L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 Une liberté bien méritée

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Molière
Premiers pas à la Cour
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MessageSujet: Une liberté bien méritée   Ven 21 Aoû - 19:44

Le comédien avait passé une fort bonne nuit, et c’était donc de très bon pied qu’il avait quitté sa demeure parisienne, laissant son épouse, sa fille et leur servante, Anne Laforest, s’occuper de son intérieur pendant qu’il travaillait pour le roi. Depuis quelques jours, Molière se sentait bien mieux sur tous les points, aussi bien sur celui de sa comédie en cours que sur celui de sa santé ou de son stress face à l’idée de représenter une tragédie après tant de temps passé à tenter d’oublier les fiascos passés en tant que petit tragédien jouant aux foires à bestiaux des villes de province. Non, maintenant il était libre de ses mouvements et de ses actes, et il pouvait se permettre d’échouer dans une pièce : au moins bénéficierait-il du soutien indéfectible de Sa Majesté (ou du moins Molière le pensait-il, la suite des événements menaçant de le déchoir totalement de ses illusions, terribles choses qu’elle pouvait être !) et donc aurait-il peut-être droit à un peu d’aide de la part du souverain ou encore de la favorite de celui-ci ? Il n’en savait rien, mais ne se posait pas la question. Comme il l’avait déclaré lui-même à la Montespan, peu de temps auparavant d’ailleurs, alea jacta est pour la pièce, et il ne retournerait pas en arrière pour quelque raison que ce soit. Adieu les belles paroles vaines, adieu les doutes, ne les exposons plus au monde ! Soyons comme Lully, en permanence sûr de lui malgré tous les déboires qu’il put connaître, suivons l’exemple de ce Florentin que toute la France admire ! Molière était enthousiaste à l’idée de donner au public une tragicomédie de son cru, quand bien même il s’agissait d’un essai dont l’auteur lui-même doutait plus que profondément. Mais contrairement à quelques jours auparavant, Molière ne montrait plus rien de ses doutes et tâchait de paraître assurer. Au fond, cette technique devait être excellente pour le moral et pour les nerfs, car depuis ce jour où il avait décidé, après avoir discuté avec la Montespan de la suite de ses projets, de ne pas s’en faire de trop au sujet de sa tragicomédie, son état général s’était amélioré. Il n’en ressentait qu’un bonheur intense qui le remontait encore et encore. Non, vraiment, c’était parfait pour l’instant !

Soulagé d’un fameux poids, ayant trouvé un moyen de ne pas signer son arrêt de mort tout de suite à force de s’inquiéter, Molière avait considérablement avancé d’un seul coup, rattrapant ainsi l’avance qu’avait prise le Florentin (lequel fut sûrement un peu déçu de ne pas pouvoir encore prolongé son oisiveté et ses vacances, mais il était temps parfois de se remettre au travail après une pause bien méritée alors que l’on attend son collègue qui gravit lentement la pente !) et lui permettant à son tour de ralentir un peu le rythme infernal qu’il avait adopté et qui inquiétait quelques un de ses acteurs, la brave Madeleine Béjart et Gros-René dit « Du Croisy » en tout premier lieu, qui se demandaient si leur chef de troupe n’allait pas se mener à trépas par sa propre activité, mais il n’en fut pas le cas. Soulagés, ses acteurs le prièrent de prendre du repos, et Molière accepta sans trop faire de difficultés, pensant lui aussi qu’il avait bien mérité un peu de repos supplémentaire après toutes ces activités déployées les derniers jours pour parvenir à un résultat acceptable dans les dernières scènes écrites de Psyché. Le grand Sieur de Lully avait même accepté de sortir de ses partitions et de rédiger une scène entière de la pièce, la plainte italienne qui inquiétait le comédien pour une question de… langage. Bien évidemment. Et qui si ce n’est le Florentin était mieux situé dans l’entourage du comédien histoire de jouer les nègres dans quelques phrases d’une comédie destinée avant tout à plaire à Sa Majesté et à la Cour ? Lully se débrouillait si bien dans l’art de mijoter de curieux complots, parfois même si compliqués qu’ils étaient dignes de la Commedia dell’arte à laquelle le compositeur avait appartenu par le passé, que Molière l’avait jugé parfaitement capable d’écrire une pièce de théâtre s’il le désirait. D’ailleurs Lully n’avait pas attendu le consentement du comédien pour s’y mettre de très bonne heure… Enfin bon.

Cessant un instant de songer à Lully, à ses capacités, à ses complots et à ses manigances, Molière s’assit dans l’ombre d’un arbre, à l’écart de l’agitation du monde, le soir tombant. Les quais étaient propices à la réflexion, mais le comédien ne réfléchissait pas. Il regardait paisiblement l’eau de la Seine couler en pensant à des vers… Ou à des actes de pièces, tout dépendait. Il se redressa finalement, aux alentours de vingt heures, et se glissa dans les rues de Paris, silencieuse ombre passant dans les ruelles de Paris, en évitant soigneusement les coins trop fréquentés. De toute façon, qui pourrait véritablement s’en prendre à lui ? Il n’avait rien de l’apparence d’un bourgeois ou d’un noble, ses vêtements étaient simples et sa bourse pour ainsi dire vide malgré l’or qui coulait à flot dans ses malles, chez lui et à Versailles. Pas de danger, vous dis-je… Ce qui ne l’empêcha pas de sursauter lorsque l’on l’aborda.
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