiselle de devoir se contenter, elle qui eût pu prétendre à tout ce qu'il y avait de plus brillant, de l'amour tiède d'un parvenu... Il chassa bien vite ces pensées. Lauzun ne saurait laisser quelque faiblesse d'Antonin entailler son personnage, c'était indigne d'un Caumont !
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MessageSujet: Re: Promenade galante des amants terribles (PV Grande Mademoiselle)   Ven 22 Jan - 3:21

Lauzun connaissait assez Mademoiselle pour savoir qu'elle était contrariée tout en n'en voulant rien laisser paraître. Sans doute à propos de Mme de Monaco ; et dire que le comte avait en cela essuyé un échec, voyant le Roy lui souffler la belle ! Comble de malchance ! Il risquait de mécontenter Mademoiselle avec une histoire qui n'avait jamais commencé. Cependant, c'était peut-être un tout petit prix à payer pour les écarts dont l'écho n'était pas parvenu aux charmantes oreilles de sa princière maîtresse.

- M'amie, je vous en conjure, ne laissez point votre coeur se troubler à l'écho des méchants commérages que les dames de la Cour colportent à l'envi. Même si je sais bien combien parfois ils peuvent être cruels. Sa Majesté serait toute prête à me pardonner tout à fait, mais pas Mme de Montespan, je le crains... Elle remâche encore cette insulte de "p***e à chien" qui m'a échappé... Mais je ne puis renier mon sang gascon, et parfois il me monte à la tête...

Venait le plus délicat, car la princesse n'était sûrement pas dupe. Il fallait expliquer les fêtes, les jeux, plaisirs et autres futilités qui le tenaient éloigné d'elle. Foi de Caumont, il s'en tirerait par l'humour et la flatterie !

- Quant aux fêtes, je n'y parais que parce que l'on m'en fait obligation. Comme j'aimerais plutôt que nous puissions nous retirer quelque temps seuls, loin des regards, en l'une quelconque de vos terres, comme aux premiers temps de nos amours... Mais hélas, ne point paraître aux festivités données par Sa Majesté serait interprété comme un affront. Il est encore trop tôt, sans doute. Nous ne nous appartenons pas, madame, nous appartenons à notre Roy et à notre rang. Et enfin pour les beautés que la Cour sème sur mon chemin, reprocherez-vous à un homme de les goûter des yeux ? Voyez toutes ces fleurs qui déjà nous entourent, belles et délicates sous les rayons du soleil : est-ce parce que j'en apprécie la vue que je m'en vais les cueillir pour m'enivrer de leur parfum ?

Pirouette verbale ! Lauzun était content de lui, sans être certain que cela suffirait. A présent venait le temps de la diversion. Mademoiselle voulait se promener, l'on se promènerait donc. C'était là une excellente idée, et l'occasion de montrer que leur relation n'était en rien ébranlée par les circonstances.

- Sa Majesté fait merveille en ses jardins de Versailles ! Ce ne sont que ravissements pour les yeux, invitations au rêve et à l'amour. Prenons cette allée-ci, voulez-vous ? Pour la question de notre mariage, il ne faut point désespérer. Mais cette fois, nous devrons avoir la parade pour contrecarrer les intrigues de ceux qui s'y opposent. Le Roy a cédé une fois, il cèdera encore... Il suffit de choisir le bon moment, quand nul ne pourra s'interposer. Patience et méthode sont la clef qui nous conduira à l'autel, m'amie.

Il savait qu'en parlant du mariage, il engageait Mademoiselle sur un terrain qui lui tenait à coeur et était susceptible de lui faire oublier le reste. Ne restait plus qu'à glisser son idée de s'échapper l'espace de quelques jours... avant que d'obtenir les fonds pour les dépenses déjà engagées, mais cela viendrait un peu plus tard.

- Ma très chère amie, dit-il en prenant ses mains dans les siennes et en la regardant tendrement dans les yeux, s'arrêtant face à elle. Laissons-nous aller à quelque folie, comme lorsque nous nous sommes connus. La Cour s'apprête à quitter Versailles pour St-Germain, une occasion rêvée pour nous éclipser sans être remarqués. Dans tout le palais, on fait les malles, on démonte le mobilier, déjà les premiers convois se mettent en route. Profitons de la cohue qui se prépare pour nous échapper quelques jours, seulement vous et moi... Que je puisse me faire pardonner ce manque d'assiduité qui nous est cruel à tous deux !
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MessageSujet: Re: Promenade galante des amants terribles (PV Grande Mademoiselle)   Lun 1 Fév - 11:42

Lauzun se trouvait fort embarrassé, car il était bien présent à ladite soirée ; mais incognito sous le masque, car en galante compagnie. Il s'était du reste rapidement éclipsé, puisque son cousin La Force donnait au même moment une fête fort privée dans l'hôtel versaillais d'un sien ami. Jamais il n'oserait parler à Mademoiselle de cette soirée-là ; libertin comme presque tous les Caumont, le duc de La Force avait en effet pour l'occasion requis les services des catins les plus en vue de Paris, lesquelles assurèrent un fort charmant spectacle... et d'inavouables amusements ! Malgré son grand âge, La Force conservait un goût immodéré pour les plaisirs !

- Vous vous faites cruelle, m'amie, se plaignit-il en espérant ainsi détourner les reproches. Certaines langues vipérines devancent ce que l'esprit, même le plus noir, ne saurait concevoir... Si je ne suis point paru audit bal masqué, c'est que je fus retenu auprès de mon parent le duc de La Force. Je l'ai trouvé fort las et, étant donné son âge avancé, je crains qu'il ne lui prenne cette langueur fatale aux vieillards... Aussi, malgré le plaisir que je me faisais de cette fête, et de m'y divertir en votre compagnie, je n'ai point eu le coeur d'abandonner ce vieil homme auquel je dois tant...

Ce n'était après tout là que demi mensonge, puisqu'il était effectivement en compagnie de monsieur de La Force. Restait à espérer que Mademoiselle ne vienne pas trop vite à se rendre compte que le duc de La Force se portait comme un charme ! Il préféra ne pas s'apesantir et saisit au vol les propos de sa maîtresse quant à la favorite royale.

- Je n'osais vous le demander, ma très chère ! , répondit-il d'un ton caressant. Mme de Montespan a hélas la rancune aussi tenace que ses charmes tiennent le Roy prisonnier... Mais si vous pensez pouvoir la fléchir, par l'honneur que vous lui ferez de votre amitié, je vous en serais éternellement reconnaissant. Nul n'a plus de pouvoir qu'elle sur le coeur du Roy...

Le répit fut hélas de courte durée. Avec la remarque sur les fleurs revenaient les reproches. Mademoiselle comptait au nombre de ces femmes pour lesquelles la jalousie est un art qui se cultive et s'entretient ; et elle ne perdait jamais une occasion de pimenter leurs relations de petites scènes que bien souvent, il fallait l'avouer, Lauzun avait bien cherchées... Mais il ne se sentait pas ce jourd'hui d'affronter une nouvelle dispute, ni des justifications à n'en plus finir ; sans doute les effets secondaires de la fameuse fête... Aussi s'efforça-t-il de couper court avec une pirouette verbale.

- Fort bien, m'amie, dit-il en prenant la rose et en l'accrochant à son habit, je tâcherai de retenir la leçon... Pourtant, je puis vous assurer que nulle de ces fleurs, si suave soit leur parfum et si doux leurs pétales, n'égalera jamais en mon coeur la douceur de votre grâce et le bonheur d'être aimé de vous...

Par l'un de ces brusques changements d'idée dont les femmes seules ont le secret, elle mordit bientôt à l'hameçon de l'affaire du mariage. Mademoiselle s'entêtait dans cette voie où Lauzun, quant à lui, n'était plus tout à fait certain de vouloir s'engager : jalouse en tant que maîtresse, quelles scènes lui réserverait-elle si le Roy finissait à consentir à leur union ? En même temps, s'allier à un tel nom et à une telle fortune porterait sa carrière de courtisan à des sommets inespérés... Mieux valait, quoi qu'il en soit, ne pas contrarier Mademoiselle sur ce point.

- Hélas, ma chère, il ne manque point d'adversaires à l'idée de nos épousailles... Les ministres ne voient pour l'essentiel en vous qu'une monnaie d'échange, si je puis me permettre, dans leur vision de la politique étrangère du royaume. Au sein même de votre famille, on se refuse à consentir à ce que l'on considère comme une terrible mésalliance... Quant aux courtisans les plus influents et les plus intrigants, nul doute qu'ils mettent tout en oeuvre pour nous priver d'un bonheur qu'ils jalousent... La meilleure des choses, pour le moment, est de gagner du temps, car ce dernier joue en notre faveur. A repousser tous les princes que l'on vous propose pour époux, il n'en restera bientôt plus aucun qui soit en âge de prétendre devenir votre mari. Au moins ce danger-là sera-t-il écarté ! Pour le reste, comme vous le proposiez à l'instant, si vous parvenez à gagner à notre cause Mme de Montespan, alors nous aurons tous les atouts de notre côté pour convaincre Sa Majesté de consentir pour de bon cette fois !

Mademoiselle refusait enfin de s'éclipser de la Cour quelques jours, pour goûter ensemble quelques moments de liberté. A vrai dire, Lauzun s'en trouvait soulagé... il en eut honte un instant, mais cela ne dura pas. Il profita de ce qu'elle l'invitait à plus de légèreté pour chasser tous ces sujets de tracasserie. Il l'entraîna dans une allée où se promenaient également de petits groupes de courtisans : il entendait montrer à tous que tout allait pour le mieux entre la princesse et lui, et triompher ainsi des médisances. Il saluait aimablement au passage d'un signe de la tête, portant la main à son chapeau, et aussitôt après s'empressait de railler à l'oreille de Mademoiselle ceux qu'ils venaient de croiser. Sa royale maîtresse y trouvait une revanche sur une Cour qu'elle méprisait, et lui le plaisir de rire aux dépens d'autrui...

- Vous ne m'en voudrez point, ma très chère, glissa-t-il incidemment, si j'ai engagé quelques dépenses pour des commandes en vue du déplacement de St-Germain... Quelques frivolités propres à nous faire tenir le rang que l'on attend de nous, puisque l'on y annonce quelques brillantes réceptions. Rien de bien important, mais je tenais à vous en tenir informée...
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