L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 L'inspiration n'attend pas

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Molière
Premiers pas à la Cour
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MessageSujet: L'inspiration n'attend pas   Ven 21 Aoû - 19:42

Assis dans le Salon de Diane, le grand comédien et auteur Molière achevait d’écrire… une lettre. Il ne fallait pas croire qu’il allait passer ses journées à écrire comédie sur comédie et scène sur scène, si ? Bien sûr que non, il avait une autre vie à côté ! Une autre vie fort importante d’ailleurs… Son épouse lui manquait car cela faisait trois jours qu’il n’était plus rentré chez lui. Il savait bien qu’il ne lui manquait pas, ou alors pas trop… peut-être lui manquait-il un tout petit peu, en tant que chef de troupe de théâtre ou en tant que comédien (il la faisait rire par ses pastiches), mais en tant que mari… probablement pas. Sa fille lui manquait aussi. Il lui avait donné le nom de son premier amour, celle que l’on disait la mère ou la sœur aînée d’Armande. Selon ce qu’il savait, Madeleine et Armande étaient sœurs, bien qu’ayant vingt-quatre ans de différence. C’était du moins ce qu’il était noté sur leur acte de mariage, mais à la vérité il ne savait pas trop bien qu’en penser. Une chose est sûre : il ne commettait pas d’inceste par ce mariage, quand bien même on n’avait de cesse de prétendre le contraire. Et il avait prénommé sa fille Esprit-Madeleine, nom qu’Armande ne manquait pas de trouver ridicule. Il l’aimait, lui, pourtant, ce nom… mais quoi qu’il en soit, il préférait encore qu’Armande et leur fille soient là avec lui, que de les voir à l’autre bout de la ville en train de le bouder littéralement.

Le comédien savait bien pourtant qu’il avait sa part de responsabilités dans tout ce qui lui arrivait, mais il ne pouvait se résigner à changer d’attitudes : celles qu’il adoptait présentement étaient les seules qui puissent lui permettre d’avancer à un rythme de croisière plus qu’agréable et donc qui convienne au Roy, qui exigeait toujours de son auteur préféré la plus grande célérité et par la même occasion la plus grande perfection dans ses œuvres, une perfection jamais atteinte, et qui bien entendu devait le magnifier au possible, sans quoi ce n’était pas la peine de s’acharner à tenter tout ça. Le Roy devait bien entendu sembler superbe partout où il était représenté. Tout devait refléter son élégance, sa beauté et bien entendu encore rendre ses portraits plus flatteurs qu’ils ne l’étaient déjà. Pareil avec les comédies, d’ailleurs ! Il fallait que l’on puisse reconnaître son personnage si jamais des dieux intervenaient dans l’histoire. Depuis un peu plus d’un an déjà, le Roy avait cessé de danser en public. Vieillissait-il trop pour danser correctement ? Le comédien ne pouvait pas en juger, mais il lui semblait que son souverain demeurait l’un des meilleurs danseurs du pays et même de toute l’Europe (la flatterie portait toujours ses fruits avec ce genre de royales personnes). Lully pensait de même, mais tous savaient le rusé renard qu’était le Florentin lorsqu’il avait quelque idée derrière sa tête « au teint de cheminée » comme se plaisaient à dire et à répéter ses détracteurs. Mais quoi qu’il en soit, il demeurait que Lully, à l’instar du Roy dont il avait été presque le « favori » pendant des années et des années, restait lui aussi un excellent danseur capable de s’illustrer entre autres aux côtés du Roy.

Molière sourit à ses souvenirs, signa sa lettre de son nom d’auteur précédé de « ton mari aimant ». Il l’aimait. L’aimait-elle, ou aimait-elle sa bourse, il ne le savait pas vraiment, mais leur mariage demeurait l’un des sept sacrements, et donc un fait capital dans leur existence à tous les deux. Molière l’aimait à la folie. Il embrassa sa lettre, puis la glissa dans une simple enveloppe de papier et cacheta la lettre de son sceau personnel : un sceau décoré d’un masque derrière lequel était un lys (symbole de la royale maison de France) et devant lequel était la lettre M en majuscule. M comme Molière. Il regarda la cire durcir dans le silence des environs, et une fois celle-ci assez dure pour supporter le trajet, il se leva et la porta à un des domestiques du palais de Versailles en lui demandant de remettre cela à Madame Molière, demeurant rue de Rivoli au numéro 32. Le messager quitta les lieux en acquiesçant dès que le comédien lui eut remis un louis d’or (il n’hésitait pas à payer généreusement ses émissaires, cela lui servait pour ainsi dire de garantie afin que la lettre arrive sans « encombres » de tout acabit à destination). Molière resta un long instant penché sur sa nouvelle feuille toute blanche encore et se remit à réfléchir avant d’écrire. Il venait d’avoir une idée, qui n’avait rien à voir avec Psyché, certes, mais toute idée méritait d’être notée. Il griffonna quelques mots sur le papier vierge, relut son intrigue de base avant d’esquisser quelques dialogues. Il en était là de sa relecture lorsqu’il entendit la porte claquer. Sans se lever ni même se retourner, il salua l’arrivant.


- Bonjour.
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Gabrielle de Thianges
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MessageSujet: Re: L'inspiration n'attend pas   Dim 3 Jan - 19:43

[HJ : excuse-moi, je n'ai pas réussi à faire plus long !]

DJ :

Gabrielle vagabondait dans les salons déserts. Aujourd’hui, Versailles était plus calme qu’à l’habitude. La journée était belle, chacun vaquait à ses occupations, dans ses appartements, aux jeux ou dans les jardins du château. Sa journée s’était ouverte par une balade dans l’orangerie, un lieu qu’elle appréciait énormément. Elle y lit des nouvelles de ses chers enfants et particulièrement de son aînée Diane Gabrielle, nouvellement mariée au Duc de Nevers. La marquise n’était pas peu fière de ce beau mariage, qu’Athénaïs avait magnifiquement orchestré pour sa nièce ! En tant que mère, elle n’avait point à rougir de sa fille, joliment gâtée par la nature tant dans son apparence que son esprit, une vraie descendante des Mortemart ! Sa chère Diane lui manquait. Elle se résolût à lui rendre visite, pour prendre de ses nouvelles, partager un peu de temps avec elle et s’enquérir de son bonheur. La mère protectrice qu’elle était ne pouvait s’empêcher de vouloir vérifier le bonheur de sa fille et sa bonne installation dans sa nouvelle demeure. *Pourquoi ne pas y convier Athénaïs ?* La venue des deux dames ne manquerait pas de plaire à Diane et son mari et toutes deux pourraient unir leurs efforts afin de s’assurer du bonheur de Diane Gabrielle. Devant passer une partie de l’après-midi avec sa cadette, l’occasion était la meilleure afin de lui conter quelques nouvelles et partager son projet.

L’après-midi, elle vit quelques unes de ses amies autour d’un thé, à échanger quolibets et commérages pour leur plus grand plaisir ! A présent, elle s’était lancée à la recherche de sa sœur. Celle-ci lui avait fait dire par Claude des Œillets de la rejoindre dans le salon voisin au salon de Diane mais il n’y avait personne ! La marquise attendit sa cadette un long moment dans le salon, assise dans un des fauteuils ou à faire les cent pas. Athénaïs pouvait être en retard mais voilà une heure que Gabrielle attendait ! Malgré sa patience et son amour pour elle, il ne fallait point abuser ! Elle se lança alors à sa recherche, pensant la trouver dans les lieux où elle avait pour habitude de se rendre en compagnie du Roy. Elle croisa la comtesse d’Heudicourt qui revenait de la balade commandée par Sa Majesté. Et chose étrange, elle ne l’y avait point aperçu. Ce ne fût pas pour rassurer Gabrielle. Quand le Roy se montrait et paradait, sa favorite n’était jamais loin ! Par grand hasard, elle croisa son frère mais Vivonne non plus ne put la renseigner. Décidément, sa sœur faisait des mystères. Elle se hâtât de traverser la galerie des glaces et finit par en avoir assez de la chercher. Pourtant, elle retourna au salon fixé pour la rencontre sans trouver sa sœur ! Elle y patienta de nouveau, sans plus de succès … Agacée, elle passa au salon de Diane et claqua la porte après son passage sans s’apercevoir qu’une personne était paisiblement installée dans ces murs. Celui-ci la salua sans qu’elle s’y attende et elle sursauta. Heureusement, l’homme ne s’était pas retourné. Elle crut reconnaître Molière, dont elle appréciait beaucoup les pièces, elle n’en manquait aucune et se glissait souvent dans le théâtre afin d’assister aux répétitions.

La marquise cessa sa « course » et répondit aimablement :


-Bonjour Monsieur Molière, pardonnez-moi d’avoir troublé votre quiétude !

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Gabrielle de Thianges
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MessageSujet: Re: L'inspiration n'attend pas   Lun 15 Fév - 22:10

HJ : uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuup !

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MessageSujet: Re: L'inspiration n'attend pas   Lun 15 Fév - 22:56

HJ : ouf Molière/Lully !! Bon si tu ne souffres pas du syndrôme Dory (pas comme moi), tout va bien !!!

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Molière
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MessageSujet: Re: L'inspiration n'attend pas   Dim 21 Fév - 1:46

[note : j'ai effacé nos trois posts précédents pour ne opas "couper" dans le rp XD]

La porte qui claquait lui avait fait faire un bond si prodigieux qu'il avait manqué heurter le plafond sis trois mètres au-dessus de sa perruque. Ce qui renseignait amplement le spectateur sur son état de surprise extrême. Néanmoins, il s'était repris très vite, avait achevé les petits formalités entamées avec sa lettre, et avait salué d'une voix neutre, comme si de rien n'était. Mais, Seigneur !, son coeur continuait à pulser méchamment dans sa poitrine malade, accélérant sa respiration. Le comédien appliqua alors l'ancienne technique, respirant posément et profondément pour forcer son coeur à reprendre un rythme normal.

Ce fut exactement à CE moment précis que la marquise de Thianges décida de le faire sursauter une seconde fois. Et par la même occasion de lui faire prendre conscience de son extrême impolitesse. Il n'était pas dans ses apaprtements, nom de Dieu ! Il était dans le Salon de Diane, en train de s'adonner à des plaisirs épistolaires, certes ; mais il lui fallait quand même encore faire preuve de respect envers ses supérieurs, envers les dames, et surtout envers les dames d'un rang supérieur au sien ! Laissant retomber sa lettre sur la table, il se releva prestement et fit une profonde révérence devant la marquise. Ses joues si pâles avaient pris une couleur un peu plus cramoisie qu'à l'ordinaire. Certes, elle s'excusait... Mais il était au moins aussi coupable qu'elle, si pas plus. Bref.


- Vous êtes de tout coeur pardonnées, madame la Marquise.

Le comédien se redressa de sa révérence, s'approcha d'elle et lui fit un baisemain des plus galants, comme s'il essayait de faire oublier ses deux ou trois secondes d'impolitesse pure et dure. Enfin, bon, il les mettait sur le compte de ses pulsations cardiaques trop élevées encore. On pouvait d'ailleurs remarquer sa respiration légèrement haletante, en raison à la fois de la surprise et de la phtisie qui le rongeait encore et toujours. Maudite maladie ! La peste soit des médecins ! La peste soit de tout, en fait ! Et principalement de tout ce qui concernait sa santé. Lui qui s'imaginait être aussi robuste que son père ! Visiblement, c'était raté, et même bien raté. Le comédien se fustigea mentalement pour avoir laissé ses pensées dériver, se redressa une dernière fois.

- Madame, je vous prie de bien vouloir me pardonner le retard de ma réaction.
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Gabrielle de Thianges
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MessageSujet: Re: L'inspiration n'attend pas   Mer 24 Fév - 14:41

(HJ : tu es sûre ? Je les vois encore Wink )

DJ :

Au bond que fit Molière, la marquise réalisa avec quel fracas elle venait troubler le paisible salon de Diane. Faisant preuve de tempérance en toutes circonstances, elle se laissait aller et ce, devant témoins ! Soit, Molière ne lui en tiendrait peut-être pas rigueur mais eut-il s’agit d’une autre personne, celle-ci se serait empressée de répéter ce qu’elle avait vu. Dieu sait quels commérages auraient pu se répandre suite à ce banal épisode : La marquise de Thianges est en colère ?? Une prétendante aurait-elle tourmenté sa sœur ? Perdrait-elle de sa superbe ? A son âge, on peut le penser !! … Pour en revenir à la situation présente, Gabrielle fit aussi une révérence pour répondre à la salutation du plus grand dramaturge de France.

-Vous êtes bien aimable Monsieur ! Pardonnez-moi d’avoir troublé votre repos, vous qui travaillez sans cesse, ces moments doivent être suffisamment rares pour que l’on vous laisse en profiter sereinement !

Ces mots furent prononcés avec beaucoup de calme et de douceur afin de contraster avec son entrée fracassante et fracassée. Gabrielle aussi fit un bond à faire pâlir toutes les biches de France mais Molière n’en vit rien. Le rosé de ses joues serait la seule preuve de sa surprise et de sa gêne. Quelle impolitesse pour une dame de rang ! Fort heureusement, elle avait peu de force et ne risquait pas de faire trembler les murs ! A la bonne heure ! Le Roy lui serait gré de ne pas détruire ce qu’il avait mis tant de temps et d’acharnement à bâtir !

-Vous êtes tout à fait pardonné Monsieur Molière ! Votre réaction tardive s’explique par la surprise de mon entrée … bruyante … si je puis m’exprimer ainsi.

La marquise nota la respiration haletante de son interlocuteur. La phtisie de celui-ci n’était un secret pour personne malgré les efforts qu’il faisait pour cacher son état parfois très fatigué. Envers et contre tout, il continuait de paraître, travailler et plaire à la Cour. Peut-être le succès de ses pièces l’aidait-il à se surpasser ? Quoiqu’il en soit, sa discrétion et sa distinction faisaient beaucoup de bien dans ce panier de crabes !

-Comment vous portez-vous ? Vos travaux avancent-ils selon vos souhaits ?

N'allez pas y voir un début de conversation de convenance. Gabrielle s’intéressait aux pièces de Molière. Elle et sa sœur en étaient friandes et ne manqueraient pour rien au monde, sauf impossibilité de paraître, ses représentations ni même les répétitions !

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