L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]

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Jean-Baptiste Colbert
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MessageSujet: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Jeu 17 Sep - 20:03

Colbert venait la veille de finir un de ses bilans. Et pour tout dire, le bilan était peu brillant. Oh certes, le déficit n'avait pas été creusé plus que prévu, il y avait veillé et s'était acharné à la tâche pour l'empêcher. Mais en relevant les dépenses les plus coûteuses, certaines se démarquaient des autres. Pour certaines d'entre elles, elles étaient plus qu'indispensable : que ce soit pour maintenir le niveau de vie de Versailles, une image de prestige de la France et de son Roy, que ce soit pour les troupes armées et les différentes guerres de ci ce là, ou que ce soit pour le aménagements tous plus grands les uns que les autres qu'ils avaient entrepris, dans Paris, en France et dans le Royaume en général. Mais d'autres... Notamment les dépenses de certains Courtisans. Ou plutôt de certaines Courtisanes... Nombre de ses dépenses soit disant chargées d'assurer un train de vie décent aux plus proches de sa Majesté devenaient de plus en plus exagérées, indiscutablement farfelues et inutilement onéreuses. Comme celles d'une certaine Montespan.

Mais voilà, le faire remarquer au Roy en personne s'avérerait inutile. Louis risquerait même de très mal le prendre, même s'il n'irait as jusqu'à prendre son ministre en grippe pour si peu... n'est-ce pas ? Hum... à voir. Ils avaient beau travailler de concert pour la grandeur de l'Etat et se connaître depuis bien longtemps, Colbert n'était pas bien sûr de la réaction du soleil face aux récriminations qu'il pourrait avoir contre l'une des favorites et des femmes les plus proches du Roy. Donc non, inutile d'aller lui parler de ce méfait. En fait, tout bien compter, mieux valait tenter d'en parler à la principale concernée, dans un premier temps. Même s'il doutait réellement parvenir à lui faire entendre raison. Du moins aurait-il essayé. Et il aviserait ensuite. Bon, ses rouages pourtant bien huilées d'ordinaire, semblaient bloquer sur le "ensuite", mais chaque chose en son temps. Qu'il essaye d'abord... il verrait... plus tard...

C'est ainsi, sur ces bonnes résolutions, que Colbert errait dans le château, un stratagème des plus simples mais souvent des plus efficaces, en tête. Quel stratagème demandez-vous ? Et bien tout simplement celui de rencontrer directement la Montespan. De la rencontrer soit disant fortuitement, par le soit disant plus grand des hasard... Une rencontre inopinée, pas si inopinée que ça, par une malencontreuse bousculade, pas si malencontreuse que ça... Quel étrange hasard que cette rencontre se soit produite si près des appartements de la Montespan, n'est-ce pas ? Oui, mais voilà, il fallait justement faire passer ladite bousculade pour réellement inopinée et malencontreuse et donc ne pas errer de façon trop suspecte. Heureusement, Colbert avait des informateurs très bien informés qui connaissaient assez bien les habitudes de la jeune femme. Il savait donc que dans quelques minutes elle ne tarderait pas à sortir pour sa sortie quotidienne dans les jardins royaux. Il errait ainsi, lentement mais sûrement, priant Dieu et tous ses comparses, que la Montespan ne déroge pas exceptionnellement à ses habitudes, rien que pour l'embêter, et marchait d'un pas faussement tranquille, tête baissée, semblant plonger dans ses songes.

Et alors qu'il commençait à désespérer de parvenir à mettre son complot en marche aujourd'hui, et qu'il s'apprêtait à regagner son bureau, il eut la grande joie de voir la Montespan enfin sortir, entourée de sa cour habituelle. D'un pas soudain plus assuré, et plus déterminé que jamais, Colbert, toujours tête baissée, mimant une intense réflexion, se dirigea vers elle. Et la bouscula, alors qu'ils étaient assez près d'un escalier. Ce qui faillit bien faire renverser la Montespan du haut des escaliers vers les abysses du château. La terrible chute ne fut évitée que grâce aux étonnants réflexes du Ministre, qui rattrapa la jeune femme par la taille, lui évitant de se rompre à coup sûr le cou. Qui eût cru qu'un Ministre de son acabit puisse avoir de tels réflexes d'ailleurs ?


- Je vous prie, Madame, de bien vouloir me pardonner cette étonnante maladresse, fit-il aussitôt, d'un ton poli, tout en défaisant sa prise assurée de sur la nymphe qu'il tenait dans ses bras. J'étais encore plongé dans mes réflexions et ne vous avais pas vue. Ce qui est un comble et un grave manquement à la bienséance que de manquer d'admirer ainsi votre beauté.

Une petite révérence, un léger sourire, comme rarement il en offrait, et il espérait que la partie "engagement de conversation" était gagnée. Avec un peu de chance, peut-être l'inviterait-elle à se balader avec elle pour poursuivre une charmante, pas forcément si charmante que ça, conversation.
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Athénaïs de Montespan
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Ven 18 Sep - 15:32

* La marquise de Montespan se trouvait dans ses appartements, à se préparer pour assister à la répétition générale de la nouvelle pièce que Mr Molière préparait. Elle était en compagnie de sa petite Cour habituelle, Louise de la Vallière, la Duchesse de Montpensier, Bonne d'Heudicourt, la Duchesse de Richelieu, et ses femmes de chambre l'aidaient à se préparer. Les railleries et plaisanteries fusaient en tous sens et des éclats de rire se faisaient entendre. La belle marquise était couverte de compliments admiratifs de la part de ses amies et dames de compagnie. Elle avait grondé une ou deux fois une suivante qui lui avait tiré trop fort les cheveux ou mal accroché une pierre, alors elle l'avait congédiée et demandé à Louise de la Vallière de le faire à sa place, prétextant que personne ne le faisait aussi bien que cette chère Louise, histoire de la ridiculiser un peu plus et lui faire entendre que sa place n'était plus à la Cour, mais bel et bien dans un couvent. Mais Louise, aussi triste et baffouée fut-elle, résistait. Le Roy, d'ailleurs, malgré qu'il commençait lui aussi à prendre un certain plaisir à railler son ancienne favorite, ne s'était pas résigné à la laisser partir, au grand regret d'Athénaïs qui supportait de moins en moins de la savoir toujours dans ses pattes.

Quand enfin elle jugea qu'elle était suffisamment parée, coiffée, que ses chaussures étaient parfaitement assorties à sa toilette, tout comme ses bijoux, la marquise frappa dans ses mains pour signifier que tout le monde pouvait se mettre en route. Les grandes dames présentes ne cachèrent pas leur impatience à l'idée d'assister au nouveau chef d'oeuvre théâtral de Molière. Athénaïs souriait, contente elle aussi de se divertissement.
Elle se leva de son tabouret, attrapa un éventail qui était posé sur la coiffeuse qui lui faisait face, et se dirigea vers la porte, suivie par ses accompagnantes. Les suivantes s'inclinèrent toutes, et l'une d'elle alla ouvrir la porte pour laisser sortir tout ce beau monde.

La favorite sortit la première, tout éclatante de beauté qu'elle était, suivie de près par ses "amies". Elles commencèrent leur marche en direction du petit théâtre. A sa droite se trouvait la Duchesse de Montpensier, à sa gauche la Duchesse de Richelieu, et toutes trois étaient en pleine discussion philosophique, par là entendez qu'elle spéculaient sur les répliques et le nouveau thème abordé par le grand Molière dans cette nouvelle pièce.

Athénaïs venait de sortir une phrase qui fit éclater de rire ses compagnes lorsque soudain Mr Colbert, qu'aucune d'entre elle ne vit venir, la percuta de plein fouet, la faisant lâcher son éventail et la faisant tomber à la renverse, au détour d'un escalier dans lequel elle manqua de tomber, la faisant pousser un cri d'effroi et de surprise, auquel toutes les dames se stoppèrent net. Fort heureusement pour la marquise, Colbert semblait avoir conservé certains réflexes, ce qui aurait pu surprendre si les dames avaient eu le temps de la réflexion sur les actions qui venaient de se dérouler, ce qui lui sauva la vie.

Elle lui faisait à présent face, le coeur battant la chamade, les yeux grands ouverts de terreur après ce qui faillit lui arriver. Elle avait pâlit en quelques secondes tant sa frayeur avait été grande. Tâchant de se ressaisir immédiatement, reprenant son souffle le plus calmement possible, Athénaïs contempla le vieux Colbert, répondant poliment à son sourire. *

-Mr Colbert. J'aurais pu dire que c'était un plaisir inattendu que de vous rencontrer ici. Malheureusement, au vu des circonstances, je ne puis affirmer que la seconde partie de l'affirmation. En revenche, je vous remercie de m'avoir empêchée de périr suite à votre maladresse, vous vous êtes fort bien rattrapé, ajouta-t-elle en glissant un petit sourire afin que de lui montrer qu'elle ne lui en voulait pas.

* La marquise le regarda s'incliner puis se relever, lui souriant toujours. L'incident était passé, plus de peur que de mal, fort heureusement. *

- Quelles réflexions pouvaient-elles tant vous acaparer que vous n'entendites pas un groupe de dames arrivant à votre rencontre ?

* Il était vrai que la question méritait d'être posée, comment un homme, aussi vieux, soucieux et absorbé de pensées fut-il, avait-il pu ne pas entendre cinq femmes discuter et rire dans un couloir?
Athénaïs ne prêta pas attention à Louise qui s'était baissée pour ramasser l'éventail que la marquise avait laissé tomber dans la bousculade. *

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Dernière édition par Athénaïs de Montespan le Lun 12 Oct - 11:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 12 Oct - 1:51

Le charmant sourire qu'elle lui offrit en retour du sien ne fit aucun effet sur Colbert, qui n'était peut-être pas insensible aux charmes féminins, mais qui savait pertinemment bien combien il pouvait être dangereux de se laisser emporter à certains charmes, notamment à ceux d'une des plus grandes favorites du Roy. Donc non, Colbert fut assez insensible à ce sourire, qu'il prit comme une pure marque de politesse plus qu'autre chose. Et peut-être aussi comme une marque de pardon, lui montrant par là même que ce qui aurait pu être pris comme un affront était alors considéré comme un simple accident. Ou comme une maladresse. Il fallait dire... à son âge avancé... car oui, quand cela l'arrangeait, Colbert jouait aussi de son âge, étant parmi les plus anciens de la Cour sans doute. Tant qu'on ne le traitait pas de gateux, faire croire à une maladresse de ci ce là ne le gênait nullement. cela lui permettait souvent d'aborder un sujet bien épineux avec une personne bien délicate... comme ici même.

Mais passons sur ces subterfuges de ministre aux procédés parfois bien sournois et à la ruse serpentine. Comme il l'avait prédit, la Montespan lui tendit la perche, qui lui permettait de commencer une discussion. Sans toutefois attaquer de front, ce qui serait plutôt maladroit et lui ferait perdre tout bénéfice de cette semi-entrevue.


- Des réflexions de Ministre, je dois bien l'avouer. Des réflexions fort sombres parfois même, surtout quand il s'agit de jouer ainsi avec l'argent, le voir entrer, sortir, et voguer sans même avoir eu le temps de s'en apercevoir. Mais cela n'excuse en rien ce geste maladroit, j'en conviens, répondit-il d'une voix assurée.

Il s'empara alors délicatement de la main de la jeune femme et s'inclina légèrement pour lui offrir un léger baise-main. Comme rarement il en offrait en fait. Mais pour une fois, il pouvait bien daigner offrir ce geste. Il l'avait bien accordé à la Reine, ainsi qu'à la favorite précédente, pourquoi pas à celle-ci qui semblait d'ailleurs plus que s'incruster dans les bonnes grâces du Roy. Il était rare que le Roy autorise une femme à s'éterniser de la sorte auprès de lui... Et si elle plaisait tant au Roy, mieux valait que Colbert ne lui déplaise pas. Du moins pas outre mesure.

- Je me dois de me faire pardonner. Madame daignera-t-elle ma signifier ce qui la comblerait pour que ce geste ne soit plus qu'un mauvais souvenir refoulé aux confins de son esprit ?

Se disant, il lâcha doucement la main et se redressa, plongeant alors ses perles grises dans les iris de la jeune femme, comme s'il voulait lire en elle. Ou l'inciter à l'inviter à poursuivre en leur compagnie, qu'il puisse continuer doucement mais sûrement son petit discours dans sa lancée. Une lancée qui nécessitait cependant de prendre des pincettes et donc du temps, pour faire passer son message. Ou tenter de le faire passer. Le faire passe oui, mais pas au point de se mettre à dos cette femme redoutablement intelligente. Et redoutablement près du Roy.
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 12 Oct - 11:41

* Bien qu'elle sâche le ministre très engagé et concerné dans ses activités qui représentaient son métier, la marquise ne se doutait pas un instant que tout ceci, cette bousculade entraînant une rencontre puis une discussion, était prémédité, n'était rien d'autre qu'une mise en scène. Certes elle aurait pu imaginer que Colbert s'octroie le droit à de telles bassesses, mais jamais aussi directes. Elle en resta donc assez surprise.
Elle reprit l'éventail que Louise lui tendit doucement, tout en ne quittant pas ses yeux son interlocuteur. Athénaïs eut un petit sourire. L'argent, toujours l'argent, les pertes, le profit... Colbert n'avait que cela à la bouche. s'il n'avait pas été en face d'elle, la marquise aurait probablement dit à ses amies que ce monsieur devait même en parler dans son sommeil. Ce serait probablement le prochain sujet de raillerie. Elle eut un petit sourire amusé avant que de renchérir. *


-Vous êtes très impliqué dans vos fonctions, Sa Majesté ne s'est pas trompé en vous choisissant.

* Athénaïs se racla la gorge pour couvrir le bruit du gloussement de Bonne d'Heudicourt qui ne se serait pas privé d'éclater de rire si la Duchesse de Richelieu ne lui avait guère attrapé la main en la serrant un peu pour lui signifier de garder son calme.
Colbert proposait à la favorite un dédommagement? etait-il tombé sur la tête? Le choc avait-il été trop violent? La jeune femme eut donc un regard un peu surpris, qu'elle masqua avec un mouvement de tête penchée sur le coté. Il y avait anguille sous roche. Que cherchait-il? Essayait-il de lui faire dire quelque parole regrettable? Non, il savait bien que malgré le caractère de la marquise, elle ne s'emportait point pour si peu et ne disait jamais de stupidités. Mais qu'elle était le dessein souhaité par ce vieil homme? La curiosité y faisant, la favorite décida de faire un bout de chemin avec le ministre, si cette proposition pouvait l'intéresser, afin d'en avoir le coeur net. *


-Eh bien, je réfléchirai à cela, Mr Colbert. Peut-être que votre compagnie chemin faisant m'aidera à oublier ce triste incident?

* Bien sûr, elle n'avait pas quitté des yeux le regard gris du ministre. Ce regard d'ailleurs lui donnait froid dans le dos.
Colbert refuserait peut-être d'accompagner les dames aux répétitions d'une pièce de Mr Molière, qu'il jugerait sans doute couteuse, trop couteuse... Mais pour le Roy, rien n'était trop couteux lorsqu'il s'agissait de divertissements. Il fallait en mettre plein les yeux à la Cour, l'enfermer dans un monde de plaisirs et d'attractions pour que les courtisans n'en sortent jamais, de manière à les avoir sous les yeux et les empêcher de comploter. Cette méthode était rusée, certes, mais... couteuse! Pauvre Colbert ! Avec un Roy tel que Louis, son métier n'était pas des plus aisés, il fallait en convenir. *

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Jeu 15 Oct - 0:40

Colbert n'était pas bien sûr d'aimer ce sourire qu'elle lui offrait. Mais la bienséance, qu'il avait déjà outrageusement écorchée, et ce en connaissance de cause, l'obligeait à ne pas émettre le moindre doute à voix haute quant aux intentions réelles de la Montespan à son égard. Tout comme elle-même n'émettrait pour rien au monde les doutes qu'elle pouvait avoir sur cette soit-disant malencontreuse rencontre de façon directe. Tous deux étaient suffisemment intelligents pour savoir ce qu'ils pouvaient se permettre ou non. Et Colbert était loin d'être assez idiot pour commettre l'impair de mésestimer cette dame qui avait su ravir, si ce n'est le coeur, du moins l'attention, du Roy. C'était une dame hautement intelligente, et il était aisé de voir qu'elle avait parfaitement compris son petit jeu. Pouvant difficilement trouver une raison officielle réellement valable pour la faire venir à lui, sous peine de s'attirer les foudres, voire plus, de sa Majesté, il était venu à elle. Par moyens détournés, bien entendu. Il se voyait mal se rendre aux appartements de la gente dame, lui qui était si peu coutumier des visites de courtoisie. Il aurait eu l'air fin ! Bon, certes, il n'avait pas l'air plus fin à l'heure actuelle, mais au moins n'avait-il pas à se justifer maladroitement par un prétexte fallacieux devant toute sa cour. Il pouvait aisément faire passer tout cela sous son air concentré et pensif, et sous sa maladresse de vieil homme...

- Vous êtes très impliqué dans vos fonctions, Sa Majesté ne s'est pas trompé en vous choisissant.

- Sa Majesté ne se trompe jamais dans ses choix, quelqu'ils soient, c'est un fait, concéda-t-il, avec un léger sourire.

Il était rare qu'il sourit, mais il fallait bien en l'occurence qu'il y mette les formes. Colbert se permit toutefois de froudroyer du regard la femme qui avait commencé à glousser telle une canne en chaleur, certainement s'amusant à ses dépends. La Heudicourt, reconnut-il, lui accordant presque une oeillade méprisante, face à tant de manque de retenue devant lui. Mais il continua en allant jusqu'à proposer un dédommagement à la Montespan. Comme il s'y était attendu, elle n'était pas dupe. Mais au moins le message était passé : je vous achète, vous achetez les autres, et tout le monde est content. Ainsi était Versailles, et Colbert, Surintendant des Finances le savait peut-être plus que les autres encore. Il savait aussi attiser sa curiosité, car si elle comprenait qu'il achetait sa présente clémence, elle ne savait pas encore pourquoi. Et Colbert était en outre réputé pour ne pas souvent se déplacer en personne pour ce genre de... pourparlers. Mais il n'avait pas non plus affaire à n'importe qui à cet instant : il s'agissait de la favorite du Roy. Et il ne fallait jamais négliger une favorite, qui pouvait, sous bien des aspects, avoir une haute influence sur son amant. Surtout quand il s'agissait d'une favorite si intelligente et si vive d'esprit.

- Je ne puis refuser une telle invitation, susurra-t-il alors, tel le serpent ayant enfin obtenu ce qu'il souhaitait, à savoir une place de choix près de sa proie.

Il fit alors signe à la Montespan de lui indiquer le chemin, tout en lui offrant le bras. Ils pourraient ainsi continuer à converser, Colbert guidant bien entendu la conversation vers là où il voudrait, sans que les courtisans ne les entendent trop.

- Puis-je oser vous demander où vous vous rendiez de si bonne humeur ? Entama-t-il alors la conversation.

Et se demandant, il énumérait déjà dans sa tête toutes les folles possibilités : une simple ballade au parc serait fort possible, mais peu dans les habitudes de la jeune femme, de ce qu'il en connaissait. Ou du moins pas sans raison. Non, personnellement, il optait plus pour soit son perruquier, quoique celui-ci se déplaçait plus souvent dans les appartements des courtisans, soit pour essayer une nouvelle robe, ou se pavaner avec sa dernière robe acquise si chèrement... ou peut-être pour aller montrer son nouveau bijou à la Cour ? Ou peut-être pour montrer toutes ses nouvelles parures lors d'un spectacle quelconque... Bref, que des choses horriblement couteuses dont le prix lui montait déjà à la tête rien que d'y penser.
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Jeu 15 Oct - 13:01

* La marquise, toujours très attentive aux moindres gestes (des fois qu'il lui prenne la lubie de la pousser de nouveau dans un escalier) et paroles (qui pouvaient parfois s'évérer aussi tranchantes que les siennes) du ministre surintendant des finances, remarqua à sa réplique "Sa Majesté ne se trompe jamais dans ses choix, quelqu'ils soient, c'est un fait", on aurait pu croire que c'était une découverte pour elle. Elle avait simplement constaté cela pour justifier les soucis du sieur Colbert, non pas pour qu'on lui rétorque comme si ce fut une découverte, qu'effectivement le Roy savait s'entourer! Bien sûr qu'elle le savait! N'était-elle pas elle-même dans son entourage? Elle ne pu s'empêcher de sourcillier à cette réplique, mais n'y prêta bientôt guère plus d'attention. Il ne servait à rien de tiquer à toutes les piques lancées par ce cher Colbert, qui semblait parfois aigri de tout et ne savait pas s'amuser.

Athénaïs fut surprise de voir Colbert sourire. Depuis toutes ces années qu'elle était à la cour, et presque 4 ans qu'elle était plus... "proche" du Roy, elle n'avait encore jamais vu cet homme esquisser le moindre sourire. peut-être la situation ne s'y prêtait pas? Tout de même, en 4 ans, il peut y avoir quelques occasions de sourire... Mais pas lui, pas Colbert. Aussi, la stupéfaction s'empara d'elle durant les quelques secondes que dura ce pseudo sourire. mais quasi immédiatement, il eut un regard noir vers la Comtesse d'Heudicourt qui avait émis bruyamment son amusement face à la situation. Là, ce fut au tour d'Athénaïs d'arborer un sourire, cette fois des plus amusés.

Assurée de la décision de Jean-Baptiste Colbert de les accompagner, la favorite posa délicatement sa main sur le bras du ministre et tous reprirent leur marche. Elle sentait, intinct féminin, qu'il y avait anguille sous roche, et qu'il viendrait lui parler de quelque chose qui lui trottait en tête. Mais quoi? Elle n'avait pas fait faire au Roy de dépenses plus exorbitantes qu'à l'accoutumée... Elle saurait bien, de toutes manières, tôt ou tard la réponse. *


-Certes, vous pouvez. Nous nous rendons à la répétition d'Amphytrion.

* La marquise détourna alors son regard vers Colbert, pour examiner sa réaction. Elle se doutait que lorsque le Roy avait commandé cette pièce, il avait dû émettre certaines objections... ce qui ne laissait pas de l'amuser! *

-Mais puis-je à mon tour vous demander comment il se fait que vos réflexions, aussi intérieure et acaparantes fut-elles, vous aient entrainées aussi loin de votre bureau et vos quartiers?

* Elle avait un petit sourire en coin, ceci-disant. Elle savait que si sa réponse n'était pas sincère, elle le saurait. La question appelait la vérité, et peut-être que celui-ci ne pourrait ou ne voudrait pas la lui donner?*

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 19 Oct - 0:30

Bon, voilà. Sa présence au moins, à défaut d'être réellement acceptée, était au moins tolérée. Ses plans tortueux (car oui, il fallait avouer être tordu pour monter un plan pareil, mais encore une fois, c'était la méthode la plus réalisable, et la moins dangereuse pour sa position, qu'il avait trouvée pour approcher et aborder la favorite du roi. La convoquer aurait certainement été mal vu et très mal pris par ladite favorite et encore plus par le roy, et lui rendre visite aurait été s'abaisser ou se ridiculiser plus encore que dans la situation actuelle....), ses plans tortueux, disions-nous, semblaient suivre à merveille le chemin qu'il s'était imaginé. Et Colbert se félicitait, peut-être un peu tôt, de son esprit brillantissime.

Et c'est ainsi, que, côté à côte, la Montespan et le Ministre marchèrent d'un pas mesuré, sous les regards curieux des badauds qui passaient. La Cour n'avait en effet point pour habitude de voir ces deux personnages, pourtant célébrissimes, ensemble. Et ainsi l'un auprès de l'autre, ils semblaient briller par leur charisme si différent et si disparate : le jour et la nuit, le soleil et la lune... Non pas qu'ils dépareillaient au point que la vue de cet étrange couple jure aux yeux des curieux, mais disons qu'il leur était impossible de passer inaperçu. Mais Colbert, habitué au regard des autres, que ce soit mesquins, envieux, haineux ou bienveillants, n'en avait que faire. Et il semblait de même concernant la Montespan. Si ce n'est qu'elle semblait veiller à ce que sa robe tombe toujours gracieusement ou à ce que son bras posé délicatement sur celui de Colbert soit en position harmonique avec le reste de son corps. Si la situation n'était pas si délicate et s'ils n'étaient pas aux yeux de tous, Colbert en aurait ri.

Car oui, ne vous en déplaise, aussi cynique et sinistre puisse-t-il paraître au commun des mortels, il n'en savait pas moins rire. Que du contraire même. Mais il préférait réserver ces éclats aux réels traits d'humour digne de son esprit aiguisé et de son caractère calculateur.



- Certes, vous pouvez. Nous nous rendons à la répétition d'Amphytrion.

- Ah Amphytrion ! S'exclama Colbert, d'une voix où teintait une pointe d'ironie. Cette pièce couteuse et qui frôle le scandale, ajouta-t-il d'un ton mordant.

Non pas qu'il n'avait pas apprécié la pièce (car oui, il avait eu l'occasion d'au moins la lire et de la voir en partie). Mais disons, qu'elle était... hum... un peu tendancieuse. Encore un peu, et on aurait pu croire que sous les traits de Jupiter, Molière décrivait en fait le Roy Louis. Et qu'il critiquait par là même les amours du roi Soleil. Colbert devait avouer soudain qu'il serait curieux de voir la récation de la Montespan à cette pièce. Car l'on pourrait croire, en effet, qu'à travers cette pièce, c'était la Montespan elle-même qui était visée... puisqu'elle était alors la favorite en titre du Roy...

Voilà en tout cas qui était bien tentant pour décider Colbert à définitivement s'incruster aux côtés de la Montespan, le temps de cette pièce. Et le temps de jouer la sienne aussi, tant qu'à faire. En fait, à bien y penser, c'était presque un cadeau du ciel que celui-ci : Amphytrion pourrait peut-être bien l'aider à aborder plus facilement encore les questions qui tracassaient le Ministre.


- Mais puis-je à mon tour vous demander comment il se fait que vos réflexions, aussi intérieure et acaparantes fut-elles, vous aient entrainées aussi loin de votre bureau et vos quartiers?

- Et bien pour être honnête, ces réflexions étaient justement tournées vers vous. Sans doute, est-ce pour cela que mes pas me guidaient vers vos appartements.

Il était temps de mettre un peu d'honnêteté dans ses propos dès lors. Le vent semblait tourner en sa faveur, il fallait que, tel Hermes au pieds agiles, il l'attrape et s'envole avec lui. Bon, certes, il ne fallait pas non plus compter sur lui pour dévoiler les méandres de ses pensées les plus obscures. D'ailleurs, ces méandres ne devaient intéresser personne, ou si peu. Si tant est de toute façon que quiconque comprenne pleinement ceux-ci. Mis à part le Roy, qui semblait encore suivre ses élucubrations, peu semblait apte à l'écouter et le comprendre jusqu'au bout... Peut-être la Montespan ferait-elle exception ? Il n'aurait su dire. Et ne le dirait jamais, car il n'était pas prêt de tenter l'expérience en dehors du roy...
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 19 Oct - 11:00

* Effectivement, le couple que ces deux-là formaient avait quelque chose d'incroyable à la vision des courtisans. Et pourtant, que leur chemins étaient destinés à se croiser! Cependant pour l'heure, leurs raisonnements étaient loin de s'accorder. Certes la marquise se doutait d'un plan quelque peu tortueux de la part du ministre, mais jamais elle ne se serait doutée à ce point d'autant d'audace de sa part. Car lorsqu'ils se voyaient, c'était toujours en la présence du Roy, ou du moins par son intermédiaire que l'entretien était commandité. Or là, il semblait que leur rencontre soit le fruit du hasard. Le harsard? Athénaïs n'y croyait pourtant pas.

Ils avançaient donc de manière normale, à cadence modérée de manière à pouvoir entretenir leur conversation, sans porter plus attention que cela aux regards des courtisans qui sans doute devait faire messes-basses sur leur passage. Sans parler des quelques dames qui les suivaient.
La favorite redoutait et avait déjà anticipé la réponse de Colbert concernant Amphytrion. Certes, cette pièce était parlante de sous-entendus, bien sûr que ceux-ci concernaient en partie le Roy, mais également et surtout sa Cour et la manière dont on y vivait. Mais quoi, le Roy l'avait commandée, cela l'amusait, alors...
Elle fit donc un sourire en coin à connotation ironique en direction du minsitre qui qualifiait cette pièce de couteuse et presque scandaleuse. *


-Eh bien, vous semblez à présent oser porter un jugement sur les choix de Sa Majesté, Mr Colbert? le Roy l'a décidé pourtant... Ne venez-vous pas de dire que les décisions de Sa Majesté sont toujours bonnes?

* La belle marquise aurait probablement rougi de la pièce, se sentant visée, si son mari avait encore paru à la Cour. Mais celui-ci étant désormais loin, exilé par le Roy, il ne risquait plus de lui causé davantage de tort. Il en avait suffisamment fait comme cela, et maintenant elle se sentait enfin soulagée d'un poids. Aussi, après lecture de ladite pièce, avait-elle trouvé l'idée intressante.

Mais la surprise gagna à nouveau la favorite lorsque le sieur Colbert déclara que ses réflexions, qui l'avaient porté si loin, étaient tournées vers elle. Finallement, même l'honnêteté la plus pure, émanant de ce minsitre, était des plus surprenante. L'excuse de ses pesées guidant ses pas vers chez elle était cependant un peu bancale selon elle. Athénaïs trouva cette raison un peu faiblarde. Elle pensait pour ainsi dire tout le temps à Louis, et ce n'est pas pour autant qu'elle se retrouvait à toute heure de la journée devant la porte de son bureau ou de son appartement ! Aussi sourit-elle de cette mince excuse offerte par le ministre. *


-Soit. Jamais auparavant je n'aurais pu me croire avoir l'audace d'être au coeur de vos réfléxion, cher monsieur. Vous m'en voyez des plus étonnées. Je redoute néanmoins le sujet de celles-ci.

*Maintenant qu'il en avait trop dit, il allait certainement continuer sur sa lancée. Allait-il l'accabler de reproches, comme il semblait le faire auprès du Roy? Ah, que Louis lui parlait, le soir, du barbant Colbert qui le réprimandait sur toutes les choses grandioses qu'il entreprenait! Elle savait que tôt ou tard Colbert irait jusqu'à dire au Roy qu'elle était la cause de toutes ses dépenses... Eh quoi! ce n'était pas elle qui soufflait toutes ses idées pourtant! Louis était assez imaginatif pour les trouver tout seul! Elle se contentait parfois seulement de les enjoliver encore d'avantage... Ah, petites dépenses supplémentaires... Mais il n'était pas sensé le savoir. Alors, elle attendait sagement que le bourreau lui tombe dessus. De toutes façons, que pourrait-il lui dire? Il n'était pas en mesure de lui interdire quoi que ce fut, elle était sous la protection de Louis, et seul lui pouvait lui dire quelque chose. Comme lui-même en était incapable, elle faisait un peu ce qu'elle voulait.*

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Mer 4 Nov - 18:17

Il devait au moins admettre une chose concernant cette femme : elle avait un certain esprit qui n'était pas pour lui déplaire et surtout elle avait une dignité à faire pâlir d'envie la plus belle des reines. Oui, la Montespan était presque digne d'une reine, même si elle n'en avait pas le titre. Du moins pourrait-elle en briguer la gloire ? Elle qui en avait déjà la dignité et la fierté... Elle savait en tout cas faire front aux caprices parfois tortueux du Roy et surtout fair eface aux piques acérées dont elle était souvent la cible. C'était là une qualité indéniable que Colbert ne pouvait qu'apprécier. Oui, le oy savait choisir et choisissait bien son entourage, il ne pouvait en douter à entendre la répartie mesurée qu'elle lui offrait.

- Oser une critique sur une oeuvre quelconque ne signifie en rien rediscuter ou contredire les choix de sa Majesté, n'est-il pas ? Dire de cette pièce, ma foi fort habile et fort bien écrite, qu'elle sait se montrer audacieuse, voire scandaleuse, est-il si outrageux envers les choix du Roy ? Le Roy n'aime-t-il pas d'ailleurs les pointes de scandale, comme pour pimenter la vie de ces courtisans ? Du moment bien entendu que ce dernier n'entache ni sa cour, ni son royaume, cela va de soi.

Colbert se permit un rapide sourire teinté d'ironie. Oui, ironie, quand on songeait que les principaux scandales actuels tournaient autour de la jeune femme qui se tenait à ses côtés. Bien entendu, si l'on exceptait cette sombre affaire des poisons, qui était alors un scandale d'un tout autre accabit, dont cette fois le Roy se serait bien passé, sans aucun doute.

- Il est vrai que me connaissant, vous avez de quoi les redoutez, concéda-t-il son sourire moqueur se renforçant encore.

Le temps était venu de ne plus mâcher ses mots et de ne plus relâcher sa proie. Certes, il n'irait ni jusqu'à l'insulter, ni jusqu'à l'accuser de quoique ce soit. Mais il sentait le moment venu de dire ce qui le titillait depuis tant de temps.

- Tenir les finances d'un royaume aussi somptueux et aussi grandiose que celui de sa Majesté n'est pas de tout repos, vous devez vous en douter, vous femme de si grande intelligence.

Passer un peu de pommade n'était peut-être pas du superflu toutefois. Surtout que, cette pommade-ci, il la pensait réellement.

- Je connais les dépenses de tout et de tous. Tout est là, continua-t-il, en désignant sa tempe. Tout, absolument tout. Et j'avoue avoir été plus que... dépité ? Du moins quelque peu irrité de voir certaines dépenses augmentées. Augmentées de façon anormale, dirons-nous.

Cette fois, il s'arrêta net, se postant devant elle, la dardant de son regard gris de glace, comme s'il cherchait à pénétrer l'esprit de la jeune femme pour mieux lui faire comprendre là où il souhaitait en venir.

[HJ : si quoique ce soit ne convient pas, n'hésite pas à me le dire Wink]
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Jeu 5 Nov - 14:44

HJ: tout va pour le mieux, pourquoi donc aurais-je à redire de ton post? Very Happy Pareil, si quelque chose ne va pas dans mes réponses, dis-le moi.^^

* Ah, qu'il était rusé le ministre des finances! Bien sûr qu'il faisait en sorte de parler sur un ton ironique, cachant ses sourires, ou du moins les dissimulant par la rapidité du changement d'expression de son visage. Quel personnage étonnant, que celui de Jean-Baptiste Colbert, pensait alors la marquise. Mais il avait beau dire, elle ne se laisserait pas décontenancer par lui. Par personne d'ailleurs. Elle se savait forte de sa position, et rien ni personne excepté le Roy ne pourrait l'en déloger. *

-Je puis me tromper, mais vous sembliez pourtant par votre réflexion et le ton de celle-ci, ne point approuver ce choix. Mais soit, chacun a un avis sur chaque chose, finit-elle par conclure.

* Elle avait bien fait exprès de ne pas relever la dernière phrase de Colbert. A quoi bon entrer dans un débat sur les scandales? Athénaïs ne savait que trop bien tout ce que l'on disait sur elle, et les scandales que sa présence en tant que favorite impliquaient. Elle se contenta de faire un grand sourire à son interlocuteur, de manière à lui souligner le fait qu'il pourrait bien en penser ce qu'il voudrait, cela ne l'empêcherait pas de dormir.

Colbert en arrivait à son sujet préféré: les comptes. Se croyait-il malin à lui dire qu'elle avait de quoi redouter ses réflexions? A la vérité, les seules qu'elle pourrait craindre étaient celles du Roy, mais comme celui-ci en était amoureux plus que jamais, elle se savait à l'abri de tout. *


-Je voulais dire par là que je me verrai fort marrie de vous imposer des insomnies. Mais nous n'en sommes là, n'est-ce pas? ajouta-t-elle sur un ton presque rieur.

* La marquise acquiesça à sa question, bien entendu qu'elle se doutait que le métier du sieur Colbert n'était pas de tout repos, eh quoi, chacun le sien! Athénaïs non plus n'était pas exempte de quelques nuits blanches et de soucis qui la tenaillaient. Elle papillonna des yeux lorsque celui-ci la qualifia d'intelligente. Pourquoi donc la flattait-il? Il n'en avait nullement le besoin, puisqu'elle le consédérait déjà beaucoup, malgré ses remontrances sous-entendues. Peut-être le pensait-il, dans ce cas Athénaïs en était réellement touchée.
Elle le regarda désigner sa tempe. "Tout est là", disait-il. Soit, il était fort, très fort. La favorite dût s'arrêter lorsque le premier ministre se posta devant elle. *


-J'en conviens, les préparatifs du mariage de Monsieur doivent être fort couteux...

* Le fait qu'elle se soit arrêtée fit stopper également les dames qui se trouvaient derrières eux. Sans quitter Colbert du regard, gardant son sourire de circonstance, elle leur intima l'ordre, ou plutot le souhait qu'elle avait, qu'elles continuent sans elle. *

-Mesdames, allez-donc par devant rejoindre chez monsieur Molière, nous vous rejoindrons.

* Attendant que les dames les dépasse, elle regardait Colbert dans les yeux. Ils s'échangeaient le même regard pénétrant qui semblait vouloir accéder aux moindres recoins de l'exprit de l'autre et d'en deviner les failles cachées. *

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 9 Nov - 22:55

Colbert venait de remarquer qu'il appréciait autre chose encore chez La Montespan : sa sagesse. Ou du moins une certaine sagesse et une pointe de diplomatie, comme le montrait le fait qu'elle n'avait pas répliquer outre mesure sur le sujet des scandales. Certes, elle n'avait que faire des scandales, tant qu'ils n'entachaient pas l'aura qu'elle pouvait avoir sur le Roy, mais elle avait aussi la dignité de les ignorer royalement et de les bouder comme seule une favorite de son accabit savait le faire. Décidément, même s'il savait cette femme potentiellement dangereuse de par son intelligence acérée et son attachement certain au roy, attachement que Colbert avait cru comprendre réciproque, il ne pouvait qu'estimer un tel esprit, une telle hardiesse, une telle noblesse aussi.

Autant dire que s'il avait été agacé quand il en était venu à se décider pour cette extrémité, à savoir aborder la jeune femme de façon si abrupte et si... indécente au vu des moeurs habituelles de la cour, il en était tout autrement dès lors. L'estime qui enflait en lui vis à vis de cette femme d'esprit et de charme, remplaçait peu à peu son agacement, voire sa colère. Et même s'il ne démordrait pas quant aux dépenses outrageuses dont elle était si coutumière, il était décidé à ne pas non plus l'accabler de sarcasmes comme il l'aurait pourtant fait avec n'importe qui d'autres. mais, lui répondrez-vous, la Montespan n'était pas n'importe qui, n'est-ce pas ? Ce à quoi, il vous aurait répondu, que lui non plus n'était pas n'importe qui. Et favorite du Roy ou non, il n'en avait finalement que faire. Le Roy lui avait donné une mission, mission impossible diraient certains, qu'il remplissait pourtant avec brio, autant qu'il le pouvait du moins. Et il était alors de sa mission de tenter de freiner les ardeurs dépensières de certains....


- Non, nous n'en sommes point encore au temps des insomnies. Il me faudrait voir la vie du Roy directement mis en danger, pour être à ce point inquiet, répondit-il, étonnamment sincère.

Oui, sincère. la bien-être du Roy et sa vie étaient deux choses qui tenaient à coeur à Colbert. Malgré les disputes régulières que le Ministre et sa Majesté pouvaient avoir, ils avaient l'un pour l'autre une réelle estime, du moins du côté de Colbert pour le Roy Louis. Et s'il y avait bien une qualité qu'on pouvait donner au Ministre, outre son acharnement au travail, c'était sa fidélité et sa foi.

Il fut soulagé qu'elle comprenne son message et son besoin de lui parler seul à seul. Un tête à tête qui allait encore délier les langues, mais Colbert n'en avait que faire. Ils étaient en vue de tous, et tous pouvaient voir que rien d'indécent ne se tramaient entre eux deux. Ils étaient simplement hors de portée des oreilles indiscrètes
.

- Je vous remercie, fit-il simplement, en hochant la tête en signe de profond respect envers la jeune femme, tout en regardant de côté les autres dames s'éloigner.

Quand le petit attroupement qui les accompagnait jusque-là fut assez loin, Colbert se permit de détacher enfin son regard de celui de Montespan. De toute façon, aucun d'eux ne gagnerait cette petite lutte visuelle et mentale. Ils étaient tous deux aussi déterminés et têtus pour céder à l'autre.

Il reprit alors son chemin, la jeune femme à ses côtés, tandis qu'il rivait ses yeux au loin, cherchant précautionneusement ses mots. Ce qui ne lui ressemblait guère, lui qui ne se gênait pas d'ordinaire, même en présence du Roy, pour servir ces sarcasmes et son cynisme mordant
.

- Vous avez parfaitement compris que par "dépenses augmentées de façon anormale", je parlais bien évidemment des vôtres en particulier. Je n'ai rien contre une dépense particulière pour la favorite du Roy, surtout pour une dame de votre accabit.

Et non, il ne faisait pas un quelconque lèche-botte. Ce n'était pas son style et ne le serait jamais.

- Mais, vous en conviendrez, administrer les finances d'un royaume, sans pouvoir se fier aux humeurs dépensières des courtisans, qui réclament toujours plus...

"autant dire mission impossible", eut-il envie de rajouter, se contentant de le penser fortement.

- De dix robes par an, nous en sommes passés à 25... sans compter les parures, chaussures et coiffures assorties. Et les bijoux de toute sorte. J'aurais aimé... vous sensibiliser aux problèmes que ce surcoût entraîne pour certaines affaires du royaume, dit-il en toute honnêteté. Vous faire plaisir, oui, d'autant que cela plaît au Roy... mais ne pourrions nous pas trouver un terrain d'entente pour que ce plaisir soit... hum... plus raisonnable ? tenta-t-il, relevant ses orbes grises sur le jeune femme à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Mer 11 Nov - 21:21

* La marquise sentait que Colbert en viendrait bientôt au fait, après avoir passé une couche de pommade, ce qu'il ne tarda pas à faire. Certes, comme il venait de le dire, sa mission n'était guère des plus aisées, elle en convenait volontier, mais que s'imaginait-il? Tout un chacun à la Cour avait ses devoirs à accomplir. Athénaïs ne put s'empêhcer d'écarquiller les yeux lorsque Colbert fit allusion au fait que seule la vie potentiellement mise en danger du Roy lui donnerait des insomnies... Bien sûr qu'elle aussi n'en dormirait pas! Un brin superstitieuse la marquise...*

-AH mon dieu! Ne parlez pas de malheur !

* Reprenant son calme après cette exclamation directement sortie du coeur, Athénaïs contempla le ministre. Voilà donc où il voulait en venir... Les dépenses... SES dépenses... Qui après tout n'était pas les siennes propres, mais celles du Roy, puisqu'elle-même ne disposait d'aucune fortune lui étant propre, mises à part les rentes que lui rapportait sa position. Hochant la tête sur une mine légèrement agacée, elle le laissa terminer son discours. *

-J'entends bien, cher monsieur Colbert, mais voyez-vous ces derniers temps la Cour a dû s'adapter à divers événements... Nous avons eu le Bal de l'Automne, ainsi que les représentations de messieurs Molière et Lully et bien d'autres festivités que j'aurais peine à vous énumérer tant elles furent nombreuses... Pensez-vous que le Roy aurait toléré me voir porter la même tenue à chacune d'elles? Qu'aurait pensé la Cour de cela? Sans parler des embassadeurs que Sa Majesté a reçus... Vous savez tout comme moi que Louis tient absolument à montrer la grandeur de son royaume à toute l'Europe, et il ne peut le faire sans magnifier sa Cour, et donc moi...

* Comme si c'était une évidence... En fait c'en était une pour Athénaïs, mais peut-être pas pour Colbert... Mais enfin, il semblait pourtant logique que le Roy voulait que sa favorite soit pourvue des plus beaux atouts et ce chaque jour que Dieu faisait, et d'autant plus les jours de fête... Elle ajouta donc avec un petit sourire faussement désolé. *

-Et puis le mariage de Monsieur approche... les dépenses ne laisseront pas de vous créer soucis...

* Il n'y avait pas qu'elle qui avait lieu de culpabiliser sur les dépenses exhorbitantes apès tout, quand on voyait les fêtes grandioses qu'organisait le frère du Roy... Alors comment osait-il lui faire le reproche de 25 malheureuses robes!
Puis elle reprit le ton jovial dont elle seule avait le secret. Elle savait rebondir sur les situation les plus cirtiques, et là, tout semblait l'accuser... *

-Je pense que nous devrions reparler de tout cela une fois le plus gros des festivités passé.

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 16 Nov - 19:04

- J'entends bien, cher monsieur Colbert, mais voyez-vous ces derniers temps la Cour a dû s'adapter à divers événements... Nous avons eu le Bal de l'Automne, ainsi que les représentations de messieurs Molière et Lully et bien d'autres festivités que j'aurais peine à vous énumérer tant elles furent nombreuses... Pensez-vous que le Roy aurait toléré me voir porter la même tenue à chacune d'elles ? Qu'aurait pensé la Cour de cela ? Sans parler des ambassadeurs que Sa Majesté a reçus... Vous savez tout comme moi que Louis tient absolument à montrer la grandeur de son royaume à toute l'Europe, et il ne peut le faire sans magnifier sa Cour, et donc moi...

- Je comprends tout à fait cela. Partons donc du postulat que ces dépenses soient effectivement nécessaires. Peut-être pourrions-nous imaginer un palliatif pour les financer plus... efficacement ? Pour rendre ces dépenses moins dispendieuses, et les optimiser au mieux ?

Se disant, il se permit de couler un rapide regard vers elle. Non, il était déterminé à en parler maintenant. Attendre que les festivités soient passées ? Pour mieux échapper à la conversation plutôt oui ! Bien entendu, il n'irait pas jusqu'à s'acharner sur la favorite du Rpy s'il voyait ne pouvoir obtenir gain de cause. Mais il avait encore un argument dans sa manche, et il comptait bien pouvoir l'exprimer de suite. Il n'était pas du genre patient, ce n'était pas un homme d'attente, mais un homme d'action. Après tout, c'était aussi pour cela, que le Roy l'avait choisi lui, même si sur les conseils de Mazarin, et non un autre.

Où souhaitait-il en venir ? Et bien à un but bien simple : si l'on ne pouvait diminuer les dépenses de la Montespan, peut-être pourrait-on les recycler ? Et si ce "recyclage" sous sa forme brute dégoûtait la favorite pour une raison quelconque, il était toujours possible de faire du recyclage autrement ? Par exemple les pierres des bijoux qu'elle ne mettait qu'une fois, peut-être était-il possible de les récupérer ? Soit pour une autre ribe, soit pour ue autre parure, soit pour les revende et en acheter d'autres, tout simplement ? Ce recyclage faciliterait en tout cas grandement la tâche de Colbert. L'Etat n'avait-il pas lui aussi mis en place des ordonnances spéciales, où quiconque pouvait acheter, en échange de monnaie sonnante ou de crédits d'Etat, un droit particulier... parfois sur le Roy lui-même d'ailleurs ? Pourquoi ne pourrait-on pas, si ce n'est de faire de même, trouver du moins d'autres subterfuges d'un accabit similaire ?


- Mais avant de vous exposer ma possible idée, puis-je me permettre de vous demander ce que deviennent vos possessions une fois acquises et exibées lors d'une des fêtes ? Les réutilisez-vous ? Ou restent-elles dans un placard ?
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 16 Nov - 19:38

* Athénaïs, malgré les tentatives de Colbert qui auraient pu passer pour vouloir la mettre mal à l'aise, gardait son impassibilité. Le ministre était vraiment incroyable et ne tarissait pas d'idées plus étranges les unes que les autres... *

-Tenez-vous les mêmes sortes de discours à tout le monde?
Mon pauvre Louis, que devez-vous supporter cet avare de Colbert à chaque nouveauté...
-Soit, j'entends bien vos idées, cher monsieur. Pensez-vous sincèrement que je sois la personne la plus qualifiée pour vous venir en aide sur ce point? Ou peut-être attendez-vous de moi que je touche quelques mots à Sa Majesté à ce propos?

*Cela aurait fort étonné la marquise puisque Colbert ne s'était jamais montré lâche et avait toujours osé dire au Roy ce qu'il pensait et ce qu'il entendait obtenir, ce qui leur causait bien souvent des différends.
La dernière remarque, ou plutot question, du ministre, arracha à la favorite un éclat de rire qui résonna quelque peu dans le corridor. Ce qu'elle faisait de ses acquisitions? en quoi cela le regardait-il? Ce genre de questions ne se posent pas... Surtout le "Les réutilisez-vous?" Pensait-il vraiment qu'elle allait dire ce genre de chose? Fort heureusement ils étaient seuls, sinon Athénaïs l'aurait probablement gifflé. Elle le regarda avec de grands yeux, mais lui répondit en gardant un calme olympien.*


-Vous me posez de drôles de questions, monsieur le ministre. Mais soit, je vais satisfaire votre curiosité. La plupart de mes bijoux sont utilisés plusieurs fois, soit ma femme de chambre harmonise les pierres différemment, soit elle s'en sert pour décorer mes robes. A ce propos, je ne vous apprends pas que Sa Majesté m'a fait cadeau d'une caissette de petites pierres précieuses avec des petits socles qui permettent de les changer à volonté. J'ai trouvé l'idée fort ingénieuse et me demandais comment il avait pu y penser, mais à présent que nous avons cette discussion, j'ai ma petite idée sur le sujet...

* Un petit sourire à la limite de la mesquinerie se dessina sur ses lèvres. Le fait d'évoquer un nouveau cadeau du Roy devait certainement rendre fou ce pauvre Colbert, d'autant que Louis ne lésinait pas sur la qualité quand il s'agissait de gâter sa favorite. Elle continua sur un ton bien intelligible. *

-En ce qui concerne mes robes, je ne sais que vous répondre... Quand il me plait d'en porter à nouveau une, je la fais demander. Souvent je les fais réarranger différemment afin de donner l'illusion que c'est une nouvelle création. Ce sont mes suivantes qui s'occupent de les ranger. Il m'arrive d'en faire cadeau à quelques dames de ma connaissance quand je juge qu'elles ne me mettent pas suffisemment en valeur.

* Athénaïs trépignait d'envie de lui parler de son projet de robe d'or, histoire de le mettre un peu plus en haleine et de s'amuser de sa réaction, mais elle se dit que ce serait bien trop cruel, elle préféra donc attendre et le mettre devant le fait accompli. *

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 16 Nov - 20:31

Vraiment, cette femme était époustouflante. Colbert hésitait réellement entre une certaine admiration, même si loin d'être béate, et un agacement certain. Car oui, La Montespan se montrait à la fois fort habile, d'une intelligence hors paire, et fort agaçante.

- J'ai parfaitement conscience que mes questions, fort indiscrètes, sont également des plus déplacées. Je ne les aurais d'ailleurs jamais posé... en d'autres compagnies. Si je me permettais un tel écart de conduite, c'était surtout pour comprendre où va tout cet argent.

Un fin sourire moqueur se dessina soudain sur les lèvres de Colbert, qui trouvait cette situation de plus en plus incongrue, il devait bien l'avouer, mais aussi de plus en plus amusante.

- Argent. Vous devez sans doute penser que je n'ai que ce mot-là à la bouche. Ce qui n'est pas loin d'être le cas, je dois bien l'avouer. Du moins quand je me consacre à ma charge, comme c'est le cas actuellement. Et je sais pouvoir être fort rébarbatif dans ces cas-là, mais je ne m'en excuserais nullement. le Roy m'a choisi en connaissance de cause, et je ne le décevrai pas, quand bien même ce serait pour faire plaisir à sa favorite.

Voilà au moins une chose de dite et de sincère : le Roy avant toute chose, le reste importait peu à ses yeux. Si ce n'est peut-être le peuple.... "Pour le Roy souvent, pour le peuple toujours", tel était son crédo après tout.

- En tout cas, je ne saurai que trop vous remercier d'avoir daigné répondre à ma curiosité outrageuse. Une curiosité alors fort rassurée, qui avait dans l'idée de vous proposer un... procédé de... hum... recyclage, assez similaire. J'avoue que les dépenses vous concernant me semblent alors bien plus honnêtes et bien plus faciles à accepter, sachant que tout cet argent ne part pas en poussière après chaque festivité, et sachant qu'au contraire vous savez faire montre d'une certaine raison en ne gaspillant pas de telles préciosités. Si toutefois, un jour, vous ne saviez que faire d'un de vos atours costumiers ou d'orfèvre dont la vue vous rebuterait au point de vouloir définitivement vous en séparer, j'aurais toujours quelques autres idées à vous proposer.

Comptez donc sur Colbert pour avoir toujours des idées, surtout en la matière. Aucun gaspillage n'était tolérable à ses yeux. Le Roy en pâtissait suffisamment lors de leur réunion... Mais il savait aussi s'excuser quand la situation l'exigeait, comme présentement. Il avait beau porter, fort brillamment, le surnom de oculeuvre ou de serpent, pour les propos acérés et vertement acerbes qu'il n'hésitait pas à proférer à la Cour, il n'en savait pas moins faire montre d'une certaine politesse.

- Mais je pense vous avoir suffisamment importuner de la sorte sur un sujet si délicat. Je vous avais promis d'ailleurs de satisfaire votre prochaine envie - caprice avait-il envie de dire - pour me faire pardonner de vous avoir si brutalement bousculer. Demandez, et j'optempérerai sans broncher.

En espérant toutefois que le coût de la prochaine envie ne serait pas trop exorbitant. Mais c'était certainement bien trop espérer de la part de la Montespan. Intelligente oui, raisonnable, pas toujours... Nul doute qu'elle allait profiter de cette offre de façon assez outrageuse. Quoqu'il en soit, Colbert savait que pour le coup, il devrait accepter sans l'ombre d'une hésitation. La discussion qu'il venait d'avoir avec la favorite du Roy lui avait semblé indispensable, et il ne la regrettait nullement. Mais il n'était pas non plus question de s'aliéner cette femme, qui pourrait, un jour, s'avérer soit un reodutable adversaire... soit une précieuse alliée. Colbert avait fondé sa fortune sur ses alliances bien choisies, en mettant à des positions clés soit des membres de sa proche famille, soit des amis qui lui étaient dévoués. Et il comptait bien pouvoir garder de côté l'option de se faire l'alliée de cette femme. Allez savoir... Peut-être un jour auraient-ils besoin d'unir leur force face à une quelconque adversité ?
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Mar 17 Nov - 3:24

* Colbert avait conscience du fait que ses remarques et questions étaient déplacées et relativement embarrassantes? Soit, une bonne chose de dite et de faite. Il semblait satisfait des réponses que la marquise lui donnait, ce qui n'allait pas pour déplaire à cette dernière qui aurait volontier changé de sujet. Toutes ces histoires de dépenses lui donnaient la migraine. Le jour où elle avait cédé à Louis, elle s'était dit qu'enfin elle n'aurait plus à compter chaque sous qu'elle dépensait, réfléchir à ce qu'il faudrait supprimé pour compenser telle ou telle dépense, et tout cela à cause de son panier percé de mari qui ne savait que parier de l'argent ou le dépenser inutilement en équipant des hommes et des chevaux pour se faire un équipage pour partir à la guerre... en temps de paix! Bref, elle espérait que le temps des dettes et des prêteurs sur gage était révolu, car pour elle, ce fut une période extrêmement noire. Aussi, le fait que Colbert vienne l'importuner avec toutes ces histoires d'argent rappelait à Athénaïs de fort mauvais souvenirs.

La favorite esquissa un sourire amusé lorsque le ministre annonça qu'il se savaiot rébarbatif dans ce genre de situation, et qu'il semblait n'avoir que le mot "argent" à la bouche... certes, c'était un peu ce qu'elle se disait, et c'était assez drôle de voir Colbert le dire de lui même. le fait qu'il énonce le Roy était rassurant quelque part, car même s'il était agaçant, pour elle comme pour Louis parfois, il ne cherchait pas à mal, cet homme, il ne faisait que son travail, et malgré l'énervement que pouvait parfois provoquer chez Athénaïs ce genre de situation, elle savaot O combien il était difficile de faire son "travail" convenablement à la Cour. *


-Je sais que Sa Majesté vous porte une confiance quasi aveugle, comme je lui voue la même, je sais que vous êtes un homme bien et que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire les choses avec justesse.

* Lorsque Colbert employa le terme de "recyclage", Athénaïs ne put s'empêcher d'éclater de rire à nouveau. C'était plus fort qu'elle, Colbert avait une manière d'emplpyer certains mots qui l'amusaient... Disons aussi qu'après toutes ces émotions, la pression se relachait. Elle se cacha un peu derrière son éventail. Il ne perdait pas le nord! *

-Eh bien je vous en fais la promesse, dès que je ne veux plus de quelque chose, je vous le fais savoir, déclara-t-elle avec un sourire de circonstance.

* Ah, mais il revenait sur le fait qu'il accèderait à sa prochaine demande sans broncher... Il était bien difficile de refuser pareille offre, et la marquise se tâtait.*

-Eh bien en effet il me vient peut-être quelque chose en tête... Je ne sais si l'instant est bien choisi...

*Qu'elle aimait faire durer le suspens... En même temps, il était vrai que Colbert risquait l'arrêt cardiaque si elle lui parlait d'une robe d'or sur or, cousue d'or, repiqué d'or, recousue d'or avec du fil d'or... *

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Dim 22 Nov - 22:31

- Je sais que Sa Majesté vous porte une confiance quasi aveugle, comme je lui voue la même, je sais que vous êtes un homme bien et que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire les choses avec justesse.

Hum... Ses éloges étaient-elles réellement pour lui ? Certes, c'était un homme qui cherchait vraiment à satisfaire son Roy et à faire au mieux pour l'Etat français et pour sa grandeur. Mais "faire les choses avec justesse" était peut-être un peu fort. Il devait avouer ne pas hésiter parfois à usiter de méthodes possibles douteuses... Fouquet en ayant fait lui-même les frais. Fidélité et foi étaient ses deux préceptes, certes, mais bien et honnêteté... pas forcément. Honnêteté ? Pas toujours, pas vraiment. Quand on manipulait les Finances on ne pouvait tout à fait être honnête, n'est-ce pas ? Et n'était-il pas connu pour ses ruses sans nom ? Certes, il ne se payait pas et ne payait pas les autres ministres comme Mazarin avait eu l'habitude de le faire de façon outrageuse, certes, il n'était pas non plus du genre à tromper son Roy pour en tirer des bénéfices personnels, mais il ne crachait pas non plus sur certains avantages et sur une certaine fortune... fortune faite d'ailleurs par certaines méthodes parfois douteuses, même si le Roy était tout de même au courant officieusement. Certes, il avait dénoncé les frasques monétaires désastreuses de Fouquet, mais lui non plus n'était pas tout blanc. Contrairement à ce qu'il cherchait à faire croire. Alors entendre soudain de telles éloges à son égard... cela lui paraissait assez incongru.

Il n'était toutefois ni assez fou ni assez stupide pour démentir la jeune femme. Jeune femme qui, si ca se trouvait, ne pensait pas la moitié de ce qu'elle disait de toute façon. Encore et toujours se sfaux semblants agaçants de la Cour...

Il se contenta donc de hocher la tête aux paroles de Montespan, espérant secrètement qu'elle tiendrait la promesse qu'elle venait de lui faire, et qu'il ne s'agissait pas là d'une promesse faite en l'air. Comme souvent, trop souvent à son goût, les courtisans avaient l'habitude d'en faire.


- Eh bien en effet il me vient peut-être quelque chose en tête... Je ne sais si l'instant est bien choisi...

- L'instant est choisi, je pense, puisque c'est moi-même qui vous y incite. Et tant qu'à faire, autant que je prépare les finances nécessaires le plus tôt possible, ajouta-t-il avce un sourire en coin quelque peu crispé.

Car oui, il n'était pas idiot. Il savait parfaitement que la jeune femme n'allait pas se faire prier pour en profiter. mais si concéder à un caprice hors de prix pour cette fois permettait de conclure une sorte de... pacte... ou quoique ce soit d'autres, entre eux deux... Après tout, toutes les méthodes étaient bonnes à prendre.

- Quelle robe faramineuse vous ferait donc tant plaisir, que vous ayez tant d'hésitation à m'en faire part ?

Et que son coeur cesse donc de s'emballer de la sorte soudain ! Ce n'était pas le moment qu'il le lâche !
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Lun 23 Nov - 0:21

* Si Athénaïs pensait sincèrement que Colbert était un homme droit et sérieux, il était certain que quelques compliments par-ci par-là n'étaient jamais de trop. Certes, comme tout un chacun, il essayait dans la mesure du possible de tirer certains avantages de sa situation, mais qui ne le ferait pas à sa place? C'est le propre de l'être humain que de tirer la couverture à soi. Même Athénaïs le faisait... Enfin, elle essayait surtout de permettre certains avantages à sa famille, son frère, son père, ses soeurs etc...

Elle le regarda hocher la tête sans rien dire. Mais enfin, il souhaitait connaitre ce qu'elle avait en tête. La marquise hésitait à lui faire part de son idée... D'une part, elle avait peur que le ministre ne fasse un arrêt cardiaque lorsqu'il aurait connaissance de sa folle idée de robe d'or, et puis d'autre part, même s'il lui avait promis qu'il lui passerait son prochain caprice, il pourrait très bien dire que celui-ci était trop... capricieux et qu'il refusait d'y céder... Là, elle se verrait dans l'obligation de recourir à des mesures extrêmes pour obtenir ce qu'elle veut, à savoir faire un scandale chez Louis, qui bien sûr ne reculerait devant rien pour lui faire plaisir. Mais elle aurait voulu que son projet reste secret pour en faire la surprise à son royal amant.*


-L'instant est choisi, je pense, puisque c'est moi-même qui vous y incite. Et tant qu'à faire, autant que je prépare les finances nécessaires le plus tôt possible.

-Je vous sens bien impatient... commença-t-elle avec un petit sourire. Eh bien j'ai parlé à Mr Langlé d'un projet qui m'était venu en tête, à propos d'une robe d'or pour une grande occasion...

* Elle scruta alors les yeux du ministre. Comment allait-il réagir? Allait-il crier, ou rester surpris, sans mots dire, ou simplement garder son calme apparant avant que de la réprimander en la traitant de folle? La favorite ne le savait, mais nul doute qu'elle le saurait bien vite. C'était d'ailleurs là ce qu'elle redoutait, mais en même temps l'amusait et la rendait impatiente... cette excitation avant d'avoir le rendu du jugement... *

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Dim 29 Nov - 20:49

Une robe d'or. Ni plus ni moins. Dire que la surprise était de taille serait un doux euphémisme. Certes, il s'était attendu à quelque chose de particulièrement coûteux. Connaissant le goût parfois outrageusement dépensier de la Montespan, il ne pouvait en être autrement. Alors que dire si en outre s'ajoutait un petit esprit revanchard comme il le pressentait. Mais à ce point-là... Non, vraiment, la surprise était de taille, même s'il aurait dpu parer le coup.

Sous le coup de la stupéfaction, il dut toutefois s'arrêter un instant, son visage se figeant l'espace d'un instant. Un instant très court, mais quand même bien présent, ce que la jeune femme ne dut manquer. Ses perles d'acier vinrent se poser lentement sur le visage de la favorite, la sondant encore un instant, avant d'enfin prendre sa décision. Non, pas besoin de lui demander des précisions supplémentaires. Sous peine de définitivement faire un arrêt cardiaque et de quitter le Roy et son royaume bien plus tôt que prévu. Non, il savait d'ailleurs de suite que ce serait certainement pire que e qu'il pouvait s'imaginer à ce moment. Alors à quoi bon remuer encore le couteau dans la plaie ? Une plaie déjà béante et sanglante, et qui saignerait encore beaucoup pour ce maudit bal. car oui, vous l'aurez compris, sa décision prise si rapidement n'était autre qu'un accord tacite pour cette robe.

De toute façon, il savait déjà que si lui disait non, le Roy dirait oui. Peut-être par pur esprit de contradiction pour son ministre, ou par pure volonté de faire plaisir à cette femme. Femme unique en son genre, il devait en convenir, et des plus intéressantes, qui, malgré ses goûts particulièrement éprouvants pour les caisses de l'Etat, était plus qu'estimée par Colbert. Et sans même parler d'une possible décision royale, de toute façon, le ministre n'avait qu'une parole. Ne venait-il pas de dire qu'il lui accorderait ce qu'elle demanderait, sans même parlementer ? Oui, il n'avait qu'une parole, et n'y reviendrait pas.

Baissant donc le regard, tentant de reprendre le souffle qu'il n'avait pas eu conscience de retenir, il murmura :


- Bien. Une robe en or. Vous l'aurez donc.

Arg, que ces mots avaient été difficiles. Pauvre coeur alors affolé qui cavalait tel un cerf en chasse. Que Dieu et tous les Saints lui viennent en aide, et ne le fassent pas succomber si tôt alors qu'il lui restait encore tant à accomplir !

- J'espère que cette robe sera digne et de l'événement et de la femme qui la portera, ajouta-t-il en un semblant de compliments comme il en offrait si rarement.

Un fin sourire quelque peu crispé frôla alors ses traits soudain tirés. La tache qui l'attendait l'accablait déjà, lui qui pourtant avait été habitué à pire. Mais il sentait que ce maudit bal donné en l'honneur du mariage de Monsieur allait lui en faire voir bien plus encore que ce à quoi il s'était attendu.

Mais non, non, il ne se laisserait pas abattre. Il réussirait cet énième challenge, et parviendrait quand même à continuer aussi se sprojets dans la foulée. Un challenge de taille, mais un challenge à la hauteur de son talent aussi, n'est-il point ? Se disant, une lueur déterminé brilla dans ses orbes grises, qu'il rivait de nouveau dans les yeux de sa compagne d'un moment.
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Dim 29 Nov - 21:39

* La belle marquise attendait la réaction de Colbert qui ne se fit d'ailleurs pas attendre. Elle le regarda, non sans fierté, poser ses yeux sur elle et rester quelques secondes sans respirer, le visage figé. Elle haussa les sourcils avec un petit sourire satisfait. Elle ne s'attendait pas à moins de sa part, mais malgeé ce que ce la lui coutait (sans jeu de mot), Jean-Baptiste Colbert était un homme de parole et il accepta. Le sourire de la favorite s'élargit et elle lui répondit en papillonnant des yeux. *

-A la bonne heure! Le Roi vous en sera fort reconnaissant.

* Malgré tout, Athénaïs était passe étonnée que la pilule passe aussi facilement. Soit le ministre des finances était très fatigué, soit il était absorbé par une affaire plus importante, soit tout simplement il "souffrait" en silence... Elle eut un petit sourire en penchant la tête sur le coté en réponse à son compliment. *

-Eh bien je pense que vous le constaterez en temps et en heure le moment venu, dit-elle d'une voix douce.

* Contente d'avoir obtenu ce qu'elle voulait, le sourire ne quittait plus le visage de la marquise. Sans doute que Colbert, lui, ne l'aurait plus pendant un moment...
Elle aurait tout de même voulu le remerciait, car elle n'était pas ingrate, loin de là, et même si c'était quelque chose qu'il lui avait promis, elle savait faire preuve de politesse.
*

-Sâchez monsieur combien je vous suis reconnaissante pour ce geste que vous faites. Je saurai m'en souvenir.

* Leurs pas les portèrent finalement jusqu'à l'escalier qui menait au rez-de-chaussée avant de donner sur la Cour de Marbre.*

-M'accompagnez-vous jusqu'au bout cher monsieur?

* Elle ne perdait pas de vue non plus où elle devait se rendre. Les autres dames avaient sans doute dû presser le pas et être déjà rendues. Sans doute aussi jacassaient-elle à propos de la bousculade qui venait d'avoir lieu... *

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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Dim 29 Nov - 21:53

Rhaaaaa, ce sourire victorieux et ces yeux papillonnant ! Que cela pouvait être agaçant de voir une femme vaincre, quelque soit le sujet cette victoire ! Pourquoi fallait-il toujours qu'elles minaudent ainsi, quand elle gagnait quelque chose ? Et puis après tout, pourquoi cet air triomphant, pusiqu'il lui avait lui-même offert cette victoire sur un plateau d'argent ? Ou plutôt d'or, devrait-il dire. Argggg, non ne pas penser à l'or, ou il allait véritablement tomber malade là.

- Eh bien je pense que vous le constaterez en temps et en heure le moment venu, dit-elle d'une voix douce.

Et c'est qu'en plus elle le narguait ? Certes, elle le narguait fort gentiment, mais elle le narguait quand même ! Cette fois-ci, Colbert ne put réprimer un léger soupir, alors qu'il secouait doucement la tête de droite à gauche et de gauche à droite comme pour montrer sa désapprobation. Oui, il désapprovait un peu ce comportemtn frivole qui la caractérisait tant. Mais pouvait-il, au final, véritablement lui en tenir rigueur, elle qui cotoyait si souvent un homme, un Roy plutôt, plus frivole encore quand il le voulait ? Non, en toute honnêteté, il ne pouvait ni lui en vouloir, ni lui en tenir rigueur d'une quelconque manière.

- Sâchez monsieur combien je vous suis reconnaissante pour ce geste que vous faites. Je saurai m'en souvenir.

Heureusement, elle avait aussi du savoir-vivre. Contrairement à lui, diraient certais, après sa bousculade soit-disant non volontaire, pas si involontaire que ça... Il se contenta toutefois de répondre à ces remerciements par un vague hochement de tête tandis qu'ils reprenaient leur chemin.

- Vous me remercierez quand vous aurez votre robe et que vous pourrez vou éblouir dans un miroir, rivalisant de mille feux avec le Soleil lui-même, rétorqua-t-il doucement d'un ton se voulant aussi neutre que possible, tentant de cacher la tension qui l'habitait à cette seule mention dès lors.

Et finalement ils arrivèrent non loin de leur destination. Ou plutôt de la destination de la jeune femme.

- M'accompagnez-vous jusqu'au bout cher monsieur?

- Cela aurait été un plaisir de revoir cette pièce en votre digne compagnie, répondit-il cette fois avec un sourire. Mais je crains que le travail ne me rappelle à l'ordre, ajouta-t-il tout en se penchant légèrement en avant pour mieux la saluer alors qu'ils se faisaient face et lui offrant un délicat baise-main. J'espère que ma présence ne vous aura point trop importuner en ce moment qui aurait dû être frivole.

Et se disant, il se releva, attendant une dernière réponse de la jeune femme avant de définitivement se retirer pour les affaires de l'Etat.
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MessageSujet: Re: Quelle malencontreuse bousculade... [PV Athenais]   Dim 29 Nov - 23:18

* Certes elle était contente et certes elle ne savait pas faire preuve de discrétion face à cette petite victoire, mais elle ne narguait pas de manière méchante, car elle appréciait ce ministre et cet homme si dévoué au Roy, ou à la cause de l'Etat, ou parfois les deux quand ils s'accordaient. Elle remarqua son petit soupir mais n'en dit rien, sachant très bien qu'il trépignait intérieurement. Mais cela lui plaisait d'autant plus.*

-Vous me remercierez quand vous aurez votre robe et que vous pourrez vous éblouir dans un miroir, rivalisant de mille feux avec le Soleil lui-même, rétorqua-t-il doucement d'un ton se voulant aussi neutre que possible, tentant de cacher la tension qui l'habitait à cette seule mention dès lors.

-C'est surtout le Soleil, que je souhaite éblouir, lança-t-elle avec un air amusé.

* Bien entendu elle sous-entendait par là "le ROI Soleil"... car oui, tout ce qu'elle faisait avait pour but d'en mettre plein la vue à Louis, et non pas seulement à la Cour, afin que celui-ci se conforte dans l'idée qu'il ne s'était pas trompé en la choisissant elle, qu'il avait bien fait de la courtiser des mois durant, et qu'il fallait que ce soit elle pour toujours qui reste à ses cotés et dans son coeur. Car oui, elle prenait son rôle de favorite royale très au sérieux, et oui elle était éperduement amoureuse de son amant, et d'une jalousie maladive.

Elle se tourna vers lui, lui faisant face, et lui souriant à son tour. Elle récupéra sa main qu'il venait se baiser, esquissa une petite révérence et lui répondit calmement.
*

-Ce fut un plaisir de faire ces quelques pas en votre compagie, cher monsieur Colbert, votre présence ne m'a pas été désagréable, bien au contraire, et j'espère que nous aurons à nouveau l'occasion de discuter. mais de grâce, à l'avenir, éviter de me faire passer au travers des murs, ajouta-t-elle avec un petit rire.

* Elle posa une dernière fois ses iris bleutés sur son interlocuteur, qui semblait pressé de regagner ses quartiers. Quel fou de travail, cet homme. *

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