L'Affaire des Poisons

1670, entre Messes Noires et sombres complots, pénétrez la plus effroyable affaire de tous les temps !
 
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 Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]

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Molière
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MessageSujet: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Mer 24 Juin - 14:03

La comédie est terminée ! Molière venait de donner la réplique finale en cette représentation, et venait de saluer un public imaginaire : on était encore en répétition; bien que les apparences puissent faire croire le contraire. Tout l'attirail nécessaire avait été sorti, les machineries essayées avec un succès relativement prometteur pour la suite, et les acteurs connaissaient assez bien leurs textes. Mais... comment dire ? Ah oui ! Il manquait un morceau à la pièce... et un fameux morceau, étant donné qu'il manquait tout un acte et quelques scènes ! Molière serait-il en retard ? Non, probablement pas ! Les représentations de Psyché seraient données dans plus de quatre mois ! Mais Lully le pressait, et l'on pouvait parfaitement comprendre sa hâte lorsque l'on savait qu'il avait bien du mal à écrire de la musique sur les textes de la pièce lorsqu'il ne possédait pas lesdits textes ! Mais l'auteur n'avait guère le choix, au vu de tous les soucis auxquels il se retrouvait confronté, que de reporter encore et toujours les textes. Comment, dès lors, s'étonner de la hâte de son vieux complice ?

Comble de tout ce qui était possible en ce monde, madame de Montespan avait jugé convenant de se rendre à la répétition afin d'observer les progrès des acteurs. Progrès notables, certes, mais cette situation ne faisait qu'augmenter la pression qui accablait les épaules frêles du comédien, or avoir la pression en permanence n'était pas du tout bon pour sa santé déjà défaillante... Enfin, il n'en ferait pas la remarque à sa mécène, n'est-ce pas ? La marquise aimait tellement ses oeuvres, et pouvait se montrer si généreuse et aimable envers lui et ses collègues de profession ! Il serait inconvenant, voire même carrément risqué pour sa carrière et pour sa réputation, de la mettre à la porte du Palais Royal, n'est-ce pas ? Alors, Molière se taisait, ou plutôt disait son texte à sa manière, essayant d'interpréter au mieux son personnage encore à moitié esquissé, à moitié achevé, le tout sans faire d'erreur de mémoire si possible. Et une fois la représentation achevée, le comédien s'était tout simplement assis sur le rebord de la scène, les jambes pendant dans le vide, à la recherche d'un peu d'inspiration. Cette coquine d'inspiration ! Ne voulait-elle donc point le satisfaire en lui permettant d'achever une partie de sa pièce ? Non ? Vraiment pas ? Ah, malheur ! Et Lully qui risquait fort de revenir ce soir même le harceler à propos de ses vers ! Ah, il devait être maudit !

Tellement maudit qu'il lui avait suffi de penser à cela pour trouver un brin d'inspiration caché quelque part dans le creux de ses pensées... Saisissant alors un carnet hors de sa poche, car il ne portait pas encore les costumes (inachevés encore... mais le costumier avait tout son temps, n'est-ce pas ?), il commença à rédiger la suite. La prose coulait de source, les vers viendraient bien par la suite, une fois que Corneille, Quinault et lui-même s'en seraient chargés. Lully lui-même avait mis la main à la pâte pour le livret de la pièce, en écrivant toute une scène en italien. Qui donc pouvait être mieux placé que lui pour parler en cette langue ? Molière relut son texte avec satisfaction, raya l'un ou l'autre passage jugé trop... euh... tout simplement pas à son goût, les remplaça par d'autres plus convenants à son sens, et continua sa relecture, jusqu'à ce qu'il ne sursaute en entendant des bruits de pas sur la scène ? Les acteurs n'avaient-ils pas quitté le plateau ? Le comédien releva la tête, aperçut la marquise, et se redressa immédiatement pour la saluer d'une révérence.

Mes hommages, madame.
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Jeu 25 Juin - 0:41

HJ: youhou!! en gros, ça t'embête que je sois là? XD mais ze suis zentille lol. (Au fait, les n'actions c'est entre ** et les paroles avec un - ) Very Happy

* La marquise avait en effet, souhaité assister à la répétition de la dernière pièce en travaux de Molière. Louis ne cessait de lui parler de cette pièce qu'il avait commandée, donc la curiosité d'Athénaïs en était tout émoustillée. Elle profita de quelques heures qu'elle avait de libre pour venir assister aux répétitions des comédiens, qu'elle avait trouvés absolument remarquables. Elle se prit d'ailleurs applaudir lorsqu'ils sortirent de scène. Elle attendit ensuite, sagement, voyant que Molière cherchait l'inspiration au bord de la scène. Puis, lorsqu'elle constata que celle-ci était venue et qu'il avait griffoné quelques lignes sur son carnet, elle décida d'aller en personne le féliciter.

Elle fut d'ailleurs trahie par le bruit de ses talons sur les planches, et s'approcha du talentueux Jean-Baptiste Poquelin. Athénaïs le vit s'incliner et le gratifia d'un sourire, lui tendant sa main délicate et blanche. *


-Oh, Monsieur Molière, comme tout ceci promet d'être réjouissant! Vraiment, vous avez le don de nous étonner chaque fois un peu plus. Sa Majesté en sera émerveillée, j'en suis certaine.

* Toujours sourire aux lèvres, la favorite regardait le sieur Molière, qui arborait une mine plutot soucieuse, quelques gouttes de sueur perlant sur son front. Alors, ne montrant rien de l'inquiétude qui la gagnait aussi, la belle dame se risqua à une question... la question fatidique.*

-Mais, êtes-vous certain que tout sera fin prêt pour la date prévue?

* En effet, bien que le Roi sache se montrer parfois compréhensif, il n'aurait probablement toléré aucun délai supplémentaire pour une pièce qu'il avait commandé et pour laquelle il avait laissé un délai, selon lui fort suffisant. Aussi, la marquise s'inquiéta de savoir si tout serait terminé à temps. Même elle, ne pourrait surement rien pour les aider, ou au prix de nombreux efforts et d'un argumentaire bien élaboré. La Roi savait ce qu'il voulait, et il exigeait de l'obtenir. *

-Je ne voudrais pas vous mettre le couteau sous la gorge, mais il serait rassurant que vous nous donniez quelques renseignements...

* Bien sûr, le ton de sa voix restait toujours calme et doux, de manière à ne pas alarmer le comédien plus qu'il ne devait l'être.*

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Dernière édition par Madame de Montespan le Ven 26 Juin - 11:39, édité 1 fois
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Molière
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Ven 26 Juin - 1:30

[HJ : désolée avec les conventions d'écriture, si je dois retenir celles de chacun des forums je suis mal barrée XD Surtout que je vois pas trop l'utilité des ** pour les actions. Les tirets devant les paroles, à la rigueur mdr]

Le comédien se saisit de la main blanche et fine de la marquise et la baisa diligemment. Sa présence ne luii était peut-être pas des plus souhaitables au vu de l'instant présent, mais le comédien n'en montrait rien du tout, préférant de toute façon être agréable à sa mécène plutôt que de l'envoyer paître au diable, même si avec toutes les formulations possibles et imaginables histoire de bien enrober la pilule de miel et de confiseries pour la rendre plus digeste. Au fond, sa présence n'était pas si indésirable que cela, il se prenait même parfois à apprécier sa compagnie, aussi futile soit-elle de temps en temps ; c'était plus exactement la situation qui l'était. Il n'aimait pas trop, et cela était parfaitement compréhensible, être dérangé en pleine séance d'inspiration, surtout lorsque celle-ci venait aussi facilement qu'en cet instant. Lully non plus n'aimait pas cela, mais Lully était un maître dans l'art de l'insolence ouverte, ce que Molière n'était pas. Molière y allait avec le dos de la cuillère, bien gentiment. Lully y allait à coups de canne sur le plancher et déclenchait de véritables tornades lorsqu'il se retrouvait dérangé dans son travail, Molière ne réagissait pas ainsi. Il était plus doux, plus serviable, plus aimable... ou tout simplement plus vieux. Par le passé, ses réactions auraient été similaires à celles de son cher complice.

- Ma chère amie, vous me voyez ravi et honoré de constater que cela semble vous avoir plu. Le bon plaisir de Sa Majesté et du petit peuple de France demeure mon sujet de préoccupation principal, et je suis enchanté d'avoir réussi à conquérir l'approbation de celle pour qui le coeur du Roy bat.

Le comédien fit une seconde révérence tout aussi polie, tandis que la marquise semblait hésiter un tout petit peu. Son visage restait fort impassible, certes, mais ses yeux, ses si beaux yeux que le Roy adorait tant, semblaient inquiets. Le comédien se sentit saisi de la même inquiétude lorsqu'elle posa enfin la question fatidique : les choses seraient-elles prêtes à temps ? Il n'en savait que trop rien, et si il avait été l'homme effronté qu'il avait été auparavant, il aurait répondu avec acidité que les choses iraient plus vite s'il avait la paix. Mais cela ne serait pas décent, si ? Répondre ainsi à Mme de Montespan, c'était s'ouvrir à mille et une critiques voire même à une disgrâce, purement et simplement. Et tel n'était pas le but de Molière, surtout pas au vu de sa santé déclinante et du fait qu'il avait maintenant à gérer toute une troupe de théâtre. Et en plus, elle désirait quelques renseignements... Que pouvait-il donc lui donner ? Lui lire ce qu'il avait déjà créé maintenant, ce qu'il venait d'écrire, ses plans, le point auquel il pensait en être dans la pièce, ce qu'il manquait, ce qu'il y avait déjà ? Ah, il était tout de même copieusement dans de très beaux draps, là... et Armande qui n'en faisait qu'à sa tête (tant qu'on parle de draps), et la petite Esprit-Madeleine qu'il craignait à chaque instant voir mourir comme ses deux frères... Non, c'en était trop ! Molière ne pouvait pas prendre de risques inutiles, ni même de risques utiles d'ailleurs. Il sourit à la favorite et tenta de répondre en ignorant la sueur qui coulait sur son front et le léger tremblement de sa main qui tenait encore celle de la marquise. Pourvu qu'elle l'ignore elle aussi, priait-il de toute son âme !

- Oh, je le crois, oui... Il me reste un acte et quelques scènes à achever en prose, ensuite mes collaborateurs se chargeront des vers, et Lully de la musique. Sa Majesté sera, je l'espère et je le crois, satisfaite à temps. Du moins je l'espère, ne put-il s'empêcher de songer tout en relâchant la main de la marquise. Mais je vous en prie, asseyez-vous donc ma chère, fit alors le comédien en lui désignant... les sièges du décor, tout bonnement. Et alors ? Décor ou pas, c'étaient des sièges, non ? Ils n'allaient quand même pas s'asseoir tous deux dans la salle pour converser... cela ne serait guère galant !
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Ven 26 Juin - 12:07

HJ: loool! ben ce sont des conventions, c'est comme ça; perso sur tous les fos où j'ai été, on mettait les actions entre **, j'aime bien je trouve que ça différencie du rese. Après Pauline a proposé en italique ici, donc moi j'ai proposé qu'on choisisse l'un des deux. Very Happy

* La marquise suivi du regard les yeux du comédien. Elle sentait que la main avec laquelle il tenait la sienne tremblait quelque peu, mais elle n'y prêta pas plus attention que cela, mettant ceci sur le compte de son âge avancé. Elle ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il évoqua le Roy, précisant que son coeur battait pour elle. Cela faisait toujours plaisir à entendre. Une petite lueur traversa son regard qui était fixé sur le sieur Molière. *

- Vous êtes bien aimable, monsieur. Le Roy sera fort content du mal que vous vous donnez, j'en suis certaine.

* Elle se tourna pour voir les sièges que le comédien lui désignait. La favorite eut un petit sourire amusé, jamais encore elle ne s'était assise sur des "décors", mais soit, le lieu s'y prêtait après tout. Elle n'avait bien sûr aucune idée de tous les soucis qui tracassaient Molière, à part l'avancement de la pièce. Il faut dire qu'elle en avait elle aussi quelques uns, et ne pouvait s'attarder sur les petits problèmes de chacun, même si ces personnes étaient importantes.
Toujours souriante et la mine agréable, Athénaïs s'assit donc sur le siège que Molière lui destinait.*


-Eh bien tout ceci me semble de bon augure, si vous êtes sûr que tout sera prêt à temps. r Lully a-t-il déjà commencé ses compositions?

* Connaissant le zèle du musicien, on pouvait s'attendre à tout avec Lully, contrairement à la constance de Molière, d'où l'inquiétude de la marquise. *

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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Lun 6 Juil - 0:57

Ah si seulement la marquise pouvait avoir raison ! Molière aurait donné tout ce qu’il possédait et bien au-delà encore pour que cette prédiction se réalise. La Montespan devait bien connaître son amant, sans aucun doute, mais il n’empêche… Il n’en demeurait pas moins inquiet à tous les niveaux et sur tous les sujets en ce qui concernait ce nouveau divertissement à présenter, à savoir la tragicomédie Psyché. Cette œuvre était bien difficile à écrire, ainsi qu’à mettre en scène à cause des innovations techniques qu’elle exigeait et Molière le savait : en fait, il ne le savait que trop bien. Il préférait donc prendre ses précautions avec tout cela et se montrer avant tout prudent et circonspect, ne faisant jamais au grand jamais fi de ses haines, de ses rancunes et de ses inquiétudes à quelque sujet en rapport direct ou indirect avec la pièce. Pour résumer au mieux et le plus clairement possible la situation telle qu’elle était présentement, un seul mot aurait suffi : Molière avait la frousse, et donc il avait par la même occasion la pression, ce qui ne faisait qu’augmenter ses craintes sempiternelles et ne lui permettait que de se sentir mal encore plus vite. Ah, maudit, il devait être maudit, une autre solution était impossible à envisager !

- J’ose espérer que vos sentiments à l’égard de ma pièce seront partagés par Sa Majesté lors de la représentation. Vous ne pouvez concevoir, chère amie, à quel point il peut être douloureux et difficile pour un être humain tel qu’il soit de faire face à un échec préparé pourtant avec le plus grand soin et la plus grande rigueur possibles…

Le comédien eut un sourire amusé lorsqu’il vit que la dame semblait hésiter à s’asseoir sur le décor de la pièce. Mais qu’importait un fauteuil aux yeux du roi ? Rien, une bagatelle de quelques louis et puis c’était tout. Une bagatelle, vraiment, une broutille ! Et la présence de la favorite assise en ce siège ajoutait encore au meuble un cachet supplémentaire, vous ne pensez pas ? L’auteur prit à son tour place sur le siège opposé, qui se révélait en l’occurrence être une bergère assez confortable, dans lequel il se renfonça, savourant le bienfait d’oreillers dans son dos. Il se sentait las, certes, mais bien mieux que par le passé, et il lui semblait par moments (comme pour l’instant par exemple) qu’au fond, la perspective de mourir ne l’attendait pas de sitôt, et qu’il avait peut-être encore de belles années devant lui. De bien douces utopies qu’il se susurrait à lui-même dans les moments de paix intérieure, des utopies qu’il savait utopiques et donc irréalisables : le comédien se doutait bien de la proximité de sa toute dernière fin, sans toutefois pouvoir la situer avec plus de précisions, il ne pouvait ignorer ces poussées de fièvre et ces crachements de sang. Et pourtant, il osait encore espérer, et il espérait encore lorsque la Montespan lui adressa la parole.

Elle lui disait que si sa certitude se révélait concrète, alors tout ceci était de très bon augure. Il ne put se retenir de sourire à cette pensée : alors elle n’avait ni remarqué la moiteur de son front, ni les tremblements de ses mains ? Quel était donc ce prodige, si du moins prodige il y avait ? N’était-ce tout simplement pas le fait que la marquise le pensait à nouveau pris par son mal, plutôt que pris par ses tracas comme il l’était présentement ? Tout ceci lui semblait presque probable. Et ma foi, en ce qui concernait Lully…


- Ma foi, Lully a une grande qualité et un terrible défaut. Sa grande qualité est d’écrire bien rapidement de la bien belle musique. Mais son défaut est d’aller si vite qu’il ne laisse guère au poète le temps de souffler entre deux scènes ! M. de Lully est en avance sur moi pour l’instant, car il a déjà écrit le prologue, les scènes de ballet, les passages orchestraux ainsi que tous les textes que je lui ai fourni avec l’aide de mes collaborateurs. Lully est encore plus fiable que moi à ce sujet.
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Dim 19 Juil - 19:53

* La belle marquise ne put s'empêcher de sourire. elle savait le Roi bien souvent du même avis qu'elle, surtout en ce qui concernait les Arts. et comme Molière et Lully étaient ses protégés, ils n'avaient pas à trop s'inquiéter. "Ils n'avaient qu'à" faire de leur mieux, et tout irait de soit. Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Elle répondit à Mr Molière avec une pointe d'amusement dans la voix. *

- Allons Mr Molière, ne songez point à l'échec, vous en êtes bien incapable, je le sais! Vos créations sont un régal d'amusement pour Sa Majesté, qui ne cesse de réclamer vos pièces. Vos soins et votre rigueur ne seront pas vains. Rassurez-vous mon ami, vous serez encensé, j'en suis plus que convaincue.

* Bien sûr, la marquise ne se doutait pas un instant de la gravité des maux dont souffrait le pauvre comédien si talentueux. Elle le savait légèrement souffrant, mais pas à ce point. Bien assise dans son fauteuil, elle le regardait, mais était tout de même un peu ailleurs.
Elle l'écouta attentivement expliquer l'avancement du travail de Mr Lully. Elle hocha la tête avec un petit sourire. Elle était rassurée, Lully ausis avançait de son coté, et il était en avance à en croire Molière. *

-Fort bien, fort bien! Je suis contente. Je sais que vous saurez rattraper l'avance que Mr Lully aura prise, et vous nous offrirez un beau spectacle.

* Toujours optimiste, notre Athénaïs. Il fallait dire qu'avec les soucis qu'elle avait en ce moment, ce n'était ce genre de choses qui lui paraissaient cruciales. Au contraire, elle avait hâte, tout comme le Roi, de profiter du moment de détente que leur offrirait le spectacle de Molière et Lully. *

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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Lun 27 Juil - 3:48

Ne point songer à l'échec, rester assuré en tout circonstance... Molière n'en était pas véritablement capable, pas sur ce coup là. C'était la première fois qu'il renouait avec un style dans lequel il n'avait, à vrai dire, jamais réellement excellé : en tant que tragédien, Molière était d'un ridicule inconcevable lorsque l'on voyait son talent comique. Alors inutile de penser à ce que devrait peut-être susciter la pièce qu'il était en train d'écrire, soit une tragicomédie ? Bon d'accord, les réactions ne pouvaient pas être pires que s'il écrivait carrément une tragédie, je n'ai pas dit cela non plus, mais disons qu'il y avait de fortes chances qu'il ait moins de succès que s'il avait écrit une simple farce, et que cette situation ne plaisait d'ailleurs pas trop à notre cher monsieur Molière, bien accaparé par d'autres soucis que celui-ci, quoique celui dont nous parlons soit le plus important de tous ceux qu'il connaisse à présent, excepté peut-être sa santé. Quoi qu'il en soit, monsieur le comédien Molière se faisait du souci, et avec raison lui semblait-il puisqu'il s'agissait mine de rien d'un style dans lequel il n'avait jamais réellement fait ses preuves. Les faisait-il d'ailleurs, dans un autre domaine que celui de la comédie ? Ah, si, il avait tout de même fait ses preuves en tant que valet de chambre du roi, et avait aussi été capable de danser avec grâce et élégance à l'un ou l'autre bal, voire même sur scène. Mais bon, ça ne contribuait pas trop à le rassurer tout de même.

- Laissez-moi vous conter mes débuts, madame... J'ai passé des années à représenter des tragédies avec ma troupe, enchaînant fiasco sur fiasco, jusqu'à ce que nous représentions une farce. Mon premier succès digne de ce nom. Depuis lors je n'ai représenté que farces, et n'ai connu que succès. Je renoue maintenant quelque peu avec la tragédie, bien qu'en tragicomédie cette fois. N'ais-je donc point de raisons de craindre un accueil mitigé voire distant ? Oh, comme je désirerais que vous ayez raison, madame ! Mais monsieur de La Fontaine ne nous enseigne-t-il pas dans ses fables qu'il ne faut point vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ?

Au moins, si la pièce n'avait de succès, ils auraient les scènes de ballet, le prologue et les passages instrumentaux composés et déjà (malheureusement ?) achevés par son complice de toujours qui lui, ne voyait aucune raison de patienter avant de recevoir les écrits du comédien, et qui s'était déjà bien cassé la tête à écrire beaucoup, beaucoup trop de musique. Il en avait même gardé quelques morceaux de côté au cas où il aurait envie d'organiser un petit concert de son côté, non pas une représentation totale de Psyché en avant-première, mais plus vite quelques pièces prises par-ci par-là afin d'organiser un petit bal sympathique avec quelques amis dont lui-même ferait probablement partie (enfin, si Lully avait la décence de l'inviter et si sa santé avait la décence de le laisser tranquille le temps d'un soir, voire plus même si possible... à bien y penser, ça fait quand même beaucoup de conditions, quoique la première serait facilement remplie par le Florentin). Enfin bref. Quoi qu'il en soit, il espérait encore une fois qu'elle avait raison, car s'il ne rattrapait pas son paillard de complice, il était... pour ainsi dire, plutôt bien mal parti !

- Vous m'êtes une source d'espoir et de réconfort, madame... Je vous en remercie de tout coeur.
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Lun 27 Juil - 23:11

* Athénaïs, tâchant toujours d'aider Mr Molière et de lui montrer les cotés positifs des choses, écoutait son récit tout en souriant. Elle avait bien entendu, eu quelques échos du passé du comédien, de ses fiasco dans les tragédies, et de son excellence pour les farces. Elle se doutait donc de l'inquitude qui pouvait le ronger, mais elle restait intimement persuadée que l'on apprend toujours de ses erreurs, et que par conséquent la tragi-comédie qu'il ferait ne pourrait être que réussie, puisqu'il excellait déjà en comédie et qu'il aurait su progresser en tragédie.
A sa question, la marquise hocha la tête telle une petite fille que l'on questionne sur ses connaissances en algèbre, avec un petit sourire au coin des lèvres.*

-C'est, ma foi, fort vrai, monsieur. Les morales des fables de Mr de la Fontaine nous apprennent ou nous rappellent beaucoup de choses. Mais je pense tout de même qu'il n'est pas nécessaire de s'inquiéter outre mesure. Gardez donc la dose nécessaire de trac pour avancer de manière fructueuse, et laissez le reste au placard, si je puis dire.

* Elle eut un petit rire, ce rire si célèbre à la Cour, puis regagna peu à peu son sérieux. La marquise fut fort flattée et touchée du compliment du comédien, elle en aurait presque rougi. Son but était atteint s'il disait vrai, et elle en était contente.*

-Allons, vous n'avez pas à me remercier, il est normal que je vous apporte mon soutien. C'est un plaisir pour moi, cher monsieur Molière.

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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Ven 21 Aoû - 19:41

Ah, ce que monsieur Molière, comédien à ses heures, pouvait être redevable à la grande Madame de Montespan, favorite du roi, en ces moments ! Il était sans cesse garanti du soutien de cette protectrice qui lui vouait une certaine admiration, ou du moins une certaine estime puisqu’elle le prenait si facilement sous son aile et tâchait de l’aiguiller, de lui donner le « coup de pied au fondement » des comédies italiennes afin de le pousser à écrire ce dans quoi il n’osait pas toujours s’aventurer. Molière n’avait pas peur de tourner en ridicule la société, il s’était même attiré pas mal de soucis à ce sujet en tournant en ridicule plus de la moitié de la cour : il avait commencé par ridiculiser la jeunesse trop affectée et trop apprêtée par l’étiquette et la beauté du langage pour le tourner en préciosité, et de cette préciosité dont l’origine recherchée était poussée jusqu’aux confins du ridicule fut tournée en dérision sous le titre des Précieuses Ridicules. Peu après, ce fut au tour de ces hypocrites de dévots d’être tournés en dérision par la personne du Tartuffe, héros éponyme de la pièce qu’il avait consacrée à cette caste de la société. Après cela, le grand comédien s’était tenu coi un long moment sous les cabales, long moment qui d’ailleurs ne dura pas très longtemps puisqu’il n’hésita pas à récidiver avec des pièces telles que Don Juan ou le Festin de Pierre, pour ne citer que celle-ci, une parmi tant d’autres pourtant. Mais la favorite, protectrice éclairée des Arts et des Lettres, avait tout de même réussi à le soutenir malgré tout, et à lui donner le soutien dont il avait besoin en guise de motivation. Et quelle motivation !

Mais que les choses semblaient simples à cette muse du roi et de bien des artistes, lorsqu’elle lui conseillait de remiser au placard le stress en surplus qu’il avait pour la création de cette œuvre, tout en gardant avec lui la dose nécessaire qui lui permettait de progresser dans la rédaction de cette œuvre qu’il jugeait déjà difficile à mettre en place pour un comédien chevronné tel que lui ! Il ne le montrait certes pas, mais il était à deux doigts de frissonner de peur et de panique en voyant tout ce qu’il lui restait à faire, le travail qu’avait fourni Lully et le travail qu’il leur restait à fournir, les textes à apprendre à la troupe, les faire répéter, regarder à la conception des décors et des machineries… Ah, le métier était difficile lorsque l’on voulait parvenir à de bons résultats ! Molière ne pouvait décemment pas le nier, sans quoi il serait véritablement dément, mais il ne pouvait pas non plus s’empêcher de craindre pour la suite. Le souvenir de ses anciens fiascos n’était encore que trop cuisant, et il ignorait dans quelle galère il avait bien pu aller se mettre en acceptant d’écrire cette fameuse tragicomédie pour une énième occasion (toutes les occasions étaient bonnes ou presque pour donner des spectacles variés à la cour de France, et le comédien serait bien dans les derniers à se plaindre des faveurs auxquelles avaient droit théâtre, poésie et musique en cette merveilleuse époque qu’était la leur, en dépit de tous les soucis auxquelles le monde actuel pouvait être exposé. Molière esquissa un sourire en direction de sa protectrice, sourire à moitié ironique et à moitié reconnaissant, sourire hésitant de quelqu’un qui se retrouve face à un travail de titan qu’il aurait bien du mal à vaincre, si du moins il parvenait à vaincre quoi que ce soit (et la chose n’était pas assurée au vu de l’ampleur de la tâche qui lui était demandée : gérer pleinement son stress était quelque chose de très difficile, même pour un comédien assermenté et confirmé tel qu’il l’était). Ses doutes se lisaient clairement sur sa physionomie, en particulier sur son visage, tandis qu’il répondait à la protectrice des Arts qu’il avait assise sur son propre décor.


- Ah, Madame… Ah, si cela était si facile à dire qu’à faire ! Je le désirerais tant, vous ne pouvez point savoir avec quelle force je désire pouvoir être positif au sujet de cette hasardeuse entreprise ! Oh, n’ayez donc crainte, je ne me récurserai point en pleine élaboration de cette pièce, mais je ne puis simplement être à l’avance assuré de son succès. Je tâcherai pourtant de vous satisfaire sur ces deux points : donner à la France une nouvelle œuvre de mon cru, et tenter de m’apaiser au sujet du succès de cette œuvre. Mais j’y peinerai, je puis vous en assurer…

Il n’osa pas réitérer ses remerciements… En avait-il seulement le moyen réel ? Elle le soutenait, mais l’exhortait à réaliser la chose la plus impossible qui soit aux yeux de Molière (excepté peut-être décrocher la Lune). Que penser d’elle, maintenant, quelle devait être son opinion au sujet de la sulfureuse Madame de Montespan ? Il l’ignorait, et aurait bien voulu le savoir pourtant… Mais pour l’instant, seuls l’indécision et le doute lui tenaient lieu de fidèles compagnons.
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Mar 15 Sep - 12:51

* La pression ressentie par le grand comédien qu'était monsieur Molière était plus que palpable, et la belle marquise ne pouvait que la ressentir. Elle déplorait, d'ailleurs, ce sentiment de peur fort difficile à maîtriser, parce que justement il n'était point aisé de la maîtriser, et ce genre de choses qui nous échappent peuvent causer chez l'être humain des effets fort indésirables, ce que la belle favorite avait en horreur. Elle voulait toujours que tout soit sous contrôle, cela la rassurait. L'inquiétude ne servait à rien, il fallait seulement donner le meilleur de soi, pensait-elle. Surtout dans ce genre d'affaire, en quoi le fait de se ronger les sangs ferait avancer le cas du pauvre Molière? Bien au contraire, cettez inquiétude profonde qu'il ressentait ne pourrait que lui nuire. Il fallait donc qu'il se calme et aborde la chose avec plus de recul.
Mais il était vrai qu'écrire pour le Roi n'était point chose anodine, Athénaïs en était parfaitement consciente, et c'est pour cela qu'elle n'en voulait aucunement à ce cher Poquelin, et qu'elle pouvait comprendre ce qu'il ressentait. Elle voulait seulement le rassurer, mais ce vieil homme semblait camper sur ses positions, ou plutot avoir beaucoup de mal à en décamper, alors elle se contentait de lui sourire de manière amicale pour lui signifier encore une fois son soutien. *

- Je l'entends parfaitement, mon ami. Mais croyez-moi, il vous suffit de vous y consacrer avec coeur, ce que vous faites toujours, il me semble, et vous verrez que le Roi saura l'apprécier à sa juste valeur. N'est-il pas de justice divine?

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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Dim 27 Sep - 23:26

Le comédien se redressa de son siège un court instant, faisant légèrement fi des règles les plus élémebntaires de l'Etiquette, et se précipita sur son cahier pour y noter quelques mots à la volée, au crayon. Il avait bien conscience de déroger aux règles les plus élémentaires du savoir-vivre, mais pour être totalement franc, il n'en avait cure. L'inspiration se faisait rare ces temps-ci, il ne fallait surtout pas la gâcher par des galimatias et autres soucis d'étiquette purement et simplement assomants ! Et Molière trouvait, tout bien pesé, que l'inspiration valait bien plus cher qu'une minute et demi d'entorse à l'Etiquette. Il connaissait assez la marquise de Montespan pour pouvoir se permettre d'espérer qu'elle ne prenne pas trop mal la saillie créatrice qui venait de s'emparer de lui ; et puis de toute façon... qu'importait, il osait juste espérer que le roi ne lui en tiendrait pas rigueur si sa favorite le faisait. Après tout, le grand Molière ne travaillait que pour le bien et la grandeur du royaume, non ? Ou du moins il travaillait pour la gloire de Sa Majesté le roy, et il accomplissait cette tâche avec talent et avec magnificence ! Les pièces représentées pour Sa Majesté étaient toujours délicieuses, n'est-ce pas ? Et les collaborations avec Lully portaient leurs fruits... Quand bien même il y avait parfois quelques accrocs.

Le comédien acheva de noter son idée, une idée de plus pour la tragicomédie Psyché. Cela était étrange, mais plus il avançait dans la rédaction de l'oeuvre, ayant pour cela le soutien non seulement de Lully, mais en outre l'aide des sieurs Corneille et Racine, qui eux au moins étaient experts en tragédies en tous genres. Nul doute qu'avec leur aide, il parviendrait bien à de véritables petits miracles ! Il ne fallait surtout pas se laisser abattre par les appréhensions, il fallait plutôt se battre avec le destin et parvenir à triompher ! N'était-ce pas ainsi que ça devait se terminer Vaincre l'adversité... ou être vaincu par elle, de temps en temps. Tout dépendait où on était dans les arts de la scène : dans la tragédie, ou dans la comédie ? Et là, tout était réuni pour faire un mélange entre les deux. Comme la situation commençait relativement mal, tout laissait croire que la fin serait heureuse, et que donc on suivrait le plan général de la comédie. Encore heureux ! Bon d'accord, ça pouvait aussi se terminer mal, mais il ne fallait pas y penser. Athénaïs avait raison, après tout, il ne devait pas partir d'un pied défaitiste, ce ne serait que courir à sa perte encore davantage. Il termina sa réponse d'un coup de plume lapidaire, et tourna vers la Montespan son visage crispé par la détermination et par l'envie de vaincre les Muses. Il esquissa un sourire.


- Si, Madame, il y en a une. Et j'espère de tout coeur qu'elle sera clémente à mon égard. Je vous prie en outre de me pardonner pour cette interruption innoportune. L'inspiration fait parfois montre d'un ton plus impérieux que celui de tous les rois...
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Lun 28 Sep - 13:16

* La marquise fut d'abord surprise de voir Molière se précipiter sur son cahier pour y griffonner quelque chose, puis elle sourit, amusée. Bien sûr, il était en pleine création. Le fait de déroger aux règles de la Cour ne la génait pas, ils n'étaient pas à la Cour, pas en public, et le bon Molière était tellement inquiet poir sa pièce... Athénaïs se contenta de le regarder faire, un peu plus enfoncée dans son fauteuil, un petit sourire aux lèvres. Il écrivait de manière si empressée et déterminée, sans doute avait-il peur que l'idée ne lui échappe. C'était un beau spectacle que de voir Molière affairé à retranscrire cette fameuse idée qui lui avait traversé l'esprit moins d'une seconde auparavant.

Quand enfin il revint vers elle, la marquise lui souriait toujours et secoua la tête pour lui signifier que son interruption n'était guère quelque chose de punissable et qu'elle comprenait tout à fait. Chacun son métier, et celui de Molière était bien ingras, tant d'heures de travail pour un si court instant de gloire au final. Mais quelle gloire ! *


-Je comprends tout à fait, cher monsieur Molière, ne vous en faites pas. Sans doute cette idée-là fera montre d'une originalité sans pareille comme vous savez si bien nous en démontrer. Le temps nous donné l'assurance de la qualité de vos vers et leur sens, et si l'inspiration vous ordonne, vous exécutez fort bien, ce me semble.

* Soudain, en prononçant le mot temps, la marquise réalisa qu'elle n'avait pas fait attention à l'heure. Depusi combien de temps conversait-elle avec le comédien? Elle était venue, poussée par la curiosité, assister à quelques répliques en répétition, mais il ne fallait pas non plus qu'elle s'attarde, car son absence finirait par se remarquer, bien entendu, et le Roi serait peut-être fâché d'apprendre qu'elle avait été voir l'avancement de la pièce sans lui et sans lui en parler. Ah, la curiosité ! *

-Monsieur Molière, savez-vous l'heure ?

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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Mar 17 Nov - 1:57

D'une originalité absolue,; ça, Molière en dotuait, et pas qu'un peu, pour être parfaitement franc. A vrai dire, le comédien manquait de plus en plus d'inspiration, et être pressé par le temps ne l'arrangeait nullement, bien au contraire ! Il songeait en conséquence de plus en plus à demander l'aide d'autres gens de lettres comme Racine, si bon tragédien, ou Corneille, excellent aussi. L'aide du tendre et doux Quinault pour les parties chantées, conseillée par Lully, lui semblait aussi une excellente aubaine. Mais il fallait bien que le comédien soit épuisé pour se laisser abattre de la sorte ! Ecrire une tragicomédie n'était pas une mince affaire, tout spécialement lorsque sa santé vacillante ne lui laissait que rarement le loisir de travailler autant qu'il le désirait, et qu'en outre il se retrouvait à la fois pressé par son homonyme, j'ai nommé l'autre Baptiste, qui lui n'hésitait pas à composer à une vitesse folle ; ainsi que par le roi ! Non, vraiment, par moments, la situation n'était plus tenable pour Molière, et il désirait se faire aider, quand bien même cela nuirait quelque peu à sa réputation d'auteur à la verve facile. On n'était pas inspirés tous les jours, eh !

Mais il n'allait pas faire part de ses doutes à Athénaïs. Elle en savait déjà bien assez comme ça, la brave dame, et il n'était pas question qu'il se colporte quelque ragotage supplémentaire sur sa carrière à la cour, sur son talent qui s'effilochait et sur ses besoins d'aide ; surtout lorsque rien encore n'était décidé pour l'heure ! Molière crut alors bon de donner une réponse des plus évasives à la question de la marquise, préférant bien entendu avouer que ce qu'il parviendrait à produire serait évidemment le fruit de son grand génie, et en tant que fruit du génie de Molière, ce fruit serait délicieux à croquer pour quiconque y planterait les dents ! C'était... à défaut d'être tout aussi modeste que le reste, ça lui permettait de montrer à la dame qu'il avait retrouvé toute sa superbe, et c'était une chose dont il avait bien besoin : il lui prouverait qu'il se remettait de sa période de doutes et qu'il allait attaquer la suite avec la fougue des vingt ans qu'il n'avait plus depuis si longtems déjà, lui qui approchait dangereusement de la cinquantaine bien marquée, et qui déjà paraissait plus vieux en raison de sa santé et de son caractère ombrageux. Du courage, donc, et de la hargne ! Et de quoi faire de nombreuses preuves, tant qu'on y est !


- Je l'ose espérer, Madame, et ne puis douter de la beauté de cette idée lorsqu'une personne aussi resplendissante que vous fut la bonne marraine de sa rédaction.

Le tout assaisonné d'une pointe de flatterie, et voilà qui était parfait, plus que parfait même ! Il devenait courtisan, à la fin, le Molière si réputé pour donner de vilains coups de griffe à tout ce qui pouvait être sujet à moquerie ! Mais il ne se moquerait pas de Mme de Montespan, ce n'était pas dans ses habitudes que de singer des personnes honorables. Sa verve ne s'adressait qu'aux amateurs en tous genres de ridicule et de préciosité, ou tout simplement des gens stupides et grotesques sans même qu'ils ne s'en rendissent compte. Comme le Bourgeois Gentilhomme. Mais cessons un instant de parler théâtre, et retournons-en donc à la réalité pure et dure ! Molière adressa un sourire amusé à la Favorite tout en lui tirant une discrète révérence. En même temps, il était difficile de faire la révérence tout en restant assis, n'est-ce pas ? Le comédien fut alors pris de court pas la question qui lui fut adressée. S'il savait l'heure ? Ma foi... D'un geste machinal, ses yeux se portèrent sur l'horloge en carton qui servait de décor au "salon" posé sur la scène. Une horloge qui indiquait en permanence 12h30, ce que Molière, dans sa grande distraction, prit pour l'heure réelle.

- Il est midi et... Oh non, pardonnez-moi !, se rattrapa-t-il alors en sortant sa montre à gousset et en regardant l'heure exacte. Il est seize heures, madame. Veuillez me pardonner ce curieux lapsus, la présente horloge de carton m'induira toujours en erreur et me fera sans cesse croire l'heure du déjeuner sur le point d'arriver !
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Mar 26 Jan - 14:37

HJ: désolée pour le retard Sad

* La réponse de Molière fit en effet réaliser à la marquise combien elle s'était mise en retard. Amusée intérieurement de la première erreur quant à l'heure dûe à l'horloge factive, elle avait esquissé un petit sourire qu'elle perdit bien vite lorsqu'il annonça l'heure véritable qu'il était: seize heures! Déjà! Et la Reine qui devait trépigner d'impatience! Athénaïs lui avait promis qu'elle l'aiderait à choisir les tissus pour sa nouvelle toilette! Elle en parlait depuis des semaines, toutes les dames d'atour avaient hâte de voir quelles merveilles les couturiers de Sa Majesté allaient apporter, et surtout de voir comment la reine allaient faire faire une robe inmettable avec de pourtant si beaux tissus... Et arriver en retard serait un affront que la Reine aurait bien du mal à avaler, bien que pourtant elle engloutisse quantités de nourriture à la journée. La favorite avait cependant la chance que la reine la porte encore un peu en estime, et donc ainsi peut-être qu'en trouvant une bonne excuse en chemin, elle pourrait faire prompterment oublier ce petit retard. *

-Mr Molière, pardonnez-moi de me montrer si impolie, mais il va me falloir partir immédiatement. Votre conversation était si plaisante que l'heure passa sans que j'y fis attention. Me voilà bien en retard. Pardonnez mon départ si soudain. je vous promets que nous remettrons cette conversation.

* Se redressant avec élégance sans pour autant quitter le comédien des yeux, Athénaïs lui sourit une dernière fois afin de le rassurer encore avant de partir. Vu son grand âge et l'état fort peu enviable de sa santé, il ne fallait vraiment pas qu'il s'inquiète outre mesure. *

-Faites-vous confiance, Mr Molière. Vous verrez...

* Puis, hochant la tête en un dernier salut, la marquise fila aussi vite que possible vers son carrosse afin de regagner au plus vite Saint-Germain et les appartements de la Reine, qui sans doute devait bouillir.*

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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Dim 21 Fév - 3:10

La réaction de la favorite suite à cette erreur d'horloge et à l'annonce de l'heure qu'il était réallement ne le surprit guère. Ah, ces femmes ! Et surtout celles de la noblesse, que n'avaient-elles pas d'horaires compliqués et surchargés ! Pire que les hommes, parfois ! Il se contenta donc de sourire paisiblement lorsqu'elle lui annonça son départ précipité pour Versailles ou ses environs, et se leva pour la raccompagner jusqu'aux portes de la salle du Palais Royal. Mais avant ça, les petites formalités, comme qui dirait... c'est-à-dire les formules de politesse, les révérences et autres singeries qu'on devait faire aux dames de son rang, par exemple. Le comédien la ramena donc en silence jusqu'aux portes de son lieu de travail avant de plonger devant elle dans une grande révérence. Il était bon courtisan, mine de rien, quoique peut-être pas des plus souples (et donc des plus aptes à faire des révérences alambiquées et acrobatiques, telles que les prisaient certaines précieuses ou certaines gens un peu folles).

S'il devait être tout à fait franc, il devait avouer que ce départ de la favorite lui faisait un certain bien, mine de rien : il allait pouvoir recommencer à travailler avec ses acteurs, ce qui en soi était une chose des plus vitales pour un homme dont c'était la profession. Il avait à s'occuper de la mise en scène, de la perfection des gestes de chacun de ses acteurs, du bon fonctionnement des décors par la même occasion, et évidemment des textes... Pris d'une subite poussée d'inspiration pour Psyché, qu'il lui fallait bien achever en quatrième vitesse (malgré l'aide de Corneille et Quinault), le comédien se redressa de sa révérence, ce qui dérangea un court instant les boucles ondoyantes de sa perruque brune, tandis que la favorite lui servait une belle diatribe sur le pourquoi du comment elle avait à partir. Il l'écouta d'une oreille prétendument attentive, et s'inclina, bien plus brièvement cette fois ci, une seconde fois.


- Madame, le souci et l'attention que vous portez à mon théâtre et à mon oeuvre m'enchantent, vraiment. Ce fut un réel plaisir que de recevoir votre visite.

Sur une dernière recommandation, la Montespan quitta les lieux, et Molière retourna à l'intérieur de son théâtre, sourire aux lèvres durant un court instant. Le sourire qui retomba immédiatement lorsqu'il entendit sa troupe jacasser sur sa discussion avec la Montespan. Allons donc ! Il n'était pas temps de papoter ainsi ! Le comédien reprit ses papiers, et leur ordonna à nouveau de reprendre la pièce. Encore une fois. Eh oui, on n'attrapait la réelle interprétation d'un personnage qu'après de nombreuses répétitions, une fois que le costume seyait parfaitement au corps et que le personnage était devenu un masque des plus confortables.

- Eh bien, vous autres ? Jouez donc !

Et il reprit ses papiers pour mieux s'en retourner dans sa pièce...
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MessageSujet: Re: Psyché ou l'art d'écrire en scène [Mme de Montespan]   Lun 22 Fév - 15:17

HJ: topic fini

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